José Tonato à propos de la salubrité du Grand Nokoué:« Le projet va au-delà du ramassage des déchets solides ménagers »

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Le projet de modernisation de la gestion des déchets solides ménagers dans le Grand Nokoué a été lancé le vendredi 08 février 2019, à Cotonou. Occasion pour le ministre du Cadre de vie et du développement durable, José Tonato, d’insister sur la pertinence du projet pour la salubrité des cinq communes du Grand Nokoué. Lire sa déclaration. 

« Je voudrais apporter un correctif dans la dernière présentation pour dire que les dix milliards annoncés pour la première année ne comprennent pas l’investissement massif qui sera fait pour le matériel roulant lourd qui dépasseégalement dix milliards. Nous sommes presque à la fin d’un long processus fait d’impatience de frustration  et d’exigence de qualité. Il est fondamentalement marqué par la volonté politique au niveau le plus élevé de l’Etat d’offrir à nos concitoyens de l’agglomération du Grand Nokoué un systèmeperformant de gestion des déchets et de salubrité urbaine. Certainement un des plus optimisés de la sous-région ouest-africaine. Comme nous le savons tous, le Programme d’actions du gouvernement a inscrit au cours de son action sous le pilier 3 et l’axe stratégique 7, l’amélioration durable des conditions de vie des Béninois dans une logique de préservation de l’environnement, de modification pérenne des comportements et des espaces pour une amélioration progressive, mais effective du cadre de vie des populations. Le projet de modernisation de la gestion des déchets et de la salubrité urbaine du Grand Nokoué que nous avons l’honneur et la joie de lancer porte cette ambition suivant une approche intégrée qui ambitionne de résoudre durablement la problématique de la salubrité et d’hygiène dans les cinq communes : Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Ouidah et Sèmè-Podji.La salubrité urbaine couvre trois composantes principales. La collecte et l’évacuation des déchets, donc au premier point la propreté de nos villes, le balayage et le désensablement des voies, l’évacuation des eaux.Dans nos principales agglomérations, ces trois composantes présentent des dysfonctionnements importants. Les villes s’étant développées ces dernières années dans un contexte généralisé. Nous connaissons le tableau peu reluisant en ce qui concerne la gestion de la salubrité urbaine. Notre agglomération, vous avez entendu le maire de Cotonou, parce que la ville est un grandréceptacle, a touché les profondeurs de l’insalubrité. Nos rues sont ensablées, caniveaux bouchés, collecteurs et abords des rues envahis par des herbes sauvages, terre-pleins centraux jonchés de détritus ménagers, prolifération des dépotoirs sauvages, encombrement des plans d’eau par des déchets de toutes sortes venant particulièrement de la gestion de nos marchés, que dis-je de l’absence de gestion de nos déchets que génèrent nos marchés, déchets notamment plastiques, désabonnements massifs des populations des systèmes de pré-collecte des derniers temps. En général, la propreté d’une cité est un indicateur objectif de bonne gouvernance. Grace aux mesures transitoires radicales prises par le gouvernement appuyé par les interventions vigoureuses du Procureur de la République près le Tribunal de Cotonou pour situer les responsabilités à tous les niveaux, l’état de la salubrité urbaine montre progressivement des signes d’amélioration perceptibles dans notre métropole. Le nouveau dispositif qui est proposé intègre donc entièrement le volet salubrité urbaine notamment le désensablement des rues, le désherbage des accotements, le curage des caniveaux et des grands collecteurs et une composante contrôle. Vous avez compris que le projet de modernisation de la gestion des déchets de salubrité dans le Grand Nokoué va au-delà du simple dispositif de ramassage des déchets solides ménagers. La composante « assainissement pluviale » est déjà prise en charge par le projet d’assainissement pluvial et de résilience urbaine en phase de démarrage avec l’appui de la Banque mondiale et de cinq autres partenaires multilatéraux et bilatéraux, notamment la Bad, la Boad, l’Afd, la Bui et la Bid. Elle est avantageusement complétée par la construction d’une station de traitement des boues de vidange à Sèmè-Podji dans le cadre du Peprautoujours avec la Banque mondiale. Mesdames et messieurs, j’ai annoncé à l’entame de mon propos que le parcours a été relativement long, études d’impacts environnemental et social, modélisation économique pour vérifier la soutenabilité du dispositif, plusieurs appels d’offre, mise au point d’un dispositif institutionnel et de gouvernance adapté aux exigences de notre contexte, identification d’un partenaire technique de référence de grande expérience internationale, pré-selection de prestataires compétents, mise au point d’une Convention spécifique adossée à une Convention cadre qui permet à l’Etat et aux communes de gérer convenablement et ensemble la filière. La complexité du sujet justifie le temps que nous avons pris à définir ce dispositif  opérationnel le plus adapté à nos contraintes et à notre contexte socio-culturel.

 

Plus de 3000 emplois créés

 

Vous l’avez compris, trouver les meilleurs opérateurs, imaginer un dispositif soutenable pour toutes les parties prenantes, y compris les usagers, veillez à mettre en place des conditions pour en garantir la pérennité, créer des emplois décents, plus de 3000 emplois en perspective ont été des préoccupations constantes pour toute l’équipe qui a travaillé, mais aussi au plus haut niveau. Oui, je dois le dire. Vous le savez certainement, le chef de l’Etat, Patrice Talon, a personnellement orienté notre réflexion pour superviser nos travaux. Je l’y témoigne respectueusement la profonde gratitude de notre équipe. Aujourd’hui, nous avons uns société publique de gestion dans laquelle l’Etat partage la responsabilité avec les communes, avec un partenaire technique de référence, qui aura la charge d’administrer la société et le projet  pour notre compte. Je salue l’engagement de ce groupe à nos côtés et leur présence effective parmi nous aujourd’hui. Les investissements importants, on a annoncé les chiffres qui permettent de densifier le réseau des fondateurs volontaires, des points de regroupement, des centres de transfert, de réhabiliter, d’étendre et de mettre aux normes internationales le lieu d’enfouissement sanitaire de Ouèssè et de Takon, d’acquérir une flotte de camions, le matériel roulant lourd, d’équiper les structures de pré-collecte de tricycles motorisés, mais aussi de mettre en place un système informatique électronique de suivi et de contrôle. Mesdames et messieurs, chers invités !Nous sommes convaincus que ce projet ne saurait atteindre ses objectifs sans une adhésion de tous, en première ligne, les équipes municipales et communales qui gèrent nos cités. Je salue avec enthousiasme leur premier responsable  qui procède au lancement du projet ce jour à nos côtés. Nous tous,  les usagers de la ville, vecteurs de communication, non pas pour régler la question  de la salubrité de notre environnement de façon conjoncturelle, mais pour contribuer à modifier durablement notre pratique urbaine. Vivre en ville est une culture. Les déchets jusqu’alors vus comme une calamité à subir deviendront d’ici quelques années une opportunité de développement économique pour le Bénin, au premier bénéfice des villes concernées. Je voudrais exhorter tous les acteurs à considérer ce projet comme une cause commune afin que nous puissions relever le défi du mieux-être et du mieux vivre ensemble ».

 

Propos recueillis par JPM

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