Elections sans violences en Afrique:La Chaire Unesco ouvre le débat sur le dialogue politique

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La chaire Unesco des droits de la personne humaine et de la démocratie, convaincue que les Etats africains peuvent prendre d’importantes mesures pour annihiler les violences observées lors des périodes électorales a initiée, samedi 25 juillet 2020, une conférence webinaire.  En collaboration avec la Fondation Konrad Adénauer, cette institution a convié à l’Université d’Abomey-Calavi, des enseignants chercheurs et membres de la société civile, qui ont réfléchi sur les différents mécanismes à mettre en œuvre afin que les périodes électorales, au lieu d’être des moments par excellence de violences puissent contribuer à la consolidation des acquis démocratiques.
 »Dialogue politique et gouvernance électorale en Afrique ». C’est le thème central autour duquel les participants à cette conférence webinaire ont échangé en vue d’apporter leurs contributions pour l’organisation des élections pacifiques en Afrique. Dans ses propos liminaires, Samson Igor Guèdègbé, titulaire de la Chaire Unesco, a rappelé aux participants qu’il s’agit de débats sans parti pris ni passion. Ainsi, pendant près de cinq heures d’horloge, deux différents panels ont permis de passer en revue les défis des Etats africains pour l’organisation d’élections pacifiques. Avec pour thème central : « La contribution de la gouvernance électorale à l’enracinement de la démocratie en Afrique », le panel N°1 a été animé par deux experts que sont Thierry Bidouzo, docteur en droit public et enseignant chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi et Expédit Ologou, docteur en science politique, chercheur au Civic academy of Africa’s future (Ciaaf). Le premier a exposé les fruits de ses recherches relatives à  »La gouvernance électorale au service de la démocratie en Afrique ». L’assistance a retenu de sa communication que la gouvernance électorale au service de la démocratie est axée sur deux socles que sont le cadre normatif approprié (actualisation de la liste électorale, établissement des cartes d’électeur…) qui laisse souvent transparaitre des difficultés et le cadre institutionnel adéquat composé des organes opérationnels que sont les commissions électorales autonomes ou indépendantes et les organes juridictionnels. D’après Thierry Bidouzo, cette chaîne devrait être huilée de sorte que chacun joue sa part de responsabilité. La responsabilité est encore plus grande au niveau des juges des élections censés dire le droit pour éviter les conflits, a-t-il renchéri. Le second paneliste a  présenté une communication sur  » Dialogue politique, gouvernance électorale et prévention des conflits en Afrique. Pour Expédit Ologou, le dialogue est un lubrifiant de la gouvernance électorale mais aussi un régulateur et désarmorceur des conflits. Le politologue a expliqué que le dialogue doit être permanent en vue de limiter les malentendus. « Le dialogue doit être établi lors de l’établissement des lois telles que les codes électoraux mais lorsqu’il fait défaut, on a droit à des lois chrysogènes »,  a-t-il fait comprendre à l’assistance. L’ancien directeur général des médias a aussi ajouté que les crises politiques sont trop importantes pour être laissées seulement dans les mains des politiques.
Les mécanismes pour l’organisation d’élections crédibles
Le deuxième panel de cette conférence webinaire a eu pour thème  »Perspectives pour une gouvernance électorale fructueuse en Afrique ». Il a été animé par les experts électoraux Ralmeg Gandaho et Agapit Napoléon Maforikan. Parlant de perspectives en termes de gouvernance électorale fructueuse en Afrique, Ralmeg Gandaho a fait un gros plan sur l’efficacité du dispositif de gouvernance électorale de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao). Selon le communicateur, plusieurs textes ont été adoptés par la Cédéao pour éviter les conflits électorales et les organes de la communauté jouent tant bien que mal leur rôle. « C’est surtout les acteurs politiques à l’intérieur des Etats qui influencent l’efficacité du dispositif de la gouvernance électorale », a-t-il fait remarquer. « Quel dialogue politique pour quelle gouvernance électorale en Afrique ? » Ainsi se définit la dernière thématique sur laquelle le consultant politique et expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, a présenté les fruits de sa réflexion. En un premier lieu, il a fait l’historique des soubresauts politiques qu’a connu le Bénin en matière de crise électorale depuis la Conférence des forces vives de 1990 à ce jour. Pour le communicateur, les violences électorales ne viennent pas forcément des textes adoptés mais de la mauvaise foi des acteurs politiques avec leur désir de vouloir utiliser ses textes en leur faveur. Il précise qu’à part le dialogue permanent, qu’il faudrait que chaque acteur de la société impliqué dans la vie politique reste dans son couloir. « Nous devons avoir une société scientifique, une société politique et une société des juges. Pas de mélange de fonction. La société scientifique constituée de chercheurs devra mettre le fruit de la pensée et de leurs études à disposition des acteurs politiques. L’arbitre du jeu doit être les anciens présidents de la République, les juges et pas n’importe quels juges. Il devra être question des juges qui ont fini leur carrière et qui n’ont plus peur de perdre leur poste ou s’inquiéter pour leur avenir professionnel. On devra avoir affaire avec des juges ad vitam æternam. Ainsi, nous pourrons sortir des sentiers battus », a-t-il insisté. Pour Agapit Napoléon Maforikan, l’Afrique doit aussi cesser d’exceller dans la pratique des « copier coller » en bâtissant ses textes à partir de ses propres valeurs et modèles. Satisfait de la qualité des débats, le titulaire de la Chaire Unesco, Samson Igor Guèdègbé, a rassuré les participants qu’un nouveau rendez-vous sera pris incessamment.
Marcus Koudjènoumè

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