Elevage pastoral au Bénin:Mama Sambo Adamou souhaite de lourds investissements

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2026

L’élevage pastoral, dans l’économie béninoise, devient de plus en plus un secteur pourvoyeur d’emplois. Chiffres à l’appui, Dr Mama Sambo Adamou, président de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (Apess-Bénin), insiste sur sa valorisation.

Selon les statistiques avancées par Dr Mama Sambo Adamou, président de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (Apess-Bénin),   l’élevage pastoral occupe plus de 10% de la population béninoise qui représente la population pastorale. En termes de contribution, il  a atteint un taux de  17%. «C’est donc une activité importante génératrice de revenu, aussi bien pour les femmes que pour les hommes », a-t-il fait remarquer. En effet, le Bénin est un pays de transit qui accueille chaque année de milliers de têtes de bovins en provenance du Sahel pour le grand Nigéria. Du coup, il reçoit les transhumants qui animent le plus souvent les marchés de bétail. Malgré ces atouts, les dirigeants ne font rien pour les optimiser. « Il y a de moins en moins d’investissements dans le système pastoral », a regretté Mama Sambo Adamou. A ce facteur s’ajoute bien d’autres comme les  changements climatiques. « Avec la pression sur les espaces, la mobilité  se trouve de plus en plus très limité. Or,  l’essence même du système pastoral est la mobilité, c’est-à-dire que les animaux, en quête d’eau et du pâturage, doivent se déplacer», a-t-il noté. Le troisième  élément est qu’il y a de plus en plus d’intolérance entre les différents acteurs du  fait de la paupérisation. Le quatrième facteur a trait aux conflits souvent d’origine criminelle auxquels font face les pays de la sous-région ouest-africaine. «La transhumance qu’on connaissait comme  un mouvement saisonnier de va-et-vient d’une région à une autre  a évolué vers  un grand déplacement qui se mue progressivement en  migration. C’est-à-dire que les transhumants viennent et s’installent. Ils font deux ou trois ans sans retourner», a-t-il informé.

 La thérapie pour promouvoir le secteur

 

L’état des lieux ainsi fait, Mama Sambo Adamou pense que les autorités doivent revoir les choses à ce niveau :   « Beaucoup de choses restent à faire pour capter plus de profits». Pour y parvenir, il a proposé quelques pistes de solutions qui appellent à un investissement dans le secteur et à une mobilisation de ressources internes. «Si on investit au niveau des zones de transhumance et d’accueil,  on pourrait mobiliser facilement  assez de ressources. Le marché à bétail de  Dérassi par exemple rapporte énormément pour l’économie locale de Kalalé. Il en est de même pour les marchés à bétail de Tourou, le plus grand du Bénin et  de Gogounou », a constaté le président d’Apess-Bénin. Même si, la Banque mondiale et l’Union Européenne s’intéressent  aujourd’hui beaucoup plus aux pays sahéliens par rapport ces questions, Mama Sambo Adamou demande aux dirigeants des pays côtiers, notamment béninois à ne pas croiser les bras. «Nos pays côtiers doivent susciter aussi ces financements pour l’élevage pastoral », a-t-il suggérer.  

 

Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)

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