Inondation à Cotonou, quelle formule magique ?

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Avec les récentes pluies, les sempiternels problèmes d’inondation ont repris à Cotonou au grand dam des populations. En principe, elles ne doivent pas être étonnées de constater que les maisons et les rues soient inondées. Ce n’est pas un phénomène nouveau. En 1991, les mêmes problèmes s’étaient posés, et on a vu le Premier ministre Nicéphore Soglo chausser les bottes pour sillonner les différents quartiers de la capitale économique du pays. J’ai vu des ministres, des maires, des chefs de circonscription urbaine faire le même exercice. C’est le même scénario depuis trente (30) ans. Je revois encore le Chef de la circonscription urbaine Jérôme Dandjinou  dégageant les occupants des nids d’eau.

C’est pour dire que le problème de Cotonou est connu. Les pluies ne créent pas de dégât. On ne reçoit pas plus de pluies qu’il n’en faut. On n’a pas actuellement une pluviométrie exceptionnelle. Nous sommes dans une dynamique normale de pluies. Et donc, se mettre à dénoncer, très tôt, l’inaction des autorités municipales ne serait pas une bonne chose, car ces désagréments que subissent les habitants de la ville vitrine du pays  ne datent pas d’hier. Les maux des Cotonois ont commencé sous la Révolution où on a vendu les rues et les baffons. 1970-1990 a été une période où l’urbanisation a été mal gérée à Cotonou. Avant les indépendances, le colon avait installé son siège à Porto-Novo. Mais, nous on a mis tout à Cotonou, si bien que cette ville abrite plus de personnes qu’il n’en faut. Elle a une densité énorme et un besoin de logement exceptionnel. Or, une telle ville qui a une bonne partie sous l’eau ne devait pas drainer tant de monde. Nous avons occupé des parties qui devraient servir de drainage de l’eau. Quand vous êtes à Cité Houéhiho, par exemple, vous ne pouvez pas craindre l’eau.

Elle est naturellement gérée six mois sur douze.  Il faut que les nouvelles autorités municipales disent la vérité aux populations. Cotonou ne peut pas être meilleure dans 20, 30, 50 ans. Le président Nicéphore Soglo, quand il était aux affaires, a sollicité les Néerlandais pour des études. A l’époque, on parlait de 200 milliards de dollars pour sortir la ville de l’eau. Trente ans après, on imagine un peu ce qu’une telle action peut coûter. A l’avènement de la décentralisation, il y a eu des promesses démagogiques avec le programme 3Ci (Cotonou en campagne contre les inondations). On a injecté des milliards, mais cela n’a donné aucun résultat. Donc, ce n’est pas des actions isolées comme le curage des caniveaux qui vont sortir la capitale économique de l’eau. Avec les travaux d’asphaltage lancés par le gouvernement, le maire Luc Atrokpo a l’occasion en or de tenir un langage de vérité aux populations. Il doit dire aux Cotonois que chaque fois qu’il va pleuvoir, il y aura toujours inondation à Cotonou. En dehors de cela, il faut que les chefs d’arrondissement, les chefs quartier essaient de combattre ceux qui ont construit dans les baffons et qui mettent des balises pour empêcher l’eau d’aller vers leurs nids habituels. A terme, il faudra penser quitter Cotonou dans cinquante (50) ans. Il faut anticiper. Il drainer les politiques urbaines ailleurs. Porto-Novo par exemple. Il faut élaborer un plan d’urbanisation de la capitale ; lui donner ses attributs comme souhaité lors de la Conférence nationale de 1990. Car, si le pôle administratif était resté à Porto-Novo, on n’aura pas les problèmes d’urbanisation qu’on a actuellement à Cotonou.

 

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