Installation d’un cadre de concertation pour une prétendue restauration de la démocratie et de l’Etat de droit au Bénin:Soglo ou l’amnésie facile

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(Comment celui qui a mis la démocratie à l’épreuve à plusieurs reprises peut prétendre la restaurer ?)

A l’occasion des 31 ans de la Conférence des forces vives de la Nation, des acteurs de la société civile et politiques ont mis en place dimanche 28 février 2021, un cadre de concertation pour une prétendue restauration de la démocratie et de l’Etat de droit au Bénin. Au cœur de ce projet, l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo, prend une part active. Comment celui qui a mis la démocratie à l’épreuve à plusieurs reprises peut-il prétendre la restaurer ?

Au Bénin, ceux qui s’érigent en défenseurs de la démocratie le sont-ils réellement ? Incarnent-ils effectivement les valeurs démocratiques au point de prétendre la restaurer ? Absolument pas ! Et l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo, est la preuve palpable de ce que les donneurs de leçons d’aujourd’hui ne sont pas, en réalité, des exemples. Une incursion dans le passé de l’ex-chef de l’Etat édifie davantage. En effet, élu à l’issue de la Présidentielle de 1991, Nicéphore Soglo, sur qui tous les espoirs se reposaient, a fait preuve de beaucoup de maladresses dans la conduite des affaires publiques. L’histoire politique béninoise renseigne que sa gouvernance n’a pas du tout été catholique en matière de pratique démocratique. Acte 1. Alors que la Conférence nationale a préconisé la mise en place de la Cour constitutionnelle en remplacement du Haut conseil de la République (Hcr), il n’a pas voulu respecter cet engagement. Ses tergiversations sur le sujet ont alors amené Monseigneur Isidore de Souza à démissionner du Haut Conseil de la République qui totalisait plus de 36 mois alors qu’il était censé déposer le tablier après 12 mois. Cela a obligé Nicéphore Soglo à prendre les actes consacrant cette Institution. Acte 2. Ce qu’on retient aussi des 5 années de Nicéphore Soglo, ce sont les relations conflictuelles qu’il entretenait avec les autres Institutions. L’Assemblée nationale en particulier. On se souvient encore de ses bras-de-fer avec le président du Parlement, Adrien Houngbédji. Leurs relations étaient si tendues au point qu’il a refusé l’autonomie financière à la Représentation nationale. Inutile de rappeler ce que l’aide de camp du président de l’Assemblée nationale a eu comme malheur au cours d’une réunion au Palais de la Présidence. Inutile aussi de rappeler les manœuvres de Paoletti Béhanzin dont le groupe parlementaire « Le Renouveau » a voulu éjecter le président du Prd du perchoir. Acte 3. Démocrate chevillé au corps, Nicéphore Soglo a quand même refusé de faire son discours sur l’état de la Nation. Acte 4. Ayant perdu l’élection présidentielle de 1996, il n’a pas voulu passer service à son successeur. Et dans l’histoire politique béninoise depuis 31 ans de pratique démocratique, il est le seul chef d’Etat sortant à n’avoir pas reconnu sa défaite. Bref, si ce sont des valeurs démocratiques faites d’arrogance qu’il entend restaurer, cette entreprise ne saurait prospérer. Les temps ont changé.

 

Abdourhamane Touré

 

Le vrai visage de l’ancien président

Durant son quinquennat, les institutions de la République étaient bafouées et vouées aux gémonies. Il en a été ainsi de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle; même l’un de ses soutiens démocratiques a dû prendre ses distances d’avec lui : Monseigneur Isidore de Souza. Sur le plan politique c’est l’homme de l’injonction de Goho en 1994 : « si vous n’êtes pas avec nous vous êtes contre nous », se mettant ainsi à dos une partie de ses alliés, obligeant l’autre partie à rallier le parti de son épouse, La Renaissance du Bénin (Rb)….Il a promis de faire rendre gorge aux fossoyeurs de l’économie nationale. Il n’en a rien été…Battu par les urnes en 1996 par son prédécesseur qui deviendra également son successeur, Nicéphore Soglo a fait feu de tout bois pour empêcher la proclamation des résultats, s’en prenant à son fantôme : la « Françafrique ». Cinq ans plus tard, encore candidat contre Mathieu Kérékou pour une ultime confrontation, il abandonna la compétition au second tour, prétextant de prétendues fraudes, entraînant Adrien Houngbédji, le 3ème, dans sa logique et obligeant le 4ème, Bruno Amoussou, à affronter Mathieu Kérékou, dans ce que les médias ont appelé « Match amical ». Voilà le Soglo.

  1. T.

 

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