Election présidentielle de 2020 au Togo:Le retour du candidat François Boko en suspens

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Exilé en France depuis 2005, François Boko, l’ancien ministre de l’Intérieur du Togo, ambitionne d’aller à l’élection présidentielle de 2020. Seulement, des doutes subsistent quant à sa participation, puisque la Constitution lui fait obligation de séjourner au pays au moins  dès la mi-mars 2019.

François Boko sera-t-il candidat à l’ élection présidentielle au Togo en 2020 ? Bien malin qui pourra répondre à cette question. En effet, en exil depuis 14 ans, François Boko  désire briguer la magistrature suprême de son pays en 2020. Mais sa volonté sera bloquée par une prescription de la loi qui exige qu’il soit sur le territoire national togolais dès la mi-mars 2019. A un an de l’élection présidentielle, les négociations par émissaires interposés avec l’aval de Paris pour le retour au Togo de François Boko piétinent. Au premier trimestre 2018, trois émissaires dont Barry Moussa Barqué sont missionnés par le régime togolais auprès de l’ancien ministre togolais. La délégation avait pour objectif d’obtenir le retour au Togo de l’avocat. Le 11 novembre 2018, des émissaires français mandatés par l’exilé parmi lesquels Alain Fénéon, Bruno Clément-Bollee et Pierrick Jagoret, sont reçus en audience à la Présidence de la République togolaise par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. Le retour du mandataire au Togo après 14 années d’exil, en particulier dans le cadre de la prochaine présidentielle de 2020, était le plat de résistance de cette rencontre. Au terme de l’entretien, le président de la République togolaise a marqué son accord de principe pour un retour de l’ancien ministre de l’Intérieur, François Boko au Togo. A cet effet, il a invité les émissaires à entrer en contact non seulement avec son ambassadeur à Paris pour le rétablissement du passeport togolais, mais aussi avec  son ministre de la Sécurité, Damehane Yark, pour les modalités sécuritaires relatives au retour de François Boko au Togo.

 

La mauvaise volonté des autorités togolaises

 

Le 26 novembre 2018, un émissaire du chef de l’Etat togolais confirme, par le canal de l’Elysée, cet accord avec toutefois une condition ; celui du retour de l’ancien ministre de l’Intérieur, mais seulement après les élections législatives du 20 décembre 2018. Mais depuis longtemps, des blocages perturbent la restitution de certaines pièces fondamentales, notamment le certificat de nationalité et le passeport par les autorités politico-administratives togolaises à François Boko. Le suspens est toujours gardé sur la date exacte de son  retour. En effet, en dépit de l’accord de principe donné par Faure Gnassingbé et de la date de retour envisagée et communiquée aux autorités togolaises pour mi-mars, les instructions présidentielles ne sont toujours pas mises en œuvre.  Le rendez-vous sollicité par les émissaires auprès du ministre de la Sécurité n’a pas prospéré. Le certificat de nationalité et le passeport, malgré les formalités administratives régulièrement accomplies, ne sont toujours pas établis.  Aucune réaction ne se fait observer, ni du côté de l’ambassadeur, ni de celui du ministre de la Sécurité, Damehane Yark. Face à cette situation, l’avocat  de François Boko, Alain Fénéon, interpelle les autorités togolaises  pour que les tracasseries administratives et politiques qui entravent le retour au Togo de l’ancien ministre de l’Intérieur, potentiel candidat à l’élection présidentielle de 2020, soient levées. Il faut rappeler que Faure Gnassingbé et François Boko sont tous les deux héritiers du système Eyadema. Mais, à la mort de feu Gnassingbé Eyadema en février 2005 après 38 ans de règne, les idéologies ont opposé les deux quadragénaires sur la gestion de l’héritage politique. L’un promet la conservation du pouvoir hérité et l’autre sa modernisation. En avril 2005, François Boko démissionne de son poste de ministre de l’Intérieur en attirant l’attention de la Communauté internationale sur les massacres en préparation dans le cadre d’un processus électoral biaisé organisé pour légitimer la captation du pouvoir. Le scrutin organisé se solde par 400 morts, selon une enquête internationale des Nations-Unies. Il fût contraint à l’exil. François Boko, réfugié à l’ambassade d’Allemagne, est alors exfiltré vers la France après des vives négociations diplomatiques avec les autorités togolaises auxquelles ont pris part, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Union Européenne.

 

Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

 

 

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