Inauguration de la Centrale thermique de Maria-Gléta 2::Euphorie légitime au Bénin

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Le sociopolitologue Gilles Expédit Gohy est très ému après la mise en service de la Centrale thermique de Maria-Gléta 2. Dans une réflexion, il s’exclame et trouve que c’est une belle leçon d’humilité que l’Exécutif réalise un de ses projets phares sans grand bruit. Il ne passe pas sous silence l’euphorie qui s’empare du pays.

(Les arguments de poids de Gilles Gohy)

Quelle joie dans la Cité, pendant la participation mémorable du Bénin à la 7ème Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (Ticad 7) !

 

Le Bénin rentre désormais dans une ère de bonheur bien méritée ; une locomotive de félicité énergétique auparavant Arlésienne, mais désormais propriété incontestable du Bénin ! Les journaux de la place y ont abondamment relayé l’inauguration de la Centrale thermique de Maria-Gléta 2 (Ctm2) réalisée en 18 mois pour une longue durée, la semaine dernière, sans que je m’y attarde davantage ici. En toute modestie et sans vouloir répéter ce qui avait été suffisamment dit dans la Presse, je voudrais quand même faire reconnaître qu’il s’agit effectivement d’un joyau hors pair jamais réalisé au Bénin depuis l’existence de ce pays.

 

Qui l’eût cru ?

 

Il est encore bien frais dans nos mémoires la douloureuse et malheureuse expérience vécue sur le même site de Maria-Gléta erronément qualifié de site maudit, ignorant à tort ou à raison que la malédiction où plus de 45 milliards de FCfa du Contribuable Béninois ont été engloutis, sans produire un seul kWh avait un nom bien connu ! Un scandale qui fit couler beaucoup d’encre et de salive, sans que la lumière n’ait encore jamais été faite : La Criet a encore du boulot, donc de beaux jours devant elle. Je salue au passage l’initiative de certaines organisations de la Société Civile constituées Partie civile pour saisir la Criet sur ces dossiers.

 

Ce qui est remarquable et qu’à mon sens, aucun article paru sur la mise en service officielle de la Ctm2 n’a souligné, est que cette inauguration s’est faite sans tambour battant, ni trompette claironnante, dans la plus grande simplicité, comme un fait banal, sans que les maigres ressources du pays n’aient été dilapidées dans des publicités flagornantes et oiseuses avec des pancartes à l’effigie du « Grand Président » agressantes (ou agressives) à tous les coins de rues de la capitale économique du pays.

 

Qu’il vous souvienne !

 

Sous un certain régime, pour la simple mise de l’Ortb sur satellite, l’institution Président de la République s’était déplacée jusqu’à Paris, pour ce lancement à grands frais, alors que de petites chaines privées de la place étaient déjà sur satellite bien avant, sans se gonfler ! Ne parlons même pas des innombrables (double ou triple pauses de pierre) pour des infrastructures lilliputiennes, généralement sans financements bouclés !

 

Qui a jamais vu le Président Patrice Talon pavaner sur le site de Mariagléta 2 ? Qui jamais le vit apprécier la consistance d’un béton avec la semelle de sa chaussure, comme ce fut le cas dans un passé récent ? Le Président Patrice Talon ne pouvait-il pas faire simplement comme son auguste prédécesseur : reporter simplement la mise en exploitation du site de Maria-Gléta 2, sous prétexte de la Ticad7, pour personnellement procéder au lancement du chef-d’œuvre ? Non ! Il en a cure, lui !

 

Voilà donc une belle grande leçon d’humilité que le Président Patrice Talon donne au peuple. Il n’est pas allé à cette cérémonie pour se gargariser d’un bain de foule artificiel et superficiel, miteux artiste d’une vilaine tragicomédie. Pourtant, il le pouvait, avec toutes les raisons objectives : il s’agissait d’un fait majeur inédit au Bénin, d’un résultat incommensurable brillamment atteint, de l’apothéose d’un défi qu’on croyait insurmontable : la réalisation de Maria-Gléta 2 ! Mais, après avoir réalisé l’autonomie énergétique du Bénin en trois ans, il brilla simplement, mais merveilleusement, par son absence bien remarquée ! Il n’était même pas au Bénin avant cette historique inauguration qu’il pouvait dare-dare ajourner, parce que pris à Yokohama par les tâches de développement du Bénin !

 

Tout montre éloquemment et démontre totalement que ce président réformateur, développeur qu’est Patrice Talon n’est là que pour faire avancer le pays, le sortir du sous-développement où il fut malheureusement plongé trop longtemps, à son corps défendant ! Ce Président de la République n’est point là pour gonfler le nez et enfler son ego pour, sous un déferlement de démagogies burlesques ou puantes, s’accaparer des biens et des ressources du Bénin, comme les anciens prédateurs de la République tentent de le faire croire à leurs laudateurs et ceux qui les écoutent, malheureusement ! Qui a jamais pu ou qui peut faire mieux ?

 

On a la lumineuse impression que le Président de la République du Bénin Patrice Talon s’enferme dans un « laboratoire » avec les outils et commandes nécessaires, pour forger ou concocter le développement de ce pays qui en a tant besoin ! De cette officine, sans se déplacer et aller distraire sur le terrain, au risque d’ennuyer grossièrement, il suit au peigne fin la mise en œuvre de son programme, laissant la latitude à ses collaborateurs de jouer pleinement leurs rôles. Il n’encombre, ni n’étouffe ou n’indispose aucun ministre infantilisé à qui il ravit la vedette, dans une théâtralisation de mauvais aloi ! Voilà l’efficacité en action ! Voici l’efficience éprouvée !

 

Il demeure bourdonnante dans nos mémoires de passé récent, la hantise permanente des vrombissements des hélicoptères sur nos têtes, ébranlés dans des gaspillages, même sur de très petites distances, pour des visites de représentations inutiles dans tout le pays. Ce qui coûtait au moins 20 millions FCfa aux contribuables béninois par jour de location. Malheureusement, les résultats n’ont jamais été au rendez-vous. Le gaspillage des maigres ressources du pays était roi ; la gabegie comme mode de gouvernance y était reine et souveraine !

 

Un autre simple exemple est – on ne cessera jamais de le marteler – est la filière coton. Même en le cultivant à la télévision nationale, et en parcourant monts et vallées, après avoir englouti plus de 125 milliards de F CFA du Trésor public sur trois ans, les gouvernances précédentes sont arrivées lamentablement à moins de 270 mille tonnes de coton. Dans le même temps, sans tambour battant, sans même un seul déplacement dans les champs de coton, dès son arrivée, à la première campagne, le Président Patrice Talon a, sans un petit franc du Trésor public, battu le record jamais atteint depuis que le Bénin produit le coton, avec une production de 451 mille tonnes. Et aux campagnes subséquentes, la production atteint 597 mille et 678 mille tonnes, et toujours sans un franc du Trésor public du Bénin. Voilà encore l’efficacité déployée ! Voici encore l’efficience révélée !

 

Ce mode de gestion des ressources nationales me séduit personnellement ! Elle démontre de fort belle manière que le vocable « Gninwè » c’est-à-dire «…c’est moi » claironné par ci et vociféré par là, fut stérile de développement et ne fit qu’arriérer le Bénin pendant 10 ans.

 

Dieu nous en préserve définitivement !

 

C’est ce que j’ai encore pensé !

 

Dr. Ir. Gilles Expédit Gohy

Sociologue démographe politologue

Maître-assistant des Universités du Cames

Enseignant Chercheur à l’Eneam/Uac

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