Demande d’amnistie pour les politiciens en fuite:Nicéphore Soglo passe à côté

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Ces derniers jours, le débat au sujet de la demande d’amnistie de certains hommes politiques actuellement à l’étranger est revenu. Ce sujet instauré par un ancien homme d’Etat est un vœu qui ne risque pas de se réaliser.

Il ne faudra pas rêver. L’amnistie tant souhaité par une certaine opinion au sujet des hommes politiques en balade à l’étranger est un désir refoulé. Cette campagne politique lancée par une certaine classe politique n’a pas de chance de prospérer, car elle ne s’appuie sur aucun fondement légal. Ce qui paraît surprenant est que la plupart de ces politiciens connaissent  assez  bien les fondements ainsi que les conditions légales d’une amnistie. Ils savent également que les hommes politiques en séjour actuellement à l’étranger ne sont pas en exil. Ce mot est utilisé de façon politique pour amplifier le discours, mais au fond d’eux ils savent que c’est faux. Pour en finir pour de bon avec cette thèse, il faut rappeler que les acteurs politiques actuellement en séjour hors du territoire national ne sont pas en exil et ne saurait jamais être qualifiés d’exilés. Le débat mené dans plusieurs sphères averties a permis de clore totalement et définitivement ce débat. En effet, un exilé est un citoyen soumis à une persécution telle qu’il a été obligé de fuir son pays d’origine pour un pays hôte qui l’accepte. A ce niveau, il est utile d’insister sur le mot persécution, car aucun des politiciens à l’étranger actuellement  n’est sujet à persécution. A aucun moment il n’a été question d’une quelconque menace d’atteinte sur l’intégrité physique ou morale des personnes en question. Ils ont fui à cause des procédures judiciaires ouvertes contre elles dans des affaires qui les impliquent et qui sont jusque-là pendantes devant les juridictions. Pour certains hommes politiques, l’Assemblée nationale a voté leur levée d’immunité pour qu’ils répondent devant les tribunaux de leurs actes. A partir de cet instant, est-ce qu’il est sage de continuer par dire qu’ils ont fait l’objet de persécution ? Peut-on honnêtement les qualifier d’exilés ou de prévenus en cavale ? La seconde thèse mérite d’être adoptée, car la plupart de politiciens ont fui des procédures diligentées contre eux et clament à l’étranger qu’ils sont des exilés. Il s’agit d’un acte assez irresponsable qui ne saurait être maquillé sous la dénomination d’exil. On note même parmi ces hommes politiques, un qui a été condamné dans une affaire de trafic de cocaïne. A plusieurs reprises, la justice a voulu l’entendre, mais il a brillé par son absence. Il est resté tout le temps à l’étranger, mais clame qu’il est un exilé politique.

 

L’exile s’accorde

 

Il est retenu dans l’acception populaire, que l’exile s’accorde. Le statut d’exilé, un peu comme celui de réfugié, se délivre par l’État hôte. Dans le cas d’espèce, aucune des personnes en cause n’a bénéficié d’un statut d’exilé. Le cas le plus flagrant est celui de l’ancien ministre des finances. Alors qu’il était en plein déboire avec la justice espagnole, l’intéressé n’a pas pu exhiber un seul papier qui prouve que l’Etat américain lui a délivré un droit d’asile. S’il l’avait eu, il y a longtemps qu’il serait tiré d’affaire. Idem pour la clique d’anciens ministres et de maires qui se promènent dans les rues de  France sous prétexte qu’ils sont en exil. Ces hommes et femmes sont justes en séjour à l’étranger. Il y a même un parmi eux qui a la nationalité française. On réalise donc qu’ils n’ont pas le statut juridique d’exilé et que de façon pratique, il ne peut être possible qu’on leur accorde une quelconque amnistie. Les arguments qui militent en faveur de cette thèse n’existent pas, car le statut des personnes en cause ne permet pas de l’adopter.

 

AbdourhamaneTouré

 

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