Gaston Dossouhoui à propos des perspectives de l’économie béninoise:Le Bénin, une puissance agricole à l’horizon 2021

0
847

Depuis le lancement du Pag, il y a deux ans, le gouvernement, par l’intermédiaire du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, a initié des réformes et les met en œuvre. De nouvelles techniques  culturales appuyées par, un investissement massif pour une relance rapide de l’économie: ont produit des rendements  encourageants. De Pobè à Sinendé, en passant par Parakou et Grand-Popo, l’espoir renaît. Ci-dessous, un extrait du documentaire diffusé sur les chaînes de télévision dans le cadre l’an 2 du Pag.

Eloi Hounkponou (Producteur de riz ; promoteur du riz Matèkpo) : Dans chaque filière maintenant, il y a des spécialistes pour accompagner les producteurs. C’est une très bonne chose.

Arnaud Doudé (premier producteur de coton à Kandi) : Les conditions de vie des producteurs a changé. Il y a une amélioration nette de notre train de vie. Il a de nouveaux bâtiments qui sont construits, de nouvelles motos achetées…

Pour la relance du secteur de l’agriculture, le gouvernement béninois s’est lancé  à travers son programme d’action, des défis. Entre autres,  la gestion de la fertilité des sols, la promotion des filières phares, la mécanisation de l’agriculture,  la réduction de la malnutrition et la sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’Etat béninois s’est aussi engagé dans le renforcement des services de recherches agricoles, les ambitions sont multiples. Deux ans après le lancement du Pag en sont volet agriculture où en sommes-nous ?  L’espoir  est-il permis ? Voici une descente sur le terrain

Gaston Cossi Dossouhoui (Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche) : Dans un passé récent, nous avions une politique unijambiste d’exportation de coton. Aujourd’hui, à nos ports, à nos frontières, ce n’est pas que le coton qui sort ; l’ananas sort, le cajou sort, le karité sort, l’huile de palme sort, même les noix de palmistes sortent. C’est ça la problématique. Et progressivement, nous atteignons cet objectif.

Des exploitations de coton à perte de vue.  Nous sommes ici sur la ferme semencière d’Alafiarou dans la Commune de Parakou, une ferme d’Etat.  Plus de 250  hectares de production du coton avec comme variété l’Okp des semences de bases spécifique pour plusieurs zones cotonnières. ……… La création de fermes semencières est une volonté de l’Etat pour l’accroissement  de la productivité sur les superficies emblavées. Ces deux dernières années, Alafiarou a connu des bons qualitatifs grâce à la direction de la production végétale, L’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab)  et l’Association interprofessionnelle du coton (Aic).

Roland Gnimagnon (Responsable de la ferme semencière d’Alafiarou près de Parakou) : Tout ce que vous voyez ici, c’est avec l’accompagnement de l’Etat et des Partenaires techniques et financiers de chaque filière. En dehors du coton, nous produisons des semences de base de maïs, de soja, du manioc. Cette année, nous avons installé une parcelle de semence de base d’arachide.

<script async src= »//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js »></script>
<ins class= »adsbygoogle »
style= »display:block; text-align:center; »
data-ad-layout= »in-article »
data-ad-format= »fluid »
data-ad-client= »ca-pub-4711733241009537″
data-ad-slot= »5661125067″></ins>
<script>
(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
</script>

Deux premières campagnes sous le régime du nouveau départ, deux records. Un troisième est à portée de main. Déjà deux éditions de fêtes nationales du cotonculteur. A Parakou et à Banikoara, les meilleurs producteurs ont été primés par l’attribution de nombreux lots. L’objectif est de susciter en leur sein une saine émulation pour atteindre d’autres records…………..La filière coton nourrit plus de 3 millions de Béninois. Elle a un important impact sur le taux de croissance de l’économie béninoise, car 50 000 tonnes entraînent un (1) point de croissance. Dans ce contexte, le coton demeure dans notre pays, la principale culture de rente. Pour battre le record de la production cotonnière ces dernières années, l’Etat rend progressivement disponible le service de la mécanisation et un encadrement constitué de coordonnateurs, de superviseurs, et d’agents d’appui à  la gestion des intrants. L’initiative fait des émules, et les producteurs s’en sortent heureux

Gani Badou Tamou (Président de la Fédération nationale des coopératives villageoises de producteurs de coton) : L’encadrement est bien fait désormais. C’est ceux qui connaissent la filière qui accompagnent maintenant sur le terrain.

