Incursion d’éléments de la Police et des Douanes nigérianes au Bénin :Vive protestation du gouvernement 

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Le gouvernement béninois proteste contre l’irruption des éléments incontrôlés de la Police et des Douanes nigérianes à Adja-Ouèrè et à Igolo le jeudi 14 novembre 2019. Le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, et son collègue de l’Economie et des finances, Romuald Wadagni, ont convoqué samedi 16 novembre 2019, au Maec, l’Ambassadeur du Nigéria au Bénin, Emmanuel Kayode Oguntuase pour manifester la vive protestation du gouvernement.
Les incidents intervenus dans les Communes frontières avec le Nigéria le jeudi 14 novembre 2019 sont inacceptables. Pour tirer au clair la situation, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Aurélien Agbénonci, et son collègue des Finances, Romuald Wadagni, ont rencontré l’ambassadeur du Nigéria au Bénin, Kayode Oguntuase. Selon le compte rendu fait de la séance par le patron de la diplomatie béninoise, le gouvernement a fait part de son indignation face aux actes perpétrés, jeudi 14 novembre 2019, par des éléments incontrôlés de la Police et des Douanes nigérianes sur le territoire béninois. En effet, ces derniers ont fait incursion sur le territoire béninois à Ita-Egbèbi, une localité de la Commune d’Adja-Ouèrè, puis à Igolo, situées dans la zone frontalière entre le Bénin et le Nigéria, et sont repartis avec plusieurs sacs de riz, des téléphones portables et autres objets. Les informations recueillies sur-place renseignent que c’étaient des individus armés, en tenue militaire et douanière du Nigéria et qui, sans ménagement, se seraient attaqués à des magasins de stockage de riz et autres produits importés appartenant à des commerçants du département du Plateau.
« J’ai tenu à lui faire part du dépit du gouvernement et de sa déception. Ces incidents sont inacceptables et condamnables. D’autant plus qu’au plus haut niveau des deux Etats, nous recherchons des solutions de sortie de crise, des individus dans la chaîne de responsabilité à la base, essaient d’envenimer la situation », a déclaré le ministre béninois des Affaires étrangères. En effet, ces faits sont d’autant plus étranges que les parties béninoises et nigérianes sortaient d’une réunion tripartite qui avait réuni les représentants des deux pays et ceux du Niger à Abuja. « Le chef de l’Etat dont le souci permanent est la protection des populations a été informé. Ma responsabilité, c’est de convoquer l’Ambassadeur du Nigéria pour élever une vive protestation et lui dire qu’on ne saurait tolérer de telles pratiques sur notre territoire. Notre gouvernement ne saurait accepter les attaques contre de paisibles populations », a déclaré Aurélien Agbénonci. Avant d’ajouter : « Nous avons élevé cette protestation dans les formes diplomatiques qu’il faut. Et nous attendons des autorités nigérianes qu’elles tirent toutes les conséquences pour que la paix puisse revenir, afin que la crise soit réglée de la manière la plus conforme aux traités de la Cedeao et aux traités internationaux. Ces individus ont violé la souveraineté de l’Etat béninois. Cela ne doit pas se faire. Il y a des règles internationales et des comportements qui interdisent cela. Nous sommes des peuples frères, mais il y a des limites à ne pas franchir ».
Wilfrid Noubadan
L’ambassadeur du Nigéria déplore les incidents 
L’ambassadeur du Nigéria au Bénin, Kayode Oguntuase, déplore les deux incidents qui ont eu lieu à Adja-Ouèrè et à Igolo la semaine écoulée. Il l’a fait savoir au terme de la séance de travail qu’il a eue avec le ministre des Affaires étrangères et son collègue de l’économie et des finances le samedi 16 novembre 2019.
« Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Bénin nous a fait appel afin que je donne des explications par rapport à deux incidents qui ont eu lieu sur le territoire béninois :le premier a lieu au niveau de la Commune d’Adja-Ouèrè et le deuxième au niveau de la Commune d’Igolo, principalement dans le dernier village frontalier avec le Nigéria. Nous condamnons tout acte qui pourrait créer des tensions et des litiges entre les deux pays. Nous essayons d’identifier actuellement les responsables de ces actes au niveau de la région d’Adja-Ouèrè. Les résultats de l’enquête actuellement en cours seront connus incessamment. Nous souhaitons qu’aucun incident du genre ne vienne empirer la situation actuelle au niveau des frontières. A l’issue de notre réunion tripartie avec le Niger sur la crise frontalière tenue le 14 novembre 2019, nous avons décidé qu’il fallait rouvrir dans les meilleurs délais les frontières. En effet, nos frontières voisines ne peuvent rester indéfiniment fermées. Les deux pays travaillent pour que la situation se résolve et que la paix règne. C’est notre objectif principal ».
Source: Ortb

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