Est-il possible aux partis de remplacer des Chefs d’arrondissement nouvellement installés ?

0
698

Cette question est, sans doute, inspirée par les ambitions de l’Union progressiste de procéder au remplacement de deux (02) de ses chefs d’arrondissement à Cotonou. Pierre Ocho et Oussou Zachée Zachor pourraient perdre leurs postes au profit de Alexandre Sohou et Arlette Saizonou. Pour le moment, on ne connaît pas encore les tenants et aboutissements de ces chamboulements soudains.

Le problème de droit qui se pose ici est de savoir si, avec la loi interprétative complétant le Code électoral, une liste déposée par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers peut-elle être reconstituée sans destituer le maire, ses adjoints et tous les chefs d’arrondissement? A mon avis, cela pose un problème, car les intéressés ont été installés.  Sur le plan politique, cela pose aussi un problème. Comment se fait-il qu’un parti comme l’Union progressiste (Up), avec tout ce qu’on a connu comme cafouillage avant l’installation des conseils communaux, peut-il se permettre une telle situation inconfortable? Les intéressés ont été régulièrement désignés par le parti et installés par le préfet. On ne peut quand même pas dire après que ce n’est plus eux qui doivent occuper ces postes. Je pense qu’il faudra écouter les leaders de l’Union progressiste sur les réelles motivations de cette procédure qui n’est pas prévue dans le Code. Etant donné qu’ils ont été désignés et installés, une situation de droit est créée en leur faveur. Pour le leur retirer, il va falloir avoir recours à des mécanismes clairs et nets prévus par les textes. Or, apparemment, il est très tôt de leur reprocher des fautes, puisqu’ils viennent juste d’être investis. De même, ce n’est pas un contentieux électoral qui les frappe. Face à cet imbroglio, les responsables de l’Union progressiste doivent rapidement monter au créneau pour donner plus d’éclaircissements. C’est cela que j’appelle la communication anticipative. Désormais, il faut que les responsables des trois partis qui animent aujourd’hui la vie politique active au Parlement et dans les Communes comprennent que leurs actions sont suivies et interprétées par les citoyens. En matière de pratique démocratique, lorsqu’il y a ces genres d’actions à faire, il faudrait qu’elles soient précédées de la communication anticipative qui permettra à tout le monde de savoir à quoi s’en tenir. On peut être d’accord comme on peut ne pas l’être, mais cela aura le mérite de ne pas créer la polémique. Ne pas le faire donnerait l’impression qu’on a envie de cacher quelque chose. Quand il y a un flou, il y a un loup. Il faut toujours clarifier les choses, sinon cela laisse le champ fertile à toutes sortes de supputations. Nous sommes dans une démocratie qui se met petitement en place. Et quand il y a un grand fossé de confiance entre les citoyens et les politiques, ces types de pratiques ne permettent pas de renforcer la confiance. Il faudrait qu’il y ait une sorte de communication fluide. Si on se retrouve face à un tel inconfort, il faudrait que les responsables des partis aient l’humilité de dire qu’ils se sont trompés et présentent leurs excuses. Car, il  y a un devoir de redevabilité qui doit être restauré au sein des partis. Même les non-militants, étant des citoyens qui subissent d’une manière ou d’une autre les décisions des partis, ils ont le droit de savoir ce qui se passe. L’Union progressiste est peut-être dans ses droits, mais il aurait fallu communiquer. Ce n’est pas encore trop tard.

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here