Laurent Adjaka Kakpo (Premier producteur de coton à Djidja dans le Zou) :A l’occasion de la première campagne menée par le pouvoir du président Patrice Talon, j’ai produit 96 tonnes de coton graine. Cette année, pour la deuxième campagne sous le régime du nouveau départ, j’ai produit 89 tonnes. Cette baisse est due à la mauvaise pluviométrie. Depuis deux campagnes maintenant, les engrais et intrants sont de bonnes qualités. Ils sont très efficaces. Puis, on nous les met à temps à disposition.

<script async src= »//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js »></script>
<ins class= »adsbygoogle »
style= »display:block; text-align:center; »
data-ad-layout= »in-article »
data-ad-format= »fluid »
data-ad-client= »ca-pub-4711733241009537″
data-ad-slot= »5661125067″></ins>
<script>
(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
</script>

Sinendé, Kandi, Gogounou, Djidja et dans la plupart des zones cotonnières, l’or blanc est présent. A Parakou, une mission chinoise à la production cotonnière se charge depuis deux ans à la formation des jeunes agriculteurs.  Elle porte ses fruits.

Léopold Lokossou (Président de la plateforme nationale des organisations des producteurs agricoles du Bénin) : Dans chaque pôle de développement, il y a une filière phare. Elle constitue la filière locomotive des autres filières. C’est dire que la priorité des actions est accordée à cette filière locomotive sans pour autant négliger les autres.

Eloi Hounkponou (Producteur de riz ; promoteur du riz Matèkpo) : Le fait déjà de rapprocher des spécialistes dans chaque filière est une bonne chose. Pour moi, c’est super.

Beaucoup l’ont donc compris.  Au Bénin, le secteur agricole est désormais une arme importante pour sortir de la sous-alimentation, de la pauvreté et du sous-développement… Ces dernières années, une autre filière fait mouche. L’anacarde. Près de 120 mille tonnes de production avec une forte ambition des producteurs d’aller jusqu’à 300 mille tonnes.

Georgette Taraf (Présidente nationale des transformateurs de noix de cajou) : La filière anacarde est aujourd’hui en plein essor. Ce qui est regrettable, c’est que plus de 80% de la production est exportée en noix brute. Alors, nous perdons cette valeur ajoutée.Nous pouvons concurrencer, même dépasser, la production du coton parce que l’anacarde est une culture pérenne. Or, le coton, chaque année, il faut recommencer. Aussi, les terres s’appauvrissent.

Les terres cultivables sont loin d’être extensibles. A chaque saison, elles sont tournées et retournées avec le risque de leur appauvrissement…..Des réflexions scientifiques sont déjà en cours d’expérimentation pour redonner à ces terres, toute leur fertilité.… Il y a le projet « Prosol » financé par la Giz qui travaille pour la promotion et la diffusion des techniques et protection et de réhabilitation des sols à travers le réseau des Esop (Entreprises de services et organisation de producteurs) dans les Communes cibles. A terme, ce sont au moins3000 producteurs regroupés dans 400 Op (Organisations de producteurs) qui seront touchés dont 50% de femmes ; le rendement en riz et du soja sera augmenté de 25% ; 2120 ha de terres seront réhabilitées et protégées et 12 ha de parcelles seront emblavées selon la technologie Sri (Système de riziculture intensive). Puis il y aussi le projet Tazco entendez transition agro écologique en zone cotonnières du Bénin. Des parcelles de démonstration des techniques de semis sous couverture végétale sont déjà installées en milieu paysan sous la responsabilité des chercheurs. Une technique qui porte.

Kora Imorou (Bénéficiaire du projet Tazco) : Cela fait la 2è campagne que ce projet est expérimenté chez moi. Et le moins que je puisse dire est que je suis satisfait en terme de rendement et de qualité de la production.

