Harcèlement sexuel dans la presse:Agapit Napoléon Maforikan lève l’équivoque sur le cas « Kpogbémè »

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La vidéo postée sur Facebook le weekend écoulé par la journaliste Pricile Kpogbémè sur le harcèlement dans la presse a suscité la réaction de l’actuel Directeur général de E-Télé. Sur les ondes de Océan Fm hier, mardi 5 mai, Agapit Napoléon Maforikan apporte des clarifications sur les propos confus de son ancienne collaboratrice. Lire l’entretien.

Océan Fm : Il y a quelques jours, une vidéo a circulé sur la toile indexant plusieurs directeurs de télévision. Suite à cette diffusion, l’opinion a eu droit à une réaction, celle du Directeur général de E-Télé. M. Agapit Napoléon Maforikan, quelle est l’opportunité de votre réaction ?

 

Agapit Napoléon Maforikan : Parler de l’opportunité d’une réaction, revient à savoir comment chacun a reçu d’abord la première information. Lorsque j’ai lu l’intervention de la consœur Angela Kpéidja, j’avais estimé que quand on cite des cas, on ne doit pas rester dans l’anonymat au risque de mettre le doute sur tout le monde. J’en étais là quand j’ai eu la seconde réaction, celle d’une ancienne collaboratrice qui estime qu’elle reste à la maison parce qu’elle a refusé le harcèlement alors que la dernière télévision sur laquelle elle a travaillé est la mienne. Elle était responsable d’antenne à Cotonou. Je l’ai remplacée en tant que directeur de l’organe. Dire qu’elle est à la maison à cause du harcèlement, c’est comme si on l’avait harcelée sur la dernière télévision de laquelle elle a travaillé. Alors, le lien de causalité, c’est qu’elle a été, entre autres, été victime du harcèlement à E-Télé. Elle ne l’a pas dit clairement, mais dire qu’elle est à la maison à cause du harcèlement crée un doute sur la télévision et surtout le directeur. Ensuite, il y a eu d’autres amalgames notamment les heures de réunion, la rupture de contrat ; des choses sur lesquels j’ai estimé qu’il faut opiner parce qu’en tant que directeur, nous avons des pratiques à l’interne qui respectent scrupuleusement les règles en termes de droit du travailleur, de l’hygiène et de la santé au travail. Quand j’ai suivi la vidéo, je me suis dit qu’il pourrait s’agir de E-Télé puisqu’elle n’a pas donné des noms et déclare avoir travaillé dans toutes les télévisions sauf Lc2. L’exception n’étant pas la note, je me suis dit autant annoncer clairement que ce n’est pas à E-Télé et peut-être incité les autres directeurs à réagir pour qu’on sache qui a dit ou fait quoi.

Est-ce que c’était opportun ? A mon avis oui. Si c’était à reprendre, ce serait repris parce qu’il faut éviter de jeter l’opprobre et de discrédit sur tout le monde lorsqu’on a accepté de jouer un jeu ou que le jeu s’est imposé à vous, si vous voulez dénoncer, dénoncer clairement. Si vous ne pouvez pas, il vaut mieux se taire.

 

Votre nom n’a pas été cité dans la vidéo. D’aucuns estiment que vous avez devancé les faits. Qu’en dites-vous ?

Je n’ai pas devancé les faits puisque les gens ont dit qu’ils ont été victimes de harcèlement par des directeurs de télévisions. Et que toutes les télévisions pratiquent la chose. Je suis directeur de télévision, responsable de média depuis 23 années. J’ai dirigé à des niveaux élevés de responsabilité. Je ne peux pas admettre qu’on parle en se cachant derrière tout le monde. Normalement, quand vous voulez dénoncer un phénomène, il faut citer les responsables parce que la dénonciation doit avoir comme conséquence, la sanction. Alors, si une dénonciation ne débouche par sur une sanction, pourquoi vouloir dénoncer alors ? Des gens réagissent et disent qu’on n’a pas cité mon nom. Quand on dit qu’on a travaillé partout sauf à tel endroit, cela veut dire qu’on a donné déjà des indications ou raisonnons par l’analogie ou l’absurde. En tant que communicateur, je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que mon nom n’a pas été cité. Ce n’est pas Agapit Maforikan qui compte personnellement. Il est responsable de télévision. Il a eu la dame sous son autorité. Et elle dit qu’elle est à la maison parce qu’elle a été victime de harcèlement. Ceux qui parlent de on n’a pas cité votre nom c’est une courte lecture. Peut-être qu’ils n’ont pas suivi la vidéo entièrement. Moi, ma compréhension va au-delà. Je contribue au débat. Je sais qu’elle ne parlait pas de moi. Il y a eu de l’amalgame, et je n’ai pas voulu qu’on nous reproche tous demain de nous être tous tus. Je n’ai pas appris à me taire quand je peux me défendre. C’est si simple que cela. Donc, Agapit Maforikan n’a pas été cité, mais en tant que, directeur de E-Télé dans laquelle madame Kpogbémè a travaillé, (elle est partie après son dernier contrat pas à cause de harcèlement), il ne peut pas accepter que cela circule sur la toile et se taise.

 

Est-ce que ce phénomène existe-t-il réellement et qu’est-ce que vous avez fait dans ce sens ?

Je dois avouer que personnellement, je n’ai jamais été au courant de cela. Cela dit, je pense que les relations d’homme à femme sont des relations dynamiques. Le harcèlement, c’est quand quelqu’un de supérieur utilise sa position pour obtenir cette faveur, à mon avis, indécente. Donc, je n’ai jamais eu vent, en tant que responsable, qu’une consœur a été victime de cela. J’entends des femmes qui ne sont pas forcement des journalistes, de manière générale, dire qu’elles en sont victimes. Il y a eu une vidéo qui a circulé tout récemment où des artistes disaient que tu vas demander le concours de quelqu’un pour t’aider, et il va te demander d’aller au lit. Il y a plein de choses comme cela. Droit de cuissage par-ci par-là qu’on lit, mais au niveau des médias, il a parfois de petits commérages. Il y a des histoires que je connais, des relations entre homme et femme qui ont débouché sur des scandales. Un homme est libre d’avoir des contacts avec qui il veut. Tant que c’est de consentement, cela ne me concerne pas. A priori, je ne connais pas cette existence, mais si cela existe, il faut le sanctionner. Il faut le dénoncer. J’encourage les dénonciations, même de manière anonyme. J’ai travaillé à l’Anlc où nous protégeons les alerteurs. Les dénonciateurs, il faut les protéger. Mais quand les gens utilisent les réseaux sociaux pour dénoncer le fait et n’en donne aucun nom, je pense qu’ils ont autre souci que de mettre fin à un mal. Je pense qu’il y a de l’aigreur, de sentiment se venger. Il faut être responsable. Être responsable, c’est dénoncer, donner des noms, saisir le procureur, saisir les organisations des droits de l’homme, et les laisser faire leur travail. Donc, j’encourage les victimes à dénoncer.

 

Source : Océan Fm

 

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