Formalités pour l’existence légale de parti politique:Restaurer l’espoir se met au pas après la résistance

0
1506

Le parti de l’opposition Restaurer l’espoir (Re) pourrait être dans les starting blocks pour les élections communales et municipales du 17 mai 2020. Candide Azannaï et les siens, après avoir joué aux rebelles, ont décidé de se conformer à la Charte des partis politiques. Le Secrétaire général, Guy Mitokpè, mandaté par le parti, était au Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique le vendredi 24 janvier 2020 pour remplir les formalités d’existence légale.

Restaurer l’espoir n’entend plus rester en marge des joutes électorales au Bénin. Après l’absence du parti se réclamant de l’opposition aux législatives d’avril 2019 pour non-conformité à la Charte des partis politiques, les responsables, avec à leur tête le président Candide Azannaï ont enfin retrouvé la raison. Ils se sont rapprochés du Ministère de l’intérieur pour remplir les formalités administratives d’existence légale conformément à la loi n°2019-41 portant modification de la Charte des partis politiques en République du Bénin. La première tentative qui a eu lieu le vendredi 24 janvier 2020 s’est révélée infructueuse. Et pour cause ! Le dossier de déclaration administrative de constitution détenu par le Secrétaire général du parti, Guy Mitokpè pour être déposé, n’était pas conforme à la loi. En effet, l’article 18 de la Charte en son alinéa 2 précise : « Le procès-verbal de la réunion constitutive du parti politique devra comporter les noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses, professions des membres fondateurs et les fonctions de ceux d’entre eux élus pour assumer des responsabilités dans les organes dirigeants au plan national ». En lieu et place du procès verbal de la réunion constitutive, les responsables de Restaurer l’espoir ont déposé le procès verbal d’un Conseil national, ce qui est en porte à faux avec la loi. Mieux, le dossier ne précise par l’arrondissement du siège du parti. Comme on pouvait s’y attendre, le Ministère de l’intérieur a rejeté le dossier tout en motivant, comme l’exige l’article 21 de la loi n° 2019-41 du 7 novembre 2019 portant modification de la Charte des partis politiques qui stipule : « Dans le cas où le dossier de déclaration administrative de constitution n’est pas conforme à la loi, le ministre en charge de l’Intérieur procède à une notification de non-conformité motivée au parti politique concerné. Les insuffisances qui fondent la non-conformité sont relevées et notifiées en une seule fois. Aucune autre insuffisance nouvelle ne peut être ultérieurement notifiée. La notification est faite par lettre recommandée ou remise en main propre, contre décharge, à l’un des mandataires du parti politique ». Ainsi, le mandataire du parti en la personne du secrétaire général, devrait retourner au Ministère de l’intérieur hier lundi 27 janvier 2020 pour se conformer aux dispositions de la Charte qui ne sont pas respectées.

 

Tout ce tintamarre pour ça ?

 

La démarche de formalisation de Restaurer l’espoir est certes salutaire. Mais la question qu’on est en droit de se poser est :  pourquoi Candide Azannaï et les autres responsables du parti ont attendu tout ce temps avant de se mettre dans les rangs ? Ils se seraient engagés dans les formalités de déclaration administrative que le parti aurait pris part aux législatives d’avril 2019 et serait aujourd’hui représenté à l’Assemblée nationale. Dans le temps, on ne sait quel démon les hantait. Tous les appels à la raison lancés en direction des partis se réclamant de l’opposition sont restés sans écho favorable. La position va-t-en guerre privilégiée s’est aujourd’hui révélée suicidaire pour le parti dont la vocation, comme n’importe quel parti, est d’animer la vie politique et de participer aux élections pour conquérir et exercer le pouvoir. Ce retard de plusieurs mois ne pourra malheureusement pas être rattrapé, car la 8ème législature est installée et travaille résolument pour révéler le Bénin avec le président Patrice Talon. La dernière chance avant la présidentielle de 2021 reste et demeure les Communales et Municipales du 17 mai. Le parti doit sauter sur les mesures de souplesse annoncées par le gouvernement pour lesdites élections pour se mettre en règle et participer à ces joutes qui vont constituer un test grandeur nature avant 2021.

 

Abdourhamane Touré

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here