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Karim da Silva à propos du lynchage médiatique depuis la crise électorale « Halte aux basses et sordides intrigues »

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Le lynchage médiatique dont le Bénin est victime depuis la crise électorale avec pour point culminant les propos de certains officiels français nous commande un devoir de réaction parce que vivant ici au Bénin et étant au fait des réalités du terrain et de bien d’autres. En effet, Français et Gaulliste depuis 1947, membre fondateur du Rpr et de l’Ump, Ancien Membre du Cercle France, le Président du Conseil des Sages de la ville de Porto-Novo, M. Karim Urbain da Silva, comprenant bien les enjeux, qu’il connaît, apporte au débat sa part de vérité afin d’éclairer l’opinion.

Récemment, le 19 juin 2019, dans le cadre des questions au gouvernement, à l’hémicycle français, le député Udi de l’Yonne, M. André Villiers a, par une cinglante diatribe, stigmatisé ce qu’il considère comme une régression de la démocratie au Bénin, après les élections législatives du 28 avril 2019. Asa suite, en guise de réponse, le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean Baptiste Lemoyne, dans un plaidoyer mi figue mi raisin, fait état de l’intérêt du gouvernement français, face à ce qu’il considère également comme une situation préoccupante au Bénin, et se f élicite de ce que l’Ofpra a accordé le droit d’asile à un ressortissant béninois réfugié en France.

Les interventions, de ces deux personnalités politiques françaises, appellent de notre part, une vive réaction. Signe des temps, le paternalisme bienveillant de la France, à l’égard de ses anciennes colonies, n’est plus de mise, et en tout cas, n’émeut plus per sonne. Il s’agit, ni plus ni moins, d’une ingérence malsaine, d’une volonté de préservation d’intérêts économique s froissés, face à des leaderships patriotes, nationalistes exacerbés, et forcément dérangeants. L’occident, tour à tour pyromane et pompier des crises qui éclatent ça et là en Afrique, est mal venu pour s’ériger en donneur de leçons. L’occident complice et violateur des droits humains en Afrique doit cesser de se moquer de l’intelligence des africains.

La France ne donne pas de la voix où elle devrait le faire. Les Africains voudraient l’entendre stigmatiser la confiscation du pouvoir politique par la fraude flagrante et la violence, en Afrique.

Mais Non ! La France est totalement aphone, comme elle l’est ailleurs en Afrique, où des valets de l’impérialisme français pillent et saignent à blanc les peuples, au nom de la loi, mais contre le droit, et par la force. Bref, ici et là, un peu partout en Afrique, et particulièrement dan s ses anciennes colonies, la Fran ce n’est pas, non plus, préoccupée par ce qui s’y passe. Les violations massives des droits humains ainsi que le pillage des ressources naturelles sont choses banales et monnaies courantes. Pourvu que ça ne se sache pas, elle n’a pas à en rougir…

Et voilà que, singulièrement, c’est le Bénin du Président Patrice Talon, qui a été démocratiquement élu, qui semble déranger. Pourquoi ?

A supposer que la situation sociopolitique béninoise soit aussi alarmante que la France voudrai t le faire croire, par ses médias et ses officiels, pourquoi s’y intéresse-t-elle pendant qu’ailleurs, et de notoriété publique, elle est la complice de sauvages et féroces dictatures claniques voire héréditaires ? Pourquoi don c deux poids, et deux mesures ? On le constate, au Bénin, et criant au loup, la France se rattrape ici d’avoir dû baisser les yeux et laisser faire ailleurs, au nom de ses intérêts. La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ! Dixit Charles de Gaulle. Ce faisant, elle expose sa totale mauvaise foi et sa duplicité comme elle sait le faire lorsqu’elle complote, pour déclencher toute opération monstrueuse et indicible. Le député André Villiers sait-il que les Béninois n’ont rien à faire de sa vaine spéculation et de sa soudaine entreprise de désinformation ?

