Enseignement supérieur privé au Bénin:L’Etat met de l’ordre

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Le gouvernement est résolument engagé à assainir le sous-secteur des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). C’est fort de ce leitmotiv qu’il poursuit inlassablement les réformes dans ce secteur gangrené jadis par la délivrance mercantile de diplômes. La dernière mesure en date est la publication des Epes officiellement reconnus pour le compte de l’année 2019-2020.

La récréation est terminée dans le rang des Etablissements privés d’enseignement supérieur. Cinq (05) universités et  une vingtaine d’établissements privés d’enseignement supérieur sont autorisés à exercer en République du Bénin pour le compte de l’année scolaire 2019-2020. C’est le point fait par Dodji Amouzouvi, Directeur des établissements privés d’enseignement supérieur (Dépes) aux professionnels des médias mercredi dernier, rendant compte des travaux du conseil consultatif national de l’enseignement supérieur. Ce travail, avant d’aller sur la table des conseillers pour validation, est passé entre les mains de 271 personnes dont 212 inspecteurs et contre inspecteurs. Le processus de délivrance d’agrément a démarré depuis novembre 2018. Un travail minutieux qui a  permis l’étude des dossiers des 45 Epes ayant sollicité une demande d’agrément pour le compte de  l’année 2019-2020 avec un total de 330 filières. Après environ neuf mois, 29 Epes ont pu avoir, à  l’arrivée, l’agrément pour 330 filières dont 203 licences et 127 masters. 102 Epes quant à eux sont contraints à la fermeture. Dodji Amouzouvi a indiqué qu’il s’agit des résultats provisoires pour certains Epes et définitifs pour d’autres. « Contrairement à l’année dernière, tout ce qui est reproché à une filière pour justifier son refus sera porté à l’attention des promoteurs concernés et du public pour que les contestations aient lieu dès réception des griefs adressés aux promoteurs », a-t-il poursuivi. Les promoteurs ont une semaine pour les réclamations. La liste des établissements privés  d’enseignement supérieur autorisés à dispenser les cours, rendue publique à quelques  jours de la prochaine rentrée devrait permettre aux parents d’étudiants d’inscrire leurs  enfants sans avoir peur désormais de la qualité et de la réputation de l’établissement choisi. En effet, le conseil consultatif national de l’enseignement supérieur a mis de l’ordre dans ce sous-secteur, puisque des notes  ont été affectées  aux Epes compte tenu des pourcentages du taux de réussite obtenus par ces derniers lors des différents examens de licence  de master  mais aussi de leur visibilité à l’international. Toutes les filières  reconnues par l’Etat  dans les établissements sont disponibles en ligne.

 

Ne crée plus un Epes qui veut mais qui peut

 

Toujours dans l’optique de rendre crédible l’enseignement supérieur au Bénin, le conseil consultatif national a renforcé les règles de création des Epes. A l’avenir, un Epes, ne pourra pas être agrée s’il n’a pas ses infrastructures immobilières sécurisées  soit en son nom ou au nom du promoteur. Plus de bail ni de location. « Nous n’agréons pas les filières qui ne disposent pas d’infrastructures », dira le Directeur des établissements privés d’enseignement supérieur. Un bémol a été mis sur ce critère par le conseil. « Lorsque le promoteur a moins de 5 ans d’âge, mais apporte les preuves d’un développement stratégique dans le sens de se doter d’infrastructures immobilières (un domaine à acheter, un début de construction, les preuves que les constructions sont avancées), le conseil consultatif accepte d’agréer, mais pour une durée provisoire de deux ans. Si au bout de deux ans, la construction n’est pas achevée, l’agrément est retiré » a précisé Dodji Amouzouvi. L’absence de bibliothèque physique, est un critère éliminatoire pour les demandeurs d’agrément. Lorsque le promoteur d’établissement ou l’établissement a été condamné une seule fois par la justice pour corruption et ou infractions connexes, pas d’agrément. Une enquête  de moralité est diligentée par la Police Républicaine lorsque le dossier  de l’Epès est admissible. L’agrément n’est pas accordé quand cette enquête de moralité est défavorable. La moyenne exigée pour avoir l’agrément après l’étude de dossier est de 14 sur 20 contre 12 l’année écoulée. « Dans un dossier, on peut avoir tous les papiers, mais la qualité de ces documents fera que les notes pondérées attribuées ne permettront pas au dossier d’atteindre le seuil de réussite », a  commenté le Dépes. Un Agent permanent de l’Etat ou Agent contractuel de l’Etat n’a pas la possibilité de créer un Epès. De la même manière, un agent retraité de la fonction publique n’ayant pas totalisé 5 ans de retraite ne peut être promoteur d’un Epes. En dehors de ces critères précédemment cités le conseil consultatif national de l’enseignement  supérieur a aussi délibéré sur un certain nombre de points. Lorsqu’un Epes échoue en voulant  confirmer son agrément après  quatre ans d’exercice, son autorisation lui sera retirée. Des critères qui sonnent la fin du désordre observé de 1997 à 2016 où après l’obtention de l’autorisation d’ouverture, les Epes ne  font plus d’effort pour avoir l’agrément. Les réformes initiées viennent corriger ces manquements pour le renforcement du système éducatif béninois au niveau supérieur. Avec la nouvelle donne, l’option de fusion entre Epes reste une alternative pour les promoteurs pour des structures au niveau de la gouvernance administrative, institutionnelle, infrastructurelle, pédagogique, scientifique et financière.

 

Marcus Koudjènoumè

 

 

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