La pratique annonce de beaux jours….d’abord pour les sols cultivables que pour les différentes cultures. Car en effet, les producteurs de coton sont bien souvent des producteurs de céréales ….. Mais au-delà des cultures de rentes, la production du  maïs au Bénin ces dernières années connais un succès. Elle a été  même excédentaire ces dernières années. Le maïs  est la principale céréale intervenant dans l’alimentation des populations. C’est la culture locomotive de l’Atda, pôle 2. La mise en place de semence de base de qualité et à temps, l’action du gouvernement aux producteurs à travers ses conseillers sont autant de facteurs qui expliquent la bonne santé de cette filière. Mais l’interprofession a besoin de mieux se structurer pour profiter de cette croissance car les débouchés existent. Ils ont leurs exigences.

Moïse Etienne Séro (Président de la Fédération des producteurs de maïs) : Il y a la disponibilité à temps en quantité des engrains. Ça nous a permis à avoir un meilleur rendement que par le passé.

Blaise Fadégnon (Directeur des programmes à l’Agence territoriale de développement agricole, pôle 2) : Le grand changement dans l’encadrement, c’est le conseil agricole. On dit au producteur, son intérêt économique à produire. On n’est pas axé exclusivement sur les techniques culturales. C’est plus motivant. C’est le conseil agricole qui booste la filière.

A côté du maïs,  le gouvernement béninois  encourage ses agriculteurs dans la  production  du riz. Des périmètres aménagés pour cette culture sont développés dans plusieurs régions dont la région Agonlin,  Tchaourou, les collines et à Malanville qui regroupe plus de 400 hectares avec une maitrise totale de l’eau. Sur l’ensemble de ces périmètres, un surplus de production s’observe ici et là. Pour contenir ce flux, des magasins de stockage sont construits.

Le pays a bien des atouts pour la culture du riz, même si quelques  obstacles à cette production restent des défis majeurs. Car, l’enjeu pour les  producteurs, c’est aussi la qualité. Il faut faire face à la concurrence du riz importé.

Gaston Cossi Dossouhoui (Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche) : 24 magasins ont été construits dans ce projet de près de 7 milliards dont 3,5 milliards pour les magasins et 2,6 milliards pour les aménagements. Nous avons des magasins de capacité de 1.000 à 4.000 tonnes. Un total de 47.000 tonnes ou 126.000 m3 de volume de stockage.

Eloi Hounkponou (Producteur de riz ; promoteur du riz Matèkpo) : Il n’y a pas de rizerie. Pas d’aires de séchage. Il y a beaucoup de chose à faire encore. Mais déjà, ils sont en train. Je les félicite.

Autres filières dont le développement fait la fierté des producteurs  ces dernières années au Bénin, l’ananas et le manioc. Le Pag a en effet érigé ces dernières en filières prioritaires à promouvoir dans le cadre du développement de plusieurs zones du pays.

Athanase Akpoé (Président de la Fédération nationale des coopératives de producteurs d’ananas) : Pour produire aujourd’hui l’ananas et avoir un rendement de 80 tonnes à l’hectare, il a fallu qu’on soit encadré, formés à travers différents projets-programmes du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

D’après certains chiffres,  plus de 74 kg de manioc frais par habitant et par an sont produits au Bénin. Elle reste une filière très importante, source d’emploi pour les jeunes et les femmes.

Gérard Agognon (Dg/Atda, pôle 6) : La Commune de Kétou, à elle seule, produite énormément le manioc qui est transformé essentiellement sur place. Une bonne partie de la production est exportée vers le Nigéria. Nous projetons l’installation d’unités de transformation correcte pour une mise en marché harmonieuse du gari pour la consommation locale.

Ainsi donc ….sur le volet agriculture, le gouvernement béninois agit et met en œuvre progressivement sa vision contenu dans son  programme d’action. Amélioration de la production du palmier à huile, le maraichage qui prend progressivement de l’essor. Mais il y a mieux qui mérite attention. Le volet santé animal et production animale. Ici aussi les voyants sont au vert.

Yao Akpo (Directeur de l’élevage) : Il y a le Centre national d’insémination artificielle qui est aujourd’hui opérationnel et fonctionnel. Au regard des ambitions affichées par le gouvernement, en ce qui concerne la production du lait, de viande, il n’est pas possible d’atteindre les objectifs fixés si l’outil que constitue l’insémination artificielle n’est pas utilisé. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, il est possible de produire des semences de race Azawak, Borgou, Girolando. A partir de l’instant où le centre est fonctionnel, il y aura la possibilité de faire des campagnes d’insémination pour que nous puissions avoir des métisses pour la production laitière.

