Des syndicalistes confirment l’existence des arrièrés

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Des voix s’élèvent pour contredire l’ex-président depuis sa réplique au message du président Patrice Talon sur l’apurement des arriérés de salaire. Au nombre de celles-ci, les leaders syndicaux qui confondent Yayi Boni. Ci-dessous, le porte-parole du Front des ordres d’enseignement, Maxime Okoundé, le secrétaire général de la Cgtb, l’ancien secrétaire général de la Cstb, Paul Essè Iko, le secrétaire général de la Cosi-Bénin, Noël Chadaré et le secrétaire général de l’Unstb, Apollinaire Afféwé.

Maxime Okoundé, porte-parole du Front : « Je peux vous confirmer qu’actuellement, les arriérés sont payés chaque mois »

 

« Il n’y a pas de régime qui ne laisse d’ardoise  en matière de gestion de carrière des travailleurs. Donc, que le président Yayi ait payé des dettes mais sous le régime du président Mathieu Kérékou, c’est tout à fait normal que le président Talon reconnaisse des dettes laissées par son prédécesseur et qu’il s’attèle à les liquider, c’est également normal parce que nous sommes là sous le principe de la continuité de l’Etat. C’est pour vous dire que dans ces années 2014, 2015, 2016, avant l’arrivée donc du président Talon, les travailleurs avaient un certain nombre de revendications, de glissements catégoriels, de reclassements etc. et qui n’ont pas pu être réglés sous le président Yayi avant qu’il ne parte. C’est évident ! Parce que lorsqu’un travailleur, je prends l’exemple d’un enseignant, est à la fonction publique, catégorie Ape ou Ace, il est reclassé et puis, il doit donc changer de salaire, des rappels, sont dus. Il peut prendre le salaire mais pas de rappels. Donc, ces dettes-là peuvent rester jusqu’à ce qu’un autre régime arrive.

Quant aux montants, moi je ne peux pas vous dire les chiffres mais ce qui est certains, il y a des dettes qui sont dus aux travailleurs, qu’ils soient retraités ou en activité à l’époque liée au changement de statut ou au glissement catégoriel. Je peux vous confirmer qu’actuellement, les arriérés sont payés chaque mois en plus du salaire parce que lorsque nous avons constaté que les arriérés ne sont pas payés aux travailleurs, moi-même je suis dans le cas, chaque mois, selon l’ordre de reclassement ou d’avancement ou de promotion, il y a eu des programmations qui ont été faites au Ministère des finances. Beaucoup de travailleurs enseignants ou non, ont eu ces rappels payés. Vous demandez par exemple à nos collègues Ace 2008, ils ont eu leurs rappels payés liés au changement de grade pour certains. C’est vrai que d’autres attendent des mises en formation qui ne sont pas encore effectives, mais beaucoup de travailleurs, enseignants ou non, ont eu des rappels qui ont été payés à la suite de changement de salaire et liés au glissement catégoriel qui était déjà en cours sous l’ancien régime et qui a continué. Donc, ces dettes existent bel et bien. Pour moi, la polémique actuelle est une polémique impertinente. Ce que nous, travailleurs, souhaitons est que toutes les dettes antérieures soit payées et le président Patrice Talon en est conscient. Nous avons fait des démarches jusqu’au Ministère des finances. Je ne veux pas prononcer de chiffre mais ce qui est sûr, il y a des rappels qui ne sont pas encore payés. Et, nous espérons que le gouvernement va faire un effort pour que la période d’après 2016 soit prise en compte pour que ceux qui attendent des rappels depuis 2016, 2017, 2018 jusqu2020, soient pris en compte dans le cas de paiement de ces rappels. C’est tout ce que nous pouvons demander au président Talon. Donc pour moi, la polémique actuelle est vaine et impertinente »

Moudassirou Bassabi, Sg de la Cgtb : « Ces dettes n’ont pas été entièrement épongées par le gouvernement précédent »

 

« Notre Etat depuis un certain nombre d’année, n’a jamais réussi à payer ses fonctionnaires aux salaires réels acquis. Cela suppose qu’on a toujours payé les gens sur des retards. Soit vous êtes à un grade, à un échelon constaté par un acte mais on continue de vous payer un échelon inférieur. Je crois que vous avez constaté que dans toutes nos revendications, que ce soit sous le régime défunt ou celui qui est là, les doléances que nous déposons chaque année, nos motions de grève, vous verrez que nous avons toujours demandé que les arriérés salariaux et les rappels soient payés. Il n’y a pas une seule année où nous n’avons pas évoqué ces questions-là, parce que pour nos militants, il y a des dettes que l’Etat devait honorer. Est-ce que ces dettes ont été épongées ? Nous savons très bien que ces dettes n’ont pas été entièrement épongées par le gouvernement précédent et ce n’est pas non plus un héritage exclusif du gouvernement précédent. Donc, l’Etat béninois a toujours une dette vis-à-vis de ses agents. Ce n’est que justice aujourd’hui, on évolue vers la purge des dettes. Je crois que certains salariés le constatent parce que malheureusement, ce n’est pas tous les salariés qui reçoivent en même temps. Je crois qu’ils ont fait une planification et c’est cette planification là que nous avons demandé à revoir avec eux pour qu’il ait beaucoup plus de transparence et de lisibilité dans le bénéfice de ces rappels et arriérés qui sont payés par le pouvoir actuel. Certains, quand ils ont la gentillesse, ils vous informent quand ils perçoivent mais vous savez très bien que ce n’est pas fort du commun des mortels de dire que j’ai gagné de l’argent un peu plus ».

 

Paul Essè Iko, ancien Sg de la Cstb : « Il ne peut pas dire qu’il a tout payé… »

 

« Nous avons lutté pendant longtemps quand on était en activité avec la présence de Boni Yayi. Nous avons estimé qu’on devrait avoir 1point 25 et cela a été accordé. Mais, Yayi Boni n’a pas pu nous payer cela avant de partir et donc les enseignants retraités qui se sont mis à lutter, ont créé leur syndicat et ce sont mis à lutter pour obtenir ces arriérés-là. Il n’y a pas que ces arriérés-là. Il y a beaucoup d’autres arriérés qu’on nous doit. Des gens qui devraient pouvoir arriver à un grade, ne sont pas arrivés à ce grade là parce que le gouvernement béninois n’a pas pu leur accorder cela. Or, c’est un droit et c’est cela qui fonde le fait que c’est une revendication. Alors donc, lorsque le gouvernement de Patrice Talon est arrivé, nous avons rencontré à plusieurs reprises Patrice Talon. Nous avons rencontré le ministre des Finances et il était prêt à ce qu’on nous donne cette revendication des arriérés des 1 point 25 mais entre temps, on nous l’a promis et il y a eu Covid-19. Donc, voilà là où nous en sommes et c’est pour cela que nous continuons d’exiger qu’on nous paie les arriérés de 2016.

En ce qui concerne la polémique, Boni Yayi et son ministre ne peuvent pas dire qu’il n’y a pas d’arriérés, qu’il n’y a pas de dettes à l’égard des travailleurs. Jamais, ils ne peuvent pas dire cela. Moi, je suis présent. Je suis un acteur principal du temps où Yayi avait vécu à la tête de l’Etat. Nous avons mené des grèves et des marches avant qu’il ne nous accorde les indices 1 point 25. Il ne peut pas dire qu’il a tout payé. Il lui reste les arriérés. Il ne peut pas dire qu’il a satisfait à toutes nos revendications. La preuve, c’est qu’il y a des retraités qui meurent maintenant sans leurs droits. Il y a des retraités qui sont des grabataires, il a des retraités qui souffrent, qui ont des maladies et qui veulent avoir au moins ce minimum pour s’acheter des médicaments pour au moins prolonger leur vie et ils ne l’ont pas eu. C’est pour cela que nous avons détecté les arriérés que l’Etat nous doit. Patrice Talon est arrivé et ce que nous disons, c’est que l’Etat est une continuité. Si l’Etat est une continuité, Patrice Talon doit nous payer nos arriérés que Yayi Boni nous doit. Mais Yayi Boni aurait pu ordonner qu’on nous paie et on nous aurait payé ! Il a fauté parce qu’il ne nous a pas payés ».

Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin : « C’est une annonce forte qui a été faite à cette séance »

 

« Ce qu’il faut retenir de cette séance, c’était essentiellement pour faire le bilan des engagements pris par le gouvernement en termes de remboursement des dettes qu’on doit aux travailleurs. Le point a été fait. Il faut retenir que si les chiffres qu’on nous a donnés sont avérés, c’est un effort qui a été fait. Il reste encore beaucoup de choses à faire. Par rapport aux 15 milliards, c’est une annonce forte qui a été faite à cette séance. 15 milliards seront désormais remboursés aux travailleurs. Les 15 milliards, il faut le préciser, sont liés à des actes des carrières tels que les avancements, les promotions, les reclassements finalisés depuis 2016. Certains travailleurs ont commencé par prendre le salaire payé à l’indice salarial, mais ils n’ont pas eu des rappels avant 2016. Donc, le pouvoir a fait le point de ce qu’il doit à ses travailleurs et c’est élevé à 15 milliards. Il y en a qui sont allés à la retraite et d’autres sont encore en activité. Il y a des retraités qui seront concernés, il y a aussi des gens qui sont en activité qui seront concernés. On a dit que c’est sur deux mois. Sur un mois, le ministre a pris l’engagement que ce mois, certains auront l’entièreté ou bien la moitié et le mois prochain, ils auront l’autre partie. Donc, le paiement peut être fait en une tranche pour les uns et en deux tranches pour les autres. Le gouvernement a refusé l’augmentation de l’indice salarial et du Smig. Il faut dire que le chef de l’Etat n’a pas voulu faire une promesse, il n’a pas pris un engagement. En ce qui concerne le Smig, il a estimé qu’il était preneur si le gouvernement seul qui devait prendre la décision. Mais c’est avec le patronat qu’il faut discuter et le patronat n’est pas très disposé pour poser cet acte. Déjà, 40.000 F Cfa, il estime que c’est un peu difficile. Nous, on a démontré que vous payez 40.000 F Cfa à quelqu’un aujourd’hui, c’est que vous avez un voleur avec vous. Pour l’indice salarial, le chef de l’Etat a préféré ce qui est urgent. Il faut payer tout ce qu’on doit. Il estime qu’il y a trop de dettes envers les travailleurs. Il faut d’abord éponger les dettes avant de penser à l’augmentation des salaires. Mais, moi, je le lui ai dit, il faut quand même faire un effort ».

Apollinaire Affewé, Sg de l’Unstb : « Plusieurs de nos militants avaient droits à des avancements mais cela n’a pas été fait avant l’arrivée de ce régime »

 

« Plusieurs de nos militants se retrouvent dans ce cas. La question des rappels sur des arriérés de salaire, d’avancement et autres est bien connue de nous les représentants des travailleurs. Les critères avancés par le gouvernement concernant les 15 milliards, il y a plusieurs de nos militants qui avaient droit à des avancements et cela n’a pas été fait avant l’arrivée de ce régime. Pour ce qui concerne l’effectif de ceux-là qui sont concernés par la mesure, nous ne pouvons pas le dire. Le gouvernement même n’a pas avancé le chiffre en matière d’effectif. Nous attendons tous la fin du mois pour l’effectivité de la mesure annoncée par le gouvernement »

 

Propos recueillis par Abdourhamane Touré

 

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