Fermeture des frontières nigérianes:Une crise profitable pour le Bénin?

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Nigerian security operatives keep watch Thursday 14 August, 2003 at trucks with assorted items impounded at its end of Nigerian-Benin border. The Nigerian government had early in the week closed its border with Republic of Benin to protest the Beninese government indifference in combating criminal activities at its end of the border.

Selon les spécialistes, la crise qui découle de la fermeture des frontières bénino-nigérianes, peut être une opportunité pour l’économie béninoise. Après la chute du Naïra et de la filière voitures d’occasion, il est temps de diversifier les échanges entre les deux pays.

L’adage populaire s’est de nouveau confirmé ces jours-ci : « Quand le Nigeria s’enrhume, le Bénin éternue ». Evidemment ! Tous les Béninois du Nord au Sud se lamentent et se plaignent depuis 3 jours, ne sachant à qui ou à quoi s’en remettre. Officiellement, cette fermeture de frontières, qui vise le renforcement de la sécurité transfrontalière pour lutter contre le terrorisme, le banditisme armé, la contrebande, la prolifération des armes, durera 28 jours. De part et d’autre, il est impossible de traverser la frontière à véhicule. Tous les spécialistes en économie en conviennent, le géant de l’Est reste un pilier indispensable à l’économie béninoise. Selon le Fmi et la Banque mondiale, les activités commerciales avec le Nigeria (aujourd’hui plombé par la chute des cours du pétrole),  contribuent pour environ 14 % des recettes fiscales du Bénin. Énormément de produits de consommation importés via le port de Cotonou sont traditionnellement réexportés de l’autre côté de la frontière, vers un marché de quelque 180 millions d’habitants. Depuis que cette dernière crise s’est ouverte, on sait par médias interposés que, le président Patrice Talon et son homologue Muhammadu Buhari ont beaucoup échangé. Ainsi, contrairement à ce que les uns et les autres supputent, Patrice Talon s’en préoccupe. On ne peut alors souhaiter que, dans un court délai, les choses se remettent en ordre. Car, autant le Bénin souffrira de cette situation, autant le Nigeria en pâtira, les deux économies étant intrinsèquement liées. Le temps est donc aux négociations. L’histoire politique des deux est riche en péripéties à ce propos. Les deux civilisations voisines ont tellement de points communs, qu’on imagine mal que la crise aille au-delà d’un délai raisonnable. C’est pourquoi l’implication personnelle du président Patrice Talon dans la résolution urgente de cette crise est à saluer. Mais, cette implication personnelle du président béninois ne suffira pas, elle seule, à changer la donne.

 

Une opportunité pour l’économie béninoise

 

Il faudra nécessairement de la part des Nigérians mettre un peu d’eau dans le vin. Ces derniers jours, les commentaires sur les exigences de l’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote, ont fait le tour des réseaux sociaux. Par exemple, l’importation des véhicules neufs ou d’occasion par la route avait ainsi été totalement interdite depuis le 1er janvier. Avant cette décision, ce marché, alimenté par des automobiles venues d’Europe ou d’Amérique via le port de Cotonou, avait déjà chuté de près de 70 %. Quelque 30 000 voitures d’occasion arrivaient dans la capitale béninoise tous les mois. En décembre, il n’y en eu guère que 6 000.Selon l’institution de Bretton Woods,  même si les retombées négatives de la situation au Nigeria, principal partenaire commercial du Bénin, ont fortement pesé sur l’économie (en 2016, le PIB a progressé de 5,5 %, contre 6,5 % en 2015), avec notamment un recul des recettes douanières, l’activité économique est restée résiliente grâce essentiellement à la bonne tenue de la production agricole. Le Fmi estime cependant que « la crise actuelle est une opportunité pour le Bénin, car la proximité de ces deux pays crée des possibilités d’accélérer le développement économique du Bénin à travers un accès élargi au plus vaste marché de la Cedeao.

 

Jean Paul Mahougnon

 

 

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