Informations judiciaires sur les violences des 1er et 2 mai:Les commanditaires des casses bientôt identifiés

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Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Mario Mètonou, a expliqué la procédure qui a conduit à l’ouverture d’une information contre 60 personnes impliquées dans les émeutes du 1er et 2 mai. C’est au cours d’un point de presse tenu mercredi 29 mai à Cotonou.

Les commanditaires des émeutes des 1er et 2 mai à Cotonou ne sont pas totalement à l’abri de poursuites judiciaires. L’information ouverte mardi à l’encontre des 64 personnes soupçonnées risque de faire la lumière sur leur implication. Au cours de son intervention, le Procureur de la République a exploré cette piste que ne manquera pas de suivre le magistrat instructeur  dans le cadre de l’enquête diligentée  » Les informations ouvertes devant un juge unique permettront de sanctionner efficacement les auteurs directs des actes de violence, mais également de rechercher, d’interpeller et de poursuivre devant les juridictions les commanditaires », a-t-il laissé entendre. Au cours de son intervention, le représentant du Parquet a expliqué les raisons ayant conduit à l’ouverture d’information contre ces personnes suspectées.  Selon Mario Mètonou, les investigations menées ont permis de noter que les  évènements des 1er et 2 mai n’étaient pas des actes de violence sporadiques, mais de véritables actes planifiés. Il a été également identifié, selon ses propos, des liens directs  entre les personnes interpellées et les commanditaires. Tous ces indices ont amené, au cours de l’audience des flagrants délits du mardi 28 mai, le Tribunal correctionnel statuant en flagrant délit à se déclarer incompétent et à demander au parquet à mieux se pourvoir. « Dans la foulée et en application de l’article 483 du code de procédure pénale, le Juge d’instruction est saisi de 30 procédures concernant 64 personnes. Il a inculpé toutes ces personnes de violence et voies de fait, participation à l’attroupement armé, incitation directe à l’attroupement armé », a déclaré le Procureur de la République. Après la procédure devant le Juge d’instruction, les 64 prévenus ont été présentés au Juge des  libertés et de la détention qui a placé 4 personnes sous contrôle judiciaire et 60 autres sous mandat de dépôt.

 

HA

 

 

Point de presse du Procureur de la République

Mesdames, Messieurs,

 

Les élections législatives d’avril 2019 ont donné lieu à une série d’actes qualifiés infractions aussi bien par le code pénal, le code électoral que par la loi portant code du numérique en République du Bénin. Dans plusieurs localités du Bénin, l’on a assisté à des atteintes volontaires aux biens et aux personnes ainsi qu’à des appels directs à la violence.

A Cotonou, ces appels à la violence ont reçu uan écho favorable les 1er et 2 mai 2019 et ont conduit des individus à saccager des édifices publics et privés, brûler des véhicules appartenant aussi bien à des particuliers qu’à l’Etat, dégrader les voies publiques. A la suite de ces événements, le Parquet de Cotonou a ouvert des procédures contre une soixantaine de personnes.

Au fil des investigations, ce qui apparaissait au début comme un mouvement spontané s’est révélé être une action planifiée, concertée et bien coordonnée. Les auteurs des violences se déplaçaient en bandes et ne s’attaquaient qu’aux infrastructures et aux personnes précédemment identifiées.

Un faisceau d’indices issus des différentes procédures permet d’établir des liens d’une part entre des personnes interpellées et, d’autre part, entre elles et des commanditaires.

Au regard de ces éléments nouveaux, il est apparu au parquet que la poursuite des mis en cause en flagrant délit et devant des juridictions séparées n’était pas de nature à permettre une bonne administration de la justice.

C’est pourquoi, à l’audience des flagrants délits tenue au Tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou hier 28 mai 2019, sur réquisitions du parquet, le Tribunal s’est déclaré incompétent et a renvoyé le Ministère Public à mieux se pourvoir.

Dans la foulée et en application de l’article 483 du Code de procédure pénale, un juge d’instruction a été saisi de trente procédures concernant soixante-quatre (64) personnes.

Le juge d’instruction a inculpé les mis en cause des chefs violences et voies de fait, participation à un attroupement armé, incitation directe à un attroupement armé et entrave à une enquête de police avant de saisir le Juge des Libertés et de la Détention.

Ce dernier a placé quatre inculpés sous contrôle judiciaire et soixante sous mandat de dépôt.

Les informations ouvertes devant un juge d’instruction unique permettront non seulement de sanctionner efficacement les auteurs directs des actes de violence, mais également de rechercher, d’interpeller et de poursuivre les commanditaires de ces actes.

 

Je vous remercie.

Elon’m Mario Mètonou

Cotonou, le 29 mai 2019

 

 

 

 

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