Fermetures cycliques des frontières bénino-nigérianes:Les nouvelles approches du gouvernement

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Nigerian security operatives keep watch Thursday 14 August, 2003 at trucks with assorted items impounded at its end of Nigerian-Benin border. The Nigerian government had early in the week closed its border with Republic of Benin to protest the Beninese government indifference in combating criminal activities at its end of the border.

Depuis plusieurs semaines, le Nigéria a, de façon unilatérale, fermé ses  frontières  d’avec les pays voisins.Face à cette situation, le gouvernement ne croise pas les bras. Le ministre de l’Agriculture et  celle de l’Industrie et du commerce sont allés expliquer la nouvelle  approche  du gouvernement aux producteurs et  transformateurs de Grand-Popo, d’Allada et de Glazoué les 17, 18 et 19 septembre 2019.

« Ce n’est pas la première fois que le Nigéria ferme ses frontières. Et ce ne sera peut-être pas la dernière fois. Ces fermetures  doivent plutôt constituer une opportunité pour le Bénin, qui doit se réorganiser pour ne plus s’exposer aux humeurs du Nigéria ». C’est en substance le message que les ministres de l’Agriculture et du Commerce ont délivré aux producteurs pendant leur périple. Le même message a été passé aux acteurs du secteur agricole, aux Ptf, à la Ccib, lors de la revue de performances du secteur agricoleau titre de l’année 2018, le jeudi 26 septembre 2019.Selon  Gaston Dossouhoui,   «le Nigeria ne représente pas un calvaire, mais plutôt une opportunité, qui n’a pas encore été  bien saisie ». Ainsi, plutôt que de subir, toutes les fois, les effets des fermetures cycliques, selon les autorités ministérielles, il faut plutôt orienter autrement « notre politique de productions », de prolonger la durée de conservation  des produits locaux, et  afin de supporter d’éventuelles fermetures de longue durée de la frontière du Nigéria. « Nous devons prospecter d’autres marchés pour ne plus dépendre uniquement ou en grande partie du Nigéria », a ensuite déclaré le ministre Dossouhoui. Avant d’exhorter les producteurs à installer des unités de transformation pour les consommations locales et pour l’exportation. En effet, celles mises en place par l’ancien régime ne fonctionnent pas, malgré la volonté du gouvernement de les céder à des privés,  faute d’offres  conséquentes. En dépit de cette situation, le marché des hydrocarbures se comporte bien. Il n’y pas de fileaux  stations, ni  de bouchon. Cela, grâce aux réformes qui, depuis trois années,  ont renforcé la résilience de l’économie béninoise.  Le gouvernement a, en effet, très tôt pris la mesure de la situation et a diversifié les sources de rentrées fiscales et douanières, tout en œuvrant à la sécurisation  et à une meilleure gestion des  ressources de l’Etat. Il faut donc  saluer cette vision, ainsi que les efforts  de restructuration de l’économie nationale. Il y a  aussi  eu  une évolution perceptible dans le secteur des véhicules d’occasion. Car,  bien que le Nigéria ait autorisé,  depuis quelques années,  l’importation directe de véhicules usagés sur son territoire, détournant de fait une bonne partie du trafic, on observe que cela n’a pas nui à l’économie béninoise.

Abdourhamane Touré

 

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