En effet le centre national d’insémination artificielle des bovins est créé pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire en matière de viande et de lait, à la réduction de la pauvreté au Bénin. Le centre approvisionne des relais et des fermes d’élevage publiques en azote liquide et en semences bovines, girolando, montbéliarde et tarentaise. Il s’agit également de la campagne d’insémination de vaches.

Gaston Cossi Dossouhoui (Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche) : Pour les prochaines fêtes, il faut que le plat béninois soit fait à base de produits béninois, prioritairement. Le gouvernement du Bénin a autorisé l’installation d’une unité de fabrique d’aliments de poisson. Nous nous battrons pour que la qualité soit et que nos aquaculteurs puissent trouver des produits localement faits à un prix plus bas.

Faire du Bénin une puissance agricole. Le gouvernement de la rupture tient à cette ambition. Il s’est alors donné comme bras financier, le Fonds national de développement agricole (Fnda).

Olivier Vigan (Dg/Fonds national de développement agricole) : Nous avons aussi une démarche centrée sur les Agences territoriales de développement agricole qui sont la partie technique pour nous. Elles commencent d’abord l’identification, l’instruction des projets et leur approbation au niveau e chaque pôle. Parce que le Directeur général de l’Agence est celui qui sait ce qui est bon pour le développement de son pôle.

Au-delà de la volonté et des différentes initiatives mises en place pour atteindre ces objectifs, l’Etat a le soutien des partenaires techniques et financiers pour ses projets. Une adhésion qui s’est manifestée dans maints domaines.

Olivier Net (Chef de file de la délégation de l’Union européenne) : Dans le domaine de l’agriculture, il y a un effort particulier. C’est un secteur clé pour le Bénin et pour son développement. L’Union apporte son expertise aux réformes et participe à leurs réalisations. La direction des réformes est certainement la bonne.

Toujours dans la perspective de l’amélioration des performances dans le secteur, le gouvernement a commencé par mettre en œuvre le Recensement national de l’agriculture. Un projet vieux de plusieurs décennies mais jamais réalisé.

Dieudonné Aladjodjo (2ème vice-président de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin) : C’est une activité phare pour le décollage du secteur agricole dans la mesure où aucun investisseur ne peut mettre des milliards dans un secteur sans avoir des données fiables.Une autre initiative assez innovante qui prend de l’essor sous le régime de la rupture. Le développement de  la Vallée de l’Ouémé. Classée deuxième vallée la plus riche en Afrique après le Nil en Egypte, elle s’élève à plus 70.000 ha.  Mais, moins de 30% de cette superficie est actuellement exploitée. Ainsi donc, dans la continuité de ses efforts pour réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire au Bénin, la Banque africaine de développement (Bad) finance le Projet d’Appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé Paia-Vo. Depuis ces deux dernières années, le projet connait une évolution considérable.

Sènou Jean Kokoyè (Coordonnateur du Projet Paia Vo) : Le projet a fait un bon bout de chemin en termes de réalisations physiques palpables, notamment pour ce qui concerne les aménagements. Le projet avait ambitionné aménager environ 5000 hectares de périmètres.

Statistiques sur l’évolution des productions

 

Maïs local

Campagne 2016-2017 : 500.719 tonnes

Campagne 2017-2018 : 706.054 tonnes

 

Maïs amélioré

Campagne 2016-2017 : 875.964 tonnes

Campagne 2017-2018 : 808.860 tonnes

 

Riz

Campagne 2016-2017 : 281.428 tonnes

Campagne 2017-2018 : 361.336 tonnes

 

Manioc

Campagne 2016-2017 : 3.892.287 tonnes

Campagne 2017-2018 : 4.078.558 tonnes

 

Culture maraichère

Campagne 2016-2017 : 730.728 tonnes

Campagne 2017-2018 : 734.224 tonnes

 

Coton

Campagne 2016-2017 : 451.000 tonnes (premier record)

Campagne 2017-2018 : 597.986 tonnes (deuxième record)

Campagne 2018-2019 ; Une prévision de plus de 700.000 tonnes (un troisième record en vue)

 

Anacarde

Campagne 2016-2017 : 97.518 tonnes

Campagne 2017-2018 : 110.117tonnes

 

Ananas

Campagne 2016-2017 :30.3887tonnes

Campagne 2017-2018 : 316.276 tonnes

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here