Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux:Le neurologue Octave Wannou à cœur ouvert sur la maladie de l’Avc

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Le Bénin, à l’instar de la communauté internationale a célébré hier jeudi 29 octobre 2020, la Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux (Avc). Comment prévenir les accidents vasculaires cérébraux et quels sont les signes avant-coureurs ? Le neurologue Octave  Wannou en parle dans une interview accordée à la radio Océan Fm. Lire ci-dessous l’intégralité de l’entretien.

Qu’est-ce que l’Avc ?

 

Dr Octave Wannou : L’accident vasculaire cérébral encore appelé Avc, est une maladie neurologique qui survient de manière brutale et qui touche les verseaux du cerveau. L’accident vasculaire cérébrale est communément connu sous le nom d’hémiplégie ou en fon « Assa kou ; Awa Kou ». C’est la première cause de paralysie acquise chez l’adulte et la troisième cause de décès dans le monde.

 

Comment cet accident survient-il ?

L’Avc survient de manière brutale et peut être lié soit à un chaos de sang qui bouche un verseau du cerveau et dans ce cas, le sang ne circule pas bien. On parle d’Avc ischémique soit à une rupture d’un verseau du cerveau et dans ce cas, le sang se répand dans le cerveau et on parle d’Avc hémorragique.

 

Est-ce une maladie fréquente et qui sont ceux qui peuvent être touchés ?

Oui c’est une maladie fréquente. L’Avc est un problème majeur de santé publique dans le monde et surtout en Afrique. Au Benin, il touche 460 à 1156 personnes sur 100.000 chaque année dont la majorité est constituée des sujets jeunes de moins de 60 ans, donc des bras valides.

 

Comment se manifeste l’Avc et quels sont les signes ?

L’Avc se manifeste de façon brutale par une paralysie d’un bras, d’une jambe, une déviation de la bouche, une incapacité ou des difficultés soudaines à s’exprimer, une perte soudaine de l’attention, une diminution très brutale de la vision d’un œil, des céphalées brutales et inhabituelles avec nausées, vomissements. Parfois l’Avc se manifeste par un coma d’emblée grave.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine des Avc ?

Avant d’aborder des causes, il faut parler des comportements et des facteurs de risque que sont l’excès de consommation de sel, de sucre et de graisse, l’inactivité physique, la seule consommation de fruits et de légumes, l’obésité, le tabagisme, l’alcoolisme chronique qui peuvent aboutir à des maladies à risque tels que l’hypertension artérielle et le diabète pour ne citer que celles-là. Pour les causes proprement dites, elles sont nombreuses. Par exemple, pour l’Avc hémorragique, l’une des principales causes, c’est l’hypertension artérielle mal contrôlée et pour l’Avc ischémique, les causes sont essentiellement des maladies du cœur et des vaisseaux.

 

Quelles sont les formes de complication qu’on peut rencontrer ?

L’Avc est une maladie très grave qui tue et qui entraîne une invalidité et une perte  pour la famille et la société. Les complications sont multiples. L’individu peut développer après un Avc, une paralysie définitive, une épilepsie, une dépression, des troubles de la mémoire et du comportement pour ne citer que ceux-là.

 

L’Avc se traite-il ?

L’Avc est une urgence et son traitement dépend du type et de la cause. Toute perte de temps dans la prise en charge entraîne des conséquences dramatiques. Dès que vous ressentez l’un des symptômes de l’Avc notamment une paralysie, une difficulté à parler, une baisse de la vision, des maux de têtes, il faut se rendre immédiatement aux urgences. Certaines personnes peuvent avoir tous ses signes qui vont disparaitre rapidement en moins d’une heure. Ces personnes doivent également se rendre le plus tôt possible à l’hôpital car, c’est souvent un signe annonciateur et il est prouvé que la moitié des personnes qui font l’Avc ont déjà fait des symptômes d’Avc qui ont rapidement disparu. Il existe désormais des médicaments qui débouchent rapidement les vaisseaux bouchés dans le cerveau. Ces médicaments ne sont efficaces que dans les 4h30 qui suivent le premier signe d’Avc et ne peuvent être administrés que dans des unités dédiées spécialisées, notamment ce qu’on appelle dans notre jargon neurologique « des unités neurovasculaires ». Ces unités neurovasculaires, sont en train d’être installés dans les grands centres universitaires du pays. Donc, plus vite le patient se rend à l’hôpital, meilleur sont ces chances de survie. En résumé, dès les premiers symptômes, il faut aller immédiatement à l’hôpital.

 

Comment prévenir alors les accidents vasculaires cérébraux ?

Pour éviter l’Avc, il faut bien contrôler les facteurs de risque abordés plus haut. Par exemple, si vous êtes déjà hypertendus, il faut bien prendre les médicaments anti hypertenseur. Si vous êtes déjà diabétique, il faut bien prendre vos médicaments antidiabétiques. Il faut arrêter de fumer ou de prendre de l’alcool, faire une activité physique régulière notamment la marche pendant au moins trente minutes 5 jours sur 7. Il faut consommer moins de sel, car le sel élève la tension artérielle. Il faut consommer moins de sel et moins d’huile. Il faut bien s’hydrater quotidiennement et se faire suivre régulièrement dans une structure de santé.

 

Propos recueillis par Claudine Vodounon

 

 

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