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Dialogue entre le chef de l’Etat et les partis politiques:Entre fermeté et compromis

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Une rencontre très attendue entre le chef de l’Etat Patrice Talon et les responsables des partis politiques se tient ce jour mercredi 06 mars  au Palais de la République. Entre  les appels des opposants demandant le report de la  date  des élections législatives prévue pour le 28 avril 2019  et  l’équation difficile à résoudre de permettre aux  partis déjà hors course de revenir dans le jeu, les acteurs politiques ont une importante décision à prendre.

Le chef de l’Etat est disposé à dialoguer avec tous les partis recalés.  Sont invités à cette table de dialogue, aussi bien les partis se réclamant de l’opposition que ceux soutenant les actions du chef de l’Etat. Il s’agit de l’Union sociale libérale (Usl) de Sébastien Ajavon, de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio, du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji, de Force cauris pour le développement du Bénin (Fcdb) de Soumanou Toléba et de Moele-Bénin de Jacques Ayadji. C’est la deuxième fois, que le président de la République se montre disposé à dialoguer avec la classe politique. La   première fois, il avait en face de lui des représentants des partis se réclamant de l’opposition avec à leur tête Candide Azannaï, Théophile Yarou et Eric Houndété. Cette rencontre du 25 février 2019 dont l’objectif était de persuader le chef de l’Etat à peser de tout son poids pour que les partis en difficulté obtiennent les pièces qui manquaient à leurs dossiers de candidatures dans le cadre des élections législatives a été un dialogue de sourds. Bien au contraire, la tension avait dominé les débats et les deux parties se sont séparées avec la fracture plus grande qu’avant. Les mésententes sont encore vivaces dans les esprits au regard des échos parvenus à l’opinion publique. Au sortir de cette rencontre, les opposants, plus particulièrement les Fcbe, ont défié les Institutions qu’il n’y aura pas des élections sans leur parti. Dans la foulée, des hommes et femmes, prenant fait et cause pour leurs leaders de l’opposition, ont manifesté en érigeant des barrages sur les voies publiques et en défiant les forces de sécurité, dont certaines ont été blessées lors des échanges de tirs avec les chasseurs à Kilibo.

La Cedeao et la Cena….

Il  est vrai que de nouveaux éléments sont à prendre en considération pour évoquer cette rencontre. D’abord, cela intervient à un moment où les commissaires de la Cedeao ont offert leurs bons offices à toutes les parties prenantes à ce processus. La mission de l’Institution sous-régionale n’est pas de solutionner une crise, mais de s’assurer que tout est bon pour aller aux élections. Mais en pareille circonstance, il n’est pas possible d’évoquer le bon déroulement du scrutin, sans parler des problèmes qui existent déjà. Et c’est en cela que les émissaires de la Cedeao ont écouté les uns et les autres qui ont fait des promesses. Mais de quelle nature ? Coïncidence ou pas, les faits démontrent que le chef de  l’Etat échangera avec les représentants de tous les partis après les bons offices de la Cedeao et après la décision de la Céna de rejeter certains dossiers à savoir ceux du Prd, de Moele-Bénin, connus comme des forces soutenant les actions du gouvernement.  La Fcdb, l’Usl et l’Udbn classés dans l’opposition ont connu le même sort. En revanche, les deux blocs de la mouvance n’ont pas de souci à se faire. Le Bloc républicain et l’Union progressiste sont les seuls autorisés à aller aux élections. Le tableau ainsi présenté avant  cette fameuse rencontre donne des idées à des observateurs qui envisagent beaucoup de cas de figures. Rencontre de sauvetage pour les partis en difficulté ou confirmation de l’inflexibilité du chef de l’Etat ? Les débats seront de haut vol et on s’interroge de nouveau sur ce que les partis demanderont au président de faire. En insistant sur le report et la prise en compte des forces politiques qui ne sont pas à jour, les requérants risquent de tomber encore sur l’os dur. Car le connaissant, Patrice Talon ne fera pas ce qui est du domaine du Législateur encore moins de la Cour constitutionnelle. Face à la volonté manifeste des autres acteurs  de  marcher sur les lois votées et la décision de la Cour constitutionnelle concernant le certificat de conformité, on devine déjà la réponse du chef de l’Etat.

Cependant!

Aujourd’hui au Bénin, comme à  l’accoutumée, la période électorale est  marquée par des manœuvres et des prises de position qui créent un climat d’incertitude. Mais tout finit toujours par s’arranger si le sens du compromis prend le dessus sur toutes les autres considérations, y compris les textes de lois faisant bloc de constitutionnalité. C’est pourquoi, face à ceux qui jouent à faire peur et à créer la psychose en donnant l’impression qu’il y a une tempête qui s’abat sur le pays ou qui s’apprête à le frapper, il faut rester serein. Aux voix qui laissent présager le pire dans les semaines  à venir  et  tentent en effet d’opposer une partie de la population au régime en place, il faut opposer une oreille résolument sourde.

FN

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