José Tonato sur l’aménagement du Cadre de vie en 4 ans:« Nous travaillons pour le désenclavement des périphéries urbaines »

0
1011

En décembre 2016, lorsque le gouvernement lançait son programme quinquennal d’actions de projets liés au cadre de vie, on a tôt fait de croire à des mirages. Asphaltage des rues ordinaires, logements sociaux à l’échelle inédite jamais planifiés dans notre pays, marchés urbains modernes, gestion des déchets urbains révolutionnaire intégrant pour la première fois une conurbation, le Grand Nokoué. Un combat titanesque. Quatre ans après, le ministre en charge du Cadre de vie, José Tonato fait un bilan.

Quel a été l’état des lieux en 2016 à votre arrivée en ce qui concerne votre secteur ?

 

José Tonato : Parler de l’état des lieux en très peu de temps serait un exercice très difficile. Mais je vais essayer de résumer en quelques minutes. Ce qui a servi de base à l’élaboration de ce que nous avons appelé le Projet de société Nouveau départ parce qu’il a fallu faire l’état des lieux dans l’équipe qui était autour du président Talon pour définir en ce qui concerne le cadre de viequelles étaient les actions prioritaires, urgentes à engager. Vous savez, le département du cadre de vie est un département très intégrateur qui comprend les secteurs importants comme : l’aménagement du territoire, le développement urbain, l’habitat, l’environnement et les eaux et forêts. Ce qui concerne notre cadre de vie à l’échelle de l’aménagement du territoire, c’est le défi de l’infrastructure. Il y avait un gap en termes d’infrastructures de toutes sortes interurbaines, intra urbaines… de différentes natures, routières et consorts. C’est ce gap que nous avons dressé pour élaborer le projet de société. Au niveau du secteur urbain, il faut regarder trois champs :

 

 le champ de la planification urbaine. Vous savez, pour conduire un développement urbain en un lieu, il faut vous fixer un objectif. Il faut avoir une vision. Donc ce qu’on appelle le Master Plan dans d’autres pays. Aucune de nos villes n’avait un plan directeur clairement adressé. Il n’y avait aucune réflexion projetée sur l’avenir, et donc difficilement, les actions d’aménagement de construction de la voirie, l’assainissement des infrastructures en général, étaient des actions un peu parsemées, au coup par coup et sans cohérence.

 

 Dans le secteur de l’environnement, la résilience était pratiquement en lambeaux. Vous avez vu par rapport à la protection côtière, c’était un désastre à l’Est de Cotonou. Par rapport à l’inondation, n’en parlons pas. Une vague de deux séries d’inondations qui venaient plonger nos populations dans un drame inouï, donc le volet inondation fragilisait nos contrées. Voilà un peu de façon sommaire, l’état des lieux sans vouloir aborder.

 

– la question de la gouvernance qui est une question fondamentale en matière de cadre de vie car  qui est-ce qui fait la planification, qui fait la mise en œuvre des infrastructures ? C’est l’institutionnel qui pose les bases et donc de la maintenance. Or la maintenance dans nos villes n’est pas une culture. C’est donc dans cet environnement de gaps, de manque sur plusieurs plans en matière de planification, en matière d’infrastructures, en matière de gouvernance que nous avons attaqué la mise en œuvre du Pag.

 

Alors justement, par rapport à cela déjà en 2017, il y avait des maquettes qui étaient présentées aux populations, et on vous taxait de gouvernement maquettes. C’est sûr que vous avez souffert de cela…

 

Oui mais les maquettes avaient quand même un avantage. Elles démontraient qu’il y avait des études sérieuses qui se font avant de passer à la dimension réelle. Je parlais tantôt d’ambition, de planification, de vision. C’est cela la maquette. Elle a beaucoup manqué dans ce pays et c’est ce manque qui est à l’origine des éléphants blancs que nous avons tous condamnés. Mais les maquettes empêchent la perte de temps et le gaspillage de temps. Vous savez, l’urbaniste est professionnellement formé pour ne pas cueillir les fruits de son labeur, de son intervention. Le fait de ne pas les voir n’est pas une frustration. On est convaincu que dans 50 ou 100 ans les résultats seront là. Et par rapport à la vision stratégique que le Chef de l’Etat a conduit dans le secteur de cadre de vie, nous parlons aujourd’hui du projet asphaltage mais je puis vous dire que, grâce à la position que j’occupe aujourd’hui, le projet asphaltage est peut-être 10% de ce qu’on va commencer à voir à partir de maintenant parce tous les projets ont atteint un niveau de maturité. Certains sont en appel d’offres, d’autres sont déjà passés, des contrats sont signés, les chantiers démarrent. A partir de maintenant jusqu’à plusieurs mois devant nous, cela doit être l’émergence, la visibilité au niveau des différents projets, que nous allons conduire et nous allons en parler.

