Elections communales et municipales:Un test de crédibilité pour les partis politiques

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Sans tapage et, le processus électoral déroule ses pages, dans un contexte de sérénité appréciable. Les premiers instants du test de mise en œuvre de la réforme du système partisan dénotent à plus d’un titre que la donne a changé. Plus rien n’est vraiment comme avant.

Pendant les 10 jours de dépôt des candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Céna), l’affluence n’était pas au rendez-vous. Le grand débordement noté par le passé avec la présence de « Monsieur tout le monde » n’a pas été au rendez-vous. Cependant, cela n’a pas empêché les vieilles habitudes de s’exprimer. Les partis ont, en effet, attendu le dernier moment pour prendre d’assaut le siège de la Céna. Au décompte final, seules 9 délégations de parti ont été aperçues sur la cour. Au nombre de cette sélection rigoureuse, 4 seulement étaient porteuses de dossiers complets, soit 3630 dossiers (1815 titulaires et 1815 suppléants). En réalité, les choses ont changé. Selon l’ancienne pratique, les  partis ou alliances de partis se présentaient que dans les circonscriptions de leurs choix, pour le compte des Municipales et Communales. Mais cette fois-ci et conformément à la volonté des acteurs politiques d’œuvrer à l’avènement de grands partis, on remarque, qu’il est fait obligation aux partis de présenter des candidats dans les 546 arrondissements du pays. Cela constitue un réel test de crédibilité pour les partis qui devront donne la preuve qu’ils ont des militants dans toutes les Communes du pays. Dans la perspective de ces élections qui auront lieu le 17 mai, le gouvernement a accompli toutes les diligences de son ressort pour faciliter la tâche aux partis, notamment en invitant les élus locaux en place à délivrer gratuitement les pièces administratives nécessaires à la constitution des dossiers et en instruisant la Direction générale des impôts à l’effet de délivrer le quitus fiscal à tous les demandeurs. En agissant ainsi, le gouvernement promeut des élections inclusives afin que tout parti capable de présenter des candidats partout, puisse constituer et déposer ses dossiers.

 

Un match test pour mesurer l’envergure

 

Les partis ont désormais l’obligation  de justifier  leur envergure nationale. Il ne s’agit plus de s’accrocher au formalisme lourd pour justifier une défaite. Désormais, c’est le poids politique qui sera mesuré à l’aune des grands enjeux électoraux. Le dialogue politique d’octobre 2019 a permis de baliser le terrain. D’après un premier point fait par le président de la Céna, sur les 9 délégations aperçues à la Cena, 4 à savoir le Br, l’Up, la Fcbe et le Moele-Bénin semblaient avoir des dossiers sérieux puisque les représentants de ces partis ont attendu et suivaient la vérification du contenu de leurs dossiers. Quant aux 5 autres, ils étaient aux abonnés absents. Il faut rappeler qu’après étude des dossiers, la Céna, conformément à la loi, accordera un délai de 3 jours aux partis afin qu’ils corrigent les éventuelles insuffisances de leurs dossiers (pièces manquantes, pièces à remplacer), mais ceux-ci ne peuvent plus intervenir sur l’ordre des candidats tel qu’il ressort de leurs dossiers. Les élections au Bénin, ce n’est plus une partie de plaisir comme par le passé. Ceci témoigne de l’ambiance autour des Municipales et Communales qui est des plus saines, des plus apaisées comparativement à celle ayant prévalu lors des législatives. La rationalisation du paysage politique béninois se poursuit et tranche définitivement avec les atermoiements du passé. En effet, lors des Municipales et Communales de 2015, 34 listes de partis ou alliances de partis étaient en compétition alors qu’aujourd’hui il y en aura au plus 9. C’est donc encore une preuve de ce que la scène politique était remplie de plaisantins ou d’individus en mal de visibilité qui, pour peu qu’ils se croient populaires, se lançaient dans le commerce politique. Maintenant qu’il s’agit d’animer de vrais partis politiques, leurs limites se révèlent. Tout ceci dénote de la pertinence de la réforme du système partisan. Le test réalisé dénote toute la faiblesse de ces partis qui, en dépit du Dialogue politique et des facilités accordées, n’arrivent pas à participer aux consultations. Ils ne doivent donc s’en prendre qu’à eux-mêmes au lieu de rechercher des boucs émissaires comme ils en ont l’habitude. D’ailleurs, certains d’entre eux, se sachant incapables de satisfaire aux minima, ont simplement renoncé à présenter des dossiers.

 

Abdourhamane Touré

 

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