Seulement, ils s’interrogent sur ce que prépare la France, contre leur pays et leur président, à travers ce grossier montage, dont M. Villiers ne symbolise aucun éveil de conscience, mais se révèle être le bras malfaisant, un des pions d’une mauvaise affaire qui commence. Les Béninois qui sont suffisamment matures politiquement, savent, mieux que, quiconque, ce qui leur convient. Il n’y a pas de chasse à l’homme au Bénin. La quasi-totalité de tons ceux qui sont poursuivis pour de sombres affaires de droit commun ont, de toute évidence, des choses à se  reprocher. Pourquoi un opposant, inlassable et sans concession, comme cet ancien collaborateur, ministre n’est-il pas inquiété ?

Il n’y a pas eu dix morts au Bénin, et l’ambiance qui règne ici n’est pas celle de « Peur sur la ville ». Il faut arrêter de prendre ses rêves pour la réalité.

En tout état de cause, que M. André Villiers sache que la situation politique au Bénin n’a pas pu faire le lit de l’enlèvement de deux français qui en réalité se sont éloignés de leur base, en parfaits irresponsables.

L’exploitation que le député français fait de cet enlèvement est non seulement éhontée mais surtout, elle trahit sinon révèle une conspiration du genre de celles auxquelles nos anciens maîtres nous ont habitués lorsqu’ils projettent un mauvais coup, et que nous savons reconnaître désormais au moindre bruissement. Je vous le rappelle, j’ai été membre du Cercle France !

Ce n’est pas la faute de la République du Bénin et de son Président, si la France a choisi de perdre deux vaillants héros pour récupérer, en terre burkinabé, deux touristes inconscients, une coréenne du Sud et une mystérieuse américaine. Les autorités françaises sont les seules à savoir pourquoi la vie de ces deux minets était plus importante que celles de ses valeureux soldats. La matière à exploiter, pour donner l’impression, au plan international, d’un contexte délétère, afin de valider toute opération de main basse sur le Bénin, au profit d’un certain Lionel, sont les élections du 28 avril 2019, dont on dit qu’elles

n’ont opposé que deux partis. Nos colons français connaissent bien l’infirmité que représente une démocratie de 250 partis politiques et que, les deux partis à l’Assemblée nationale du Bénin issus de ces élections du 28 avril 2019, ne sont, en réalité, que deux blocs totalisant ensemble plus de 200 partis. Dans cette ambiance pourrie, il y a, ici et ailleurs en Afrique, des cas d’enlèvement ou de mort d’homme, mais, jamais on a vu la France, si inquiète et prévenante, en matière des droits de l’homme, demander des comptes. Il faut donc se poser une question sur l’attitude de la France, dans le cas d’un ancien Chef d’Etat, qui estime à tort ou à raison que sont bafoués les droits fondamentaux de la personne humaine qu’il a lui-même contribués à affaiblir, son règne durant. Talon fait-il mieux que le plus illustre des Français au 20ème siècle un général qui, pour asseoir son pouvoir, a écarté, Weygand, éliminé Giraud, Jouhaud, Dovecar, Piegts, Degueldre, et fait condamner, à la peine capitale, Canal dit le Monocle et le Général Salan qu’il n’a pas réussi à faire exécuter, alors qu’il espérait de tous ses voeux pour ces deux derniers, une mort opportune, une bonne mort ? Qu’on ne vienne donc pas nous divertir, ici, au Bénin, où personne n’a du mal à vivre. Ceux qui ont détourné des deniers publics et prévariqué aux obligations de leurs charges, devraient normalement et moralement avoir honte de continuer à faire de la politique.  Et si, leur arrogance et leur manque d’éducation ne peuvent leur en montrer le chemin, le Peuple béninois, pour sa part, a élu le Président Talon pour leur faire manger le pain noir qu’ils méritent tous. C’est appliquer la Conférence nationale. Les actes de la Conférence nationale souveraine béninoise dont s’inspireront plusieurs pays africains, entre autres, ont institué le multipartisme intégral. Témoin et acteur de cet évènement majeur, nous étions tous euphoriques et malgré notre avancée significative sur le chemin de la liberté, personne n’avait perçu les dangers que comportait la réussite de l’entreprise. D’un régime révolutionnaire qui avait tout confisqué, nous abordions de plein pied une ère nouvelle d’indépendance à laquelle nous avions omis de mettre des balises, ivres que nous étions de cette reconquête de dignité confisquée presque 20 ans durant, par un régime pourtant révolutionnaire, mais dont la plupart des dirigeants en prenant goût au pouvoir et à l’argent facile se sont laissés aller à la corruption des mœurs s’embourgeoisant et procédant par règlements de compte.

