En politique:77 maires dont 04 femmes, quelle lecture faites-vous de ce faible taux de représentativité féminine ?

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« Effectivement, après l’installation des différents conseils communaux, on a constaté avec grand étonnement que les femmes n’ont pas suffisamment été positionnées pour diriger les mairies. Quatre femmes maires sur soixante-dix-sept, cela donne un ratio de 05,19%. C’est très faible. Cela doit ouvrir le boulevard à la réflexion, car l’évidence est que les partis n’ont pas réussi à positionner assez de femmes comme têtes de liste, c’est-à-dire en position majeure pour être en mesure de prendre des mairies. Il est vrai, des instituts ont remarqué que l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN) l’a fait. Ce parti, ne l’oublions pas, est dirigé par une dame : Claudine Prudence. Malheureusement, cette formation politique n’a pas réussi à dépasser 2% lors des élections communales et municipales. Qu’est-ce qui a pu bien se passer ? Pourquoi ces candidates n’ont-elles pas obtenu l’attention, tout au moins, des électrices ? Cela pose un problème. Est-ce que ce combat féministe mérite d’être fait ? Est-ce que les femmes sont prêtes pour ce combat ? On a vu Marie-Elise Gbèdo aller à plusieurs élections présidentielles. Malgré son slogan « Houénoussou », elle n’a pas pu faire adhérer la gent féminine à sa cause. Elle n’a jamais atteint les 10%. Au niveau de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (UDBN), j’ai quand même vu des dames qui avaient de la poigne. Est-ce qu’elles ont mal choisi leur parti ? Avec l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br), je suis convaincu qu’ils n’ont pas eu assez de femmes pour en positionner dans les communes. Je suis persuadé que s’il en avait à positionner de manière qualitative dans les communes, ils l’auraient fait. C’est clair qu’ils n’ont pas agit par misogynie. Le deuxième niveau d’analyse est de se demander si les partis ont des militantes de qualité. Ne manque-t-il pas de militantes suffisamment engagées ou ayant qualité à siéger ? Quelle est la qualité du militantisme féminin aujourd’hui ? Voilà des questions qui peuvent nourrir des réflexions. Madame Boya, une ancienne femme membre du Parti de la révolution populaire du Bénin, disait que le vrai problème de positionnement des femmes à de hautes fonctions politiques, c’était la qualité du militantisme. 40 ans se sont écoulés. Aujourd’hui, les femmes, est-ce que ce combat féministe les hante ? Il y a beaucoup de questionnements. C’est trop facile de dire que les maris ne permettent pas à leurs épouses d’aller en politique. Et le peu de femmes qui militent ? Est-ce que leurs messages parviennent aux autres femmes ? Est-ce que les grands partis comme Fcbe, Up et Br n’ont pas assez de femmes pour prendre de grandes responsabilités ? Est-ce qu’elles sont totalement prêtes ? Est-ce que ce n’est pas un combat d’une minorité ? A mon avis, il faudra poser le vrai diagnostic pour savoir s’il y a un problème de femme ou bien c’est un faux débat qu’on mène. Je pense que, sans passion, il faut se poser ces questions. Marie-Élise Gbèdo n’a jamais atteint 10%, pourtant il y a beaucoup de femmes qui votent. Politiquement, un parti ne va pas aux élections pour plaire aux femmes, c’est pour gagner. A partir du moment où le parti pense que le beau visage d’une femme ne va pas lui permettre de gagner les grandes batailles, il prend ses responsabilités. Le sujet est sensible. Il faut que les sociologues et les historiens donnent leur lecture. Pour ce qui concerne les juristes, la constitution a réglé le problème avec la discrimination positive. Donc, les juristes vont laisser les socio-anthropologues et les historiens prendre le relais ».

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