Dette intérieure et gouvernance:Ce qu’il faut rappeler à Yayi Boni

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Dans une lettre qui circule sur les réseaux sociaux depuis le week-end dernier, et qui fait les choux gras  de la presse, le président Yayi Boni s’est encore illustré.

Yayi Boni  est donc sorti du mutisme qu’il observait depuis son départ précipité de Cotonou,  après les malheureux événements postélectoraux. L’habitude étant une seconde nature, il est souvent difficile à certains politiciens de se départir de leur travers. En effet, dans un texte qui ressemble à un pamphlet politique mal écrit plutôt qu’à une « prière»,  et postée sur Facebook, l’ancien président de la République, qui a épuisé dix ans durant, la patience des Béninois, s’adonne à son  jeu  favori : il s’érige en donneur de leçons. Or, nous venons à peine d’oublier les scandales comme Icc, Sen-sad, machines agricoles,  Ppea 2, siège de l’Assemblée nationales,  affaires dans lesquelles son régime s’est illustré négativement. Contrairement  aux lauriers que les institutions financières tressent  à la bonne gestion du régime Talon depuis son avènement en 2016,  pour  les efforts faits pour le respect de l’orthodoxie financière et surtout pour une croissance du Pib en hausse (plus de 6%), en 2015, le Bénin, sous Yayi,  présentait  un déficit de 10%  du Pib ;  la dette représentait  41% des recettes de l’Etat, les salaires pesant  50% et 9% pour les autres charges. Plus grave, à son  départ le régime Yayi a laissé une ardoise de  360 et 450 milliards au Budget.La gouvernance Yayi, c’est connu de tous, était ce qu’il y avait de plus  brouillon, populiste et corrompu. La preuve,  l’exécution difficile du Budget  de l’État en 2015, sans compter les rejets successifs des lois de finance opposés par les députés. N’en pouvant plus, certaines  langues s’étaient déliées : d’après les hauts cadres du Mef,   «plus de la moitié des dépenses étaient hors budget ; en 2014, il y avait déjà plus de 50 milliards d’arriérés», et «de 2013 à 2015, la dette intérieure s’est accrue de plus de 10% du Pib».

 

Achat du Boeing 727

 

Un exemple de la gabegie et du peu de cas fait de la gestion de la chose publique, c’est l’achat du Boeing 727. C’était carrément une épave finalement retapée avec l’argent du contribuable. A cela   s’ajoutent des centaines de véhicules achetés à des milliards pour prendre des commissions. La kyrielle est longue, et pourrait être sans fin. Le politicien qui a le plus foulé aux pieds les textes de la République, ou qui a le plus braqué les syndicats, c’est le chantre de la Refondation. Mais ce qui a le plus offusqué les citoyens béninois pendant cette époque, ce sont les concours frauduleux organisés  dans l’intention évidente d’embaucher dans la fonction publique au détriment de ceux qui le méritaient le plus. Pour finir, on peut rappeler qu’en  2013 l’Uemoa  a sonné le Bénin de revoir la progression de sa marge  qui venait de dépasser 35% du PIB. Or, rien de tout cela n’est à l’ordre du jour dans la gouvernance actuelle. Yayi Boni devrait alors se cacher.

 

Jean-Paul Mahugnon

 

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