Les conséquences de ce multipartisme débridé ne tardèrent pas à se faire sentir. A peine peuplés de 10 millions d’habitants répartis sur une superficie 112 600 km2, nous réalisâmes le tour de force de créer 250 partis, tandis que notre géant voisin de l’Est, le Nigeria, qui compte 200 millions d’habitants sur une superficie de 923 763 km2, ne dispose que de deux grands partis.

Les anciens présidents béninois, de Nicéphore Soglo, qui a vu naître et s’installer en terre béninoise ce danger du multipartisme intégral, à Boni Yayi, tous l’ont pratiqué et connaissent la réalité de sa mise en œuvre. Mais aucun d’eux n’a eu le courage de l’affronter.

Nous avons ainsi fait le lit à nos anciens maîtres qui ne pouvaient mieux faire que d’en profiter. Nous étions si désunis et corrompus qu’avec des miettes on pouvait tout obtenir, les décisions prises en Conseil des ministres, avant leur publication étaient déjà dans certain es ambassades. Le Président Talon, quant à lui, aya nt reçu en héritage le sang qui coule dans les veines de ces deux français, député et secrétaire d’Etat, associé au courage des amazones de sa lignée maternelle, a décidé d’en finir avec cette pagaille du multipartisme.

 

Homme libre sa chant braver le danger, il prit le taureau par les cornes et décida de trancher le nœud gordien.

Cette loi de réforme du système partisan a été votée à la quasi-unanimité de tous les députés. C’est une loi qui consacre donc le système bipartite au Bénin. Pour constituer ces deux blocs, des sacrifices importants ont été consentis par les uns et les autres afin de réduire à 2, je dis bien à 2, plus de 250 partis politiques. Si bien qu’aujourd’hui tous ceux qui en font partie ne sont pas nécessairement des partisans du Président Talon, comme les faits le démontreront dans l’avenir. D’ailleurs, la bataille pour le perchoir et quelques votes ont d’ores et déjà indiqué qu’elle ne sera pas qu’une assemblée monocolore comme on le raconte ci et là. Ce n’est pas le choix du Président de la République qui a prévalu à la composition du bureau. En France, on ne dénombre pas 200 partis politiques. Mais la France amusée a laissé faire cette pagaille dans ses anciennes colonies. Cela l’arrangeait. Jamais la France ne s’est départie de sa stratégie qui consiste à diviser pour mieux régner, et mieux nous dominer. Aussi, jamais n’est-elle intervenue contre le multipartisme intégral. Jamais elle n’a formulé la moindre critique pendant qu’à tour de bras se créaient des micros partis à la merci du premier corrupteur, du premier diviseur. Contre quoi, la France voudrait-elle maintenant s’insurger? Rien! Elle nous laisse nous entretuer. L’opposition, aujourd’hui au Bénin, n’est faite que d’un ramassis d’individus contre le Président Talon. Cela n’a rien à voir avec la politique. Le premier d’entre eux Nicéphore Soglo, a été Premier Ministre, un an, Président de la République, cinq ans, Maire de Cotonou, douze ans au terme desquels il a laissé la gestion de la ville, à son rejeton qui se retrouve désormais à l’étranger. Motif : la justice de son pays a des choses à lui reprocher. Fils d’un ancien Président de la République, il se la coule douce à Paris. Mais la France autre fois a bien condamné les membres du Flnc à des peines de prison, tout comme Ahmed Ben Bella du Fln qui avait été jugé pour le cambriolage, d’une banque à Alger, délit commis au profit de la lutte, sans que cela ait jamais signifié, qu’ainsi, il était prisonnier politique. Un homme politique qui vole est un voleur et non un prisonnier politique parce qu’il est rattrapé par la loi.

