Fermeture des frontières nigérianes:Les impacts au Bénin et au Nigéria, selon Bio Tchané

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Relayés par « Jeune Afrique » les propos du ministre d’Etat chargé du Plan et du développement Abdoulaye Bio Tchané, sur les conséquences de la fermeture des frontières entre le Nigéria et le Bénin depuis le 20 août 2019, évoquent d’importantes pertes pour les deux économies. Pour lui, s’il est évident que les recettes douanières béninoises vont baisser, le Nigéria aussi, ressentira les contrecoups de sa décision.

Interrogé sur l’impact de la fermeture des frontières du Nigéria sur l’économie et le budget du gouvernement du Bénin, le ministre d’Etat en charge du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, rappelle que de façon générale, les chocs sur le Nigéria affectent l’économie béninoise en raison des interrelations fortes qui existent entre les deux économies. Par exemple, la dévaluation du « Naira » et la chute des cours du pétrole, entre 2015 et 2016, ont entrainé un recul de la croissance du Nigéria d’environ 2,6%. L’impact sur le Bénin avait été évalué à une baisse de -0,6 point de pourcentage du Pib.  Par ailleurs, le  Nigéria étant  l’un des principaux marchés de destination de certains produits agricoles béninois comme le soja, l’ananas et le piment, la fermeture des frontières avec le Nigéria a des impacts économiques négatifs aussi bien sur le Bénin que sur le Nigéria.  « La persistance de la situation de la fermeture des frontières pourrait réduire les recettes fiscales du Bénin et réduirait par ricochet la croissance économique attendue au titre de l’année 2019, voire les prévisions pour les années à venir», a déclaré Abdoulaye Bio Tchané. Avant de prévenir que le Nigéria ressentira nécessairement les contrecoups de cette crise liée à la fermeture et les impacts ne seraient pas insignifiants. « Des manques à gagner importants seront observés par le tissu industriel nigérian. En effet, certains produits nigérians sont soit vendus sur les marchés béninois ou passent par le territoire béninois pour atteindre d’autres pays limitrophes. La fermeture des frontières empêche la circulation de ces biens », a-t-il expliqué.

 

D’intenses discussions au sommet

 

Une autre conséquence directe qu’induirait la situation, si le géant nigérian n’arrivait pas à changer ou faire évoluer sa position sur la question, c’est que le  « le blocage du trafic des biens serait une source inflationniste pour l’économie nigériane,  car une partie importante des produits alimentaires de base consommés par la population nigériane est produite ou transite par le Bénin ». Autant dire que si le statu quo arrivait à se prolonger des deux côtés des frontières, ce sont les populations qui en souffriraient. Mais, avant d’en arriver là, il aurait fallu que toutes les négociations entreprises dans les coulisses échouent. Car, depuis cette fermeture des frontières, le président de la République du Bénin n’a pas eu de répit. Selon  le ministre d’Etat, à travers des discussions de haut niveau,  le  président de la République  s’emploie à  trouver des solutions qui « sauvegardent les intérêts et donc les relations séculaires existantes entre nos deux États et nos deux peuples ». Ainsi, le président  Patrice Talon a déjà rencontré  les présidents Buhari du Nigéria et Issifou du Niger.

 

Abdourhamane Touré

 

 

 

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