Joseph Djogbénou, un homme averti à l’œuvre

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A quelques semaines de la tenue de la Présidentielle du 11 avril 2021, certains entretiennent une vaine polémique autour des décisions de la Cour constitutionnelle. Ils évoquent notamment l’impartialité du président Joseph Djogbénou à rendre les décisions. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, c’est juste pour embrouiller l’opinion. Lire ci-dessous des extraits de son analyse sur la chaîne de télévision E-télé, hier dimanche 21 février 2021, où il estime que Joseph Djogbénou est un homme averti.

 

« …Concernant les différentes décisions de la Cour constitutionnelle, il y a beaucoup de malentendus qu’il importe de clarifier. De bonne ou de mauvaise foi, beaucoup font ces jours-ci des procès d’intention à la Cour Djogbénou. Ils mettent en doute son impartialité évoquant sa proximité avec le président de la République, Patrice Talon. A mon avis, il s’agit d’un faux procès qui lui est fait. En effet, le président Joseph Djogbénou, bien qu’ayant été l’avocat personnel du chef de l’Etat et son ministre de la Justice, cela n’entache nullement sa crédibilité et son impartialité à rendre des décisions conformément à la Constitution. Il a les qualités requises pour diriger la Haute juridiction. Ancien député et président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, il est aussi un professeur agrégé de droit. Il a aussi le mérite d’avoir écrit sur la Cour constitutionnelle avant d’y être aujourd’hui. C’est donc un homme averti qui est à l’œuvre… »

 

Une pratique courante

 

« …Pour la gouverne de ceux qui alimentent cette polémique, il convient d’indiquer que c’est une pratique courante et conforme aux textes qu’un chef d’Etat positionne un de ses proches à la tête d’une aussi prestigieuse institution. En France, Jean-Luc Debré, un proche de Jacques Chirac, a été envoyé au Conseil constitutionnel. Il en est de même de Pierre Joxe qui était un ministre de François Mitterrand. Au Bénin, en 1990, par exemple, le président Mathieu Kérékou a nommé Amédée Houndéton, un de ses proches, comme président de la Cour suprême. Le président Boni Yayi a nommé Saliou Aboudou, son directeur de campagne, comme président de la Cour suprême. Il a fait dix ans. En ce qui concerne la Cour constitutionnelle, le président Mathieu Kérékou a envoyé manu militari Conceptia Ouinsou en remplacement de Elisabeth Pognon en 1998. Elle a fait dix ans avec à la clé cette notion de « consensus à valeur constitutionnelle ». Aux Etats-Unis, jugée grande démocratie au monde, ce ne sont pas les adversaires politiques qu’on nomme à la Cour suprême. C’est pour dire que quand les textes vous demandent de nommer, vous ne devez pas exclure d’office ceux que vous connaissez… »

 

Fonctions originelles

 

« …Cela n’a pas de sens de s’en prendre à la personne de Joseph Djogbénou. Bien au contraire, il faut le féliciter, car il est en train de ramener la Cour constitutionnelle dans ses fonctions originelles. Il s’agit du contrôle de constitutionnalité, de la régularité des élections, du contentieux lié aux élections, de la régulation des institutions, du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de la préservation des droits de l’homme. C’est encore cette Cour qui a innové avec les audiences publiques qui permettent le débat contradictoire. Ce qui n’était pas le cas avant. Les sages s’enfermaient un peu comme dans un couvent pour prendre leurs décisions… »

 

Le gardien de la maison

 

« …En réalité, la Cour constitutionnelle est comme un gardien à qui on confie sa maison. Il n’est donc pas autorisé d’y bâtir encore moins de repousser les limites de la clôture. Son rôle est simplement de garder la maison contre l’agresseur. Malheureusement, les Cours précédentes ont extrapolé cette mission par l’interprétation large qui installe une sorte d’insécurité juridique. Une interprétation sur la base de laquelle des juristes publics d’un certain niveau nous ont sorti la décision 39+1 ; une vraie aberration. Et ce sont ces genres de décisions que le professeur Djogbénou a condamnées dans l’un de ses écrits : « une fantaisie de plus ». Il est donc clair qu’il est fidèle à sa ligne : assurer la constitutionnalité des lois et non la constitutionnalité de la Constitution. Ce faisant, il rassure les juristes publics et les constitutionnalistes… »

POLITIQUE

 

 

Session extraordinaire du Bureau politique de l’Union progressiste

L’Up peaufine sa stratégie de campagne électorale

 

Le Bureau politique de l’Union progressiste s’est réuni le 20 février 2021 en session extraordinaire à Cotonou. A cette importante rencontre qui a connu la participation du duo Talon-Talata, les questions liées à la campagne électorale qui s’ouvrira dans quelques jours ont été passées au crible. Au fur et à mesure que l’on s’approche du 11 avril 2021, les états-majors des différentes formations politiques engagées décuplent les conciliabules pour peaufiner les dernières stratégies et procéder aux ultimes réglages avant le dernier virage. C’est justement dans cette optique que

Cette activité névralgique a connu la participation effective de tous les membres du Bureau politique sous la houlette du président du parti, le président Bruno Amoussou, entouré des autres membres du présidium en l’occurrence le président Abraham Zinzindohoué, le ministre Sacca Lafia, le président de l’Assemblée nationale Louis Vlavonou, et plusieurs autres personnalités influentes de la vague jaune. La stratégie mise en place au sortir de leurs travaux, permettra de dialoguer avec les populations et de leurs expliquer la pertinence du programme de gestion élaboré. Mieux, ce sera l’occasion d’expliquer une fois encore les tenants et aboutissants des choix opérés par le parti au nom de l’intérêt commun. «[…] Nous devons nous organiser parce que nous avons besoin de convaincre nos compatriotes de la nécessité d’une bonne participation à ces élections », a déclaré Bruno Amoussou, président de l’Up.

 

Des débats sur une présumée liquidation de la démocratie

 

Abordant la charpente de l’ordre du jour de cette activité solennelle, le président Bruno Amoussou s’est réjouit de l’hyper-activité de la classe politique au sein de laquelle les différentes puissances politiques s’expriment. Pour lui, quand chacun s’exprime, les opinions diverses s’expriment, les contradictions se développent et se résorbent, c’est que « la démocratie se porte bien», contrairement à ce qu’une partie de l’opposition tente de faire croire à opinion nationale et internationale. Il a exhorté ses camarades progressistes à plutôt se réjouir de cette dynamique qui s’observe sur l’échiquier politique et s’en féliciter. Néanmoins, il a tout de même insisté pour inviter ses camarades à faire la différence entre les expressions des différentes personnalités et de la Société civile surtout en période électorale. « […] Mais lorsque les savants s’expriment pendant la période électorale, ils participent plus à la campagne qu’à l’expression de la science. Lorsque la société civile s’exprime sur des sujets pendant la période électorale, il faut bien sûr considérer que ces expressions sont des expressions d’opinions partisanes », a-t-il clarifié. Comme quoi, à chacune de ses rares sorties, le Renard de Djakotomey, comme se plaisent à l’appeler les membres de la classe politique béninoise et l’opinion publique, remet les pendules à l’heure avec une méthodologie qui lui est propre. Avant d’entrer dans la quintessence même des travaux, il a fait observer une minute de silence en la mémoire de leur camarade colonel Jean-Pierre Babatundé, anciennement député à l’Assemblée nationale, ancien ministre et ancien maire de Kétou, qui n’est plus de ce monde.

 

Le Duo Talon-Talata a pris part aux travaux

 

A cette occasion officielle, les candidats Patrice Talon et Mariam Chabi Zimé Talata, composant le ticket présidentiel de l’Union progressiste à l’élection présidentielle du 11 avril 2021, respectivement aux postes de président de la République et de vice-présidente de la République, étaient de la partie et ont activement participé aux travaux qui se sont déroulés dans une ambiance conviviale et chaleureuse empreinte de solennité et de rigueur. Plusieurs décisions ont été prises et seront rendues publiques dans les jours à venir. En réitérant son engagement aux côtés du ticket présidentiel Patrice Talon et Mariam Chabi Zimé Talata, l’Union progressiste, première force dans le gotha politique béninois, vient lancer les hostilités et ne veut négliger aucune étape dans sa marche et son élan sur le boulevard de la Marina pour la conquête du fauteuil présidentiel en avril 2021. La machine est donc huilée pour une grande razzia électorale au soir du scrutin.

 

Abdourhamane Touré

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