Alors, aujourd’hui, beaucoup de villes changent de visage. Aujourd’hui, vous vous dites que ce que vous avez commencé se concrétise ?

 

C’est un peu le sentiment qui nous anime aujourd’hui. Vous savez, le projet asphaltage dans le langage technique est un projet d’aménagement urbain et d’assainissement pour canaliser tout ce qui est inondation. Le projet Asphaltage est un nom. Vous savez « asphalt » est différent du goudron. C’est pour stigmatiser la qualité où nous voulons porter l’aménagement urbain et le cadre de vie. C’est pour cela que nous avons saisi au bond un nom que le Chef de l’Etat a donné au projet d’aménagement. C’est de l’aménagement urbain, le revêtement, la voirie, l’assainissement d’un certain nombre de lots spécifiques complémentaires comme l’éclairage public. Nous avons plus de 15.000 lampadaires solaires sur plus de 195 km de voirie qui constituent la première phase.

 

Ce n’est pas encore visible

 

Les marchés sont passés. Pour ceux qui ont vu la voie qui desserre le site du pèlerinage d’Ekpè, les lampes sont posées. Toutes les voies asphaltées aujourd’hui bénéficieront d’éclairage publicsolaire, sans oublier les espaces verts, les alignements d’arbres et les équipements de sécurité routière comme les feux tricolores, les panneaux d’information des populations. Enfin, le dernier qui concerne le mobilier urbain à savoir les banquettes et les poubelles dans les zones où il y a des délaissés de voirie pour permettre de faire ces aménagements.Tout ceci dans les 9 villes sélectionnées. Bref, le projet asphaltage, c’est de la voirie, c’est de l’assainissement et c’est tout l’agrément en termes d’éclairage, d’espaces verts, de sécurité et de mobiliers urbains.

 

Tout cela sera prêt avant 2021 ?

 

Aujourd’hui, la date du dernier lot, qui est le lot le plus long, celui de Porto-Novo, doit finir d’ici octobre 2020. Tous les autres lots arrivent à leur fin en juin 2020. Et en juin 2020, à Cotonou, à Sèmè-Podji, à Bohicon, à Abomey, à Lokossa, à Parakou, à Natitingou, vous verrez le projet Asphaltage dans sa forme finalisée. 

 

Monsieur le ministre, Porto-Novo qui a fait peau neuve à l’instar de 8 autres villes sélectionnées. Pourquoi cet engouement pour Porto-Novo ?

 

C’est vrai. Je vous remercie d’avoir choisi Porto-Novo parce que pour nous, Porto-Novo est emblématique.  Porto-Novo doit recouvrer les attributs d’une capitale.  Et ça devient concret. Cette transformation comme vous le dites, se passe dans 9 villes du Bénin. Si je prends Cotonou, il y a des zones qu’on n’a pas pensé attaquer et depuis, les populations étaient à mille lieux de penser qu’on pouvait aménager ces zones. L’exemple du bas-fond de Vodjè en allant vers Agontinkon, le basfond d’Akpakpa dans la zone de ciné Concorde… On travaille sur des axes structurants pour aider au décongestionnement, désenclavement des périphéries urbaines. C’est cela le développement. Au-delà de l’acte d’aménagement, vous êtes d’accord avec moi que le projet asphaltage est un acte qui dope l’économie urbaine. Simplement ça commence par le foncier, quand vous rénovez la voie quelque part, le foncier prend de valeuret les activités économiques se développent.

Au plan social, nous sommes déjà à plus de 10.500 emplois créés. Sur les 222 milliards de FCfa du projet, dans sa première phase, nous avons déjà décaissé 122 milliards FCfa. Et aujourd’hui, le projet est à un niveau d’avancement global de 80%. C’est un projet qui structure vraiment le paysage de nos villes. Et comme les villes sont les pôles de développement de notre territoire, l’agenda spatial du Bénin qui est le schéma d’aménagement du territoire, devient une réalité puisque les villes riches, ce sont des hinterlands plus riches, c’est la production qui est dopée et si on combine le projet Asphaltageavec l’aménagement des voies interurbaines que conduisent nos collègues du ministère des infrastructures, vous êtes d’accord que ce n’est pas un hasardsi le Bénin en moins de 3 ans a pris la tête des producteurs de coton. Tout cela est lié. Le Pag, c’est un ensemble, je voudrais simplement dire que le projet asphaltage en lui tout seul résume l’ambition que le gouvernement porte et quele Président Talon porte également pour notre pays, le Bénin et que je résume en une seule phrase : rien n’est trop beau, rien n’est trop grand pour le Bénin, nous aussi nous méritons un cadre de vie qui soit digne de nous et qui facilite le développement de notre pays et de nos activités.

 

Pour ce qui est de votre secteur, vous avez engagé une série d’actions dans le Grand Nokoué. Démarrons par l’aménagement des berges lagunaires.

 

Vous verrez dans le fil de développement que tousles projets sont liés, complémentaires. Le projet qui a permis de rendre salubre la berge lagunaire de Cotonou fait partie d’un autre projet beaucoup plus grand qui est le projet de modernisation et de gestion de déchets dans le Grand Nokoué. Ce projet a plusieurs composantes dont la salubrité qui a déjà commencé. Aujourd’hui, les Cotonois voient que leur ville est beaucoup plus propre avec des voies balayées et désensablées. Il faut rappeler que ce n’est pas Cotonou seul. On peut citer Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et même les voies interurbaines comme Cotonou-Lomé, Cotonou-Bohicon… Aujourd’hui, les gens constatent que ces voies sont subitement devenues propres parce que 2 ou 3 fois par semaine, il y a des gens qui balayent, qui désensablent. Ça c’est le volet salubrité.

Ce que vous avez vu sur la berge de Dantokpa, participe d’une autre composante appelée la destruction des points noirs. Les points noirs sont les dépotoirs sauvages qui se sont accumulés dans l’agglomération de Cotonou et environ durant ces 10 dernières années parce que de la collecte à la gestion des déchets, tout a été défectueux. Donc nous avons décompté plus de 1.000 dépotoirs sauvages dans le Grand Nokoué dans le cadre de ce projet. Certains dépotoirs sont au bord de la lagune et polluent les produits halieutiques provenant de la lagune. Vous n’êtes pas sans savoir que les crevettes du Bénin, ne vont plus à l’Union européenne à cause de la pollution…

Comme le projet contournement Nord a un volet qui prévoit l’aménagement d’une corniche et d’une voie lagunaire pour permettre que le bord de la lagune de Cotonou, comme dans tous les pays où les gens pensent bien ces choses, soit aménagé, qu’on puisse développer des commerces comme les restaurants, les hôtels, … donc c’est en prévision du démarrage des travaux d’aménagement de la voie lagunaire que nous avons immédiatement attaqué la berge lagunaire de Dantokpa. Sur cette berge libérée grâce au génie militaire, nous ne permettrons à aucune activité de la salir à nouveau. Actuellement une clôture grillagée est en cours pour empêcher son accès.

 

Le marché Dantokpa restera toujours là ?

 

Pour l’instant, il restera là. Mais après cela partira. Quand nous serons sur le programme des marchés, je vous expliquerai comment sera organisé le départ. Mais pour le moment, le marché restera jusqu’à l’organisation de son départ. Vous savez, le président Talon a dit qu’aucun marché ne sera déplacé tant que le dernier usager ne trouve une nouvelle place dans le nouveau marché ou espace qui doit l’accueillir. Donc cette berge, en plus de la clôture grillagée et de la voirie qui va la longer, nous avons positionné des bacs pour permettre aux usagers du marché de ne plus aller jeter les ordures dans la lagune. Il faut dire que ces bacs sont relevés quotidiennement pour empêcher leur saturation.

 

On a l’impression qu’on n’a pas enlevé toutes les ordures avant de mettre du sable jaune ? Cela ne va pas créer d’autres problèmes après ? L’autre chose, l’autre côté de la berge est toujours insalubre, pourquoi ?

 

C’est vrai qu’on n’a pas tout enlevé. Mais il y a une étude technique conduite par Esgis sur la voie sur la berge. Cette voie est callée à une hauteur donnée. Il a été aussi démontré que compte tenu du fait que les déchets ont été entassés pendant plusieurs années, il ne sera pas nécessaire de tout enlever. Si on enlevait tout, le poids du remblais sera exorbitant. Par contre, on peut facilement contenir ce qui est en-dessous avec un mur de soutien qui est prévu par le projet avant de construire la berge. Voilà pourquoi, nous avons donné une côte précise au génie militaire pour arrêter l’enlèvement des déchets avant de mettre la terre.

L’autre côté constitue la 2e phase de ce projet qui sera bientôt entamée. Puisque de l’autre côté, il y a une voie qui passe et que nous avons appeléebarreau qui sera dédiée au transport des poids lourds qui quitteront directement le port autonome de Cotonou pour rejoindre le contournement Nord par le biais d’un pont aménagé à cet effet. Pour ce qui concerne la date de démarrage de ces travaux, mon collègue des infrastructures vous en dira plus. Quant au nettoyage c’est le ministère du cadre de vie qui le fera dans un bref délai.

 

Quand on parle de Cotonou, on doit parler aussi des inondations. Vous avez lancé un programme important, l’assainissement pluvial. Où en est-on ?

 

Quand le président Talon est arrivé en 2016, on disait que l’échéance la plus proche qu’on avait pour finaliser la question des inondations, c’est 2038. Donc, pour finaliser le plan d’assainissement pluvial de Cotonou, dans le meilleur des cas, nous devrions aller jusqu’en 2038. Le taureau a été pris par les cornes. Nous avons finalisé toutes les études techniques. Nous sommes allés à une table ronde des bailleurs le 17 janvier 2018. Nous avons mobilisé 2138 milliards de Francs Cfa avec 6 partenaires différents. Le lead est tenu par la Banque mondiale. Il y a la Banque africaine de développement, la Banque ouest-africaine de développement, la Banque européenne d’investissement, la Banque islamique de développement, et puis l’Agence française de développement. Nous avons 6 bailleurs qui nous ont aidés à rassembler les 2138 milliards. À la date où je vous parle, toutes les études techniques et tous les Dao sont prêts. À la date où je vous parle, on est en train de finaliser le recrutement de l’agence de maîtrise d’ouvrage déléguée qui est conduite sous le contrôle de la Bei ; et dans le 3e trimestre et le 4e trimestre de cette année, les appels d’offres vont partir. Ça veut dire que, sur l’ensemble des bassins de la ville de Cotonou, nous allons lancer les appels d’offres, et que les travaux vont démarrer de façon progressive. Le plan d’assainissement pluvial de Cotonou, à partir de fin 2020, va durer 6 ans de travaux.

En dehors des dizaines de kilomètres d’ouvrages d’assainissement, en plus de ce qui se fait aujourd’hui en asphaltage, ce plan comporte également 60 kilomètres de voirie aménagés dans le cadre du plan national. Toujours pour la ville de Cotonou, le linéaire aménagé va s’accroître. Quand on parlait d’asphaltage, je n’ai pas mentionné que nous sommes déjà en train de préparer, sur les instructions du chef de l’État, la phase B. On a dû passer, en 3 phases, le projet asphaltage. On voulait le passer en 2, mais la circulation serait très difficile à gérer dans nos villes si on bloquait la moitié de la ville pour le projet asphaltage. Donc, on a dû découper en 3. On prend le tiers, on laisse circuler les gens, c’est plus facile d’aménager les voies de déviation. Mais nous préparons déjà la phase B qui va démarrer dès la fin de la phase A. Voilà un peu comment ça s’enchaîne entre l’assainissement pluvial et le projet asphaltage. Vous allez peut-être me demander : « Mais, et l’assainissement des autres villes qui reçoivent le projet asphaltage ? ». On a ce qu’on appelle Pap (plan d’assainissement pluvial des villes secondaires). Nous sommes très avancés avec la Banque africaine de développement pour que, de façon parallèle, on démarre également l’assainissement de ces villes secondaires. L’asphaltage a pris en charge une partie de cet assainissement parce que si vous faites une voie et que vous ne l’assainissez pas, elle ne va pas durer. Mais nous avons déjà anticipé, et avec la Bad, très bientôt, avant la fin de cette année, nous aurons un Pap villes secondaires pour combler le gap d’assainissement pluvial dans ces villes qui sont déjà prises en compte par le projet asphaltage.

 

Monsieur le ministre, ouvrons maintenant le chapitre de protection de la côte à l’est de Cotonou et justement plus tard le segment ouest et Avlékété.

 

Je pense que ça a été mon tout premier chantier très chaud. J’étais dans la toute première semaine en avril 2016 quand, à cause de la détresse des populations d’Akpakpa, le président Talon m’a instruit avec mon collègue Sacca Lafia pour aller regarder et prendre des engagements. Le 1er projet, dans sa 1re phase, avait été mal fini. On n’avait pas finalisé la consolidation des épis. On n’avait pas rempli les caissons qui étaient entre les différents épis. De ce fait, la mer a recommencé ses dégâts de plus belle. Pour stopper ça, nous avons pris le taureau par les cornes, nous avons finalisé les études, nous avons levé le financement ; et l’engagement qu’on a pris avec les populations, c’était que, dans un délai d’un an (personne ne nous croyait le jour-là. On nous avait même hués, et on comprenait très bien). Mais avant ce délai d’un an, nous avions inauguré la protection côtière à l’est de Cotonou. Tout le monde a vu le 15 février 2018 le président Talon lui-même sur le terrain pour aller voir si tout se passait bien, donner de nouvelles instructions. C’est ça qui a donné vie au lac marin de Donatin, puisque-là aujourd’hui ce ne sera plus de la protection côtière parce que ce qui permet la soutenabilité de la protection côtière, c’est l’aménagement balnéaire, c’est le développement du tourisme; et aujourd’hui, après le lac marin, nous voulons faire une marina pour que le programme hôtelier qui va se développer sur l’ancien espace du Plm Alédjo puisse disposer d’infrastructures balnéaires importantes dignes de drainer les touristes de la sous-région et du monde entier. Donc, à ce niveau, la protection côtière est terminée.

Sur Avlékété, nous sommes passés de 4 à 5 kilomètres de digue parce que la demande est très forte. À chaque fois que le président descend sur le terrain, les projets prennent une autre envergure. Nous sommes passés également à un aménagement confortatif pour créer un véritable lac marin parce que tout le monde le sait, mon collègue du Tourisme vous le dira, le Club Med a déjà signé avec nous. Il y a une autre chaîne internationale très connue dans le monde asiatique et consorts, qui fait des resorts 5 étoiles, qui a déjà signé avec nous. Nous avons beaucoup de demandes. Du coup, on renforce l’investissement qui a été fait au niveau de ces digues. C’est ça qui attire, c’est un investissement qui est à mi-chemin entre Cotonou et tous les investissements touristiques qui se font à Ouidah, avec la Route des Pêches que vous connaissez déjà et qui a été faite par les collègues du ministère des Infrastructures et des Transports, qui va être prolongée jusqu’à la porte du non-retour, qui va continuer après la porte du non-retour jusqu’à Casa Del Papa et avoir une extension en direction de la zone de la Bouche du Roi. Vous savez qu’on ne peut pas traverser la Bouche du Roi, simplement parce que c’est un site Ramsar. C’est un site protégé de la biodiversité. Il y a des règles qu’il ne faut pas transgresser. Donc, par rapport à ça, nous sommes en train d’étudier les aménagements qu’il faut faire pour développer également le tourisme dans cette zone. Il reste seulement le 3e segment ; le segment ouest que nous partageons avec le Togo et qui est dans un programme régional Waca dont également les études sont terminées, et dont les travaux vont démarrer si tout va bien dans le dernier trimestre de 2020.

 

Monsieur le ministre, nos populations (étaient) hier tristes. Aujourd’hui, elles sont joyeuses de voir quand même que notre côte est plus ou moins protégée, et qu’il y a d’engraissement

 

Je suis heureux de le constater. Et comme je le disais, l’asphaltage, c’est 10% de visibilité. Nous travaillons pour le maximum de visibilité. On fait pareil dans le domaine des logements, dans le domaine des marchés, et dans le domaine des cités administratives, et autres. Nous accompagnons tous nos collègues qui sont dans le domaine du sport, de la culture pour des travaux de qualité. La marque de fabrique du président Talon, c’est une bonne planification et des travaux de qualité. L’exigence dans le contrôle ! Cela, tous ceux qui travaillent aujourd’hui, les entreprises comme les missions de contrôle ont dû l’apprendre à leurs dépens, que ceux qui ne font pas bien leur travail sont remerciés, sans ménagement, que ce soit Béninois ou étrangers, nous n’avons pas d’état d’âme ; et le président est extrêmement exigeant. Nous allons vers des travaux qui vont tripler, quadrupler la durée de vie de nos infrastructures. Anecdotiquement, les gens parlent déjà de l’épaisseur du goudron Talon qui est différent des autres goudrons par exemple.

 

(Suite dans notre prochaine parution)

 

Abdourhamane Touré

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here