Sébastien Ajavon c’est bel et bien Boni Yayi qui l’a amené à se présenter à l’élection présidentielle de 2016, pour barrer la route, à Talon, et ce, nonobstant ses énormes dettes fiscales. C’est Yayi qui a mis Ajavon dans cette mauvaise posture. En son temps, je n’avais pas manqué de dire à Ajavon qu’il n »est pas bon pour un commerçant d’aller en politique. Il n’a voulu en faire qu’à sa tête.

Ma propre expérience en qualité de Président du Syndicat national des commerçants et industriels du Dahomey (Synacid), comme candidat à l’élection présidentielle de 1968, ne l’a pas fait réfléchir. Il me fit comprendre qu’il ne pouvait plus reculer. Il aurait déjà investi beaucoup de ses deniers. Ce qu’il ya d’inconvenant dans son attitude, c’est son habitude de railler les autorités politiques de son pays. S’agissant de Boni Yayi, ce sont surtout ses anciens amis qui ont des comptes à régler avec lui. Personne ne le connaissait. Il était membre de la cellule macroéconomique que présidait Yacouba Fassassi. C’est Nicéphore Soglo qui l’a fait Président de la Boad. Il lui est arrivé de vouloir se passer de ses appuis, Talon au sud et un autre au nord. Il les a trahis l’un et l’autre. Face au Président Talon, il n’avait qu’u ne conduite à tenir, rechercher à tout pris à faire la paix, celle des braves. Yayi nourrissait des inimitiés silencieuses et constantes contre Talon. Il savait pourtant que son intérêt est de se réconcilier avec ce dernier. Il est passé outre tous les conseils à lui prodigués dans ce sens, Or, on les a vus, Talon et Yayi, à une manifestation, s’embrasser, tout le pays était content. Que recherche Yayi, après cela ? Lui qui n’ignore rien de tout ce qu’il a fait pendant son règne devrait plutôt chercher l’appui de Talon plutôt que de vouloir nuire à ce dernier en pourrissant son mandat. Il parle de démocratie, quelle était la sienne? L’opinion internationale devrait s’instruire de la réalité des faits sauf à vouloir jeter de l’huile sur le feu, et embraser notre pays aux mœurs pacifiques.

Les deux présidents Soglo et Yayi ont pris la décision, de créer un front de lutte, pour que les élections n’aient pas lieu. Ils ont monté la population contre le pouvoir en place. Pourtant, sous leur présidence, ils n’auraient supporté un tel affront de personne. C’est là, la réalité des faits qui ont conduit aux événements des 1er et 2 mai 2019. Quelle autorité aurait toléré un tel désordre? Pour empêcher les élections de se dérouler et démobiliser l’électorat, le jour du scrutin, ils ont menacé de tout casser et contraint par des menaces de mort, les gens à rester chez eux. Ils ont terrorisé les populations, à travers les réseaux sociaux, avant les élections, le jour des élections et après les élections. Si bien que l’Etat, par devoir de protection et de maintien de l’ordre, a dû déployer des chars dans tout le pays, confirmant ainsi dans l’esprit de tous que quelque chose pouvait se passer. Les gens, paniqués se sont donc terrés chez eux, certains bureaux ont même fermé. Bref, la peur a été répandue dans tout le pays, la psychose généralisée entretenue donnant au final l’occasion rêvée aux casseurs et vandales qui n’en attendaient pas tant pour sévir. C’est ainsi que des gens ont vu leurs maisons brûlées et de nombreux biens ont été détruits. Or, lorsque ces deux anciens présidents sont allés également manifester au marché. Le gouvernement ne les en a pas empêchés. C’est lorsqu’ils ont franchi le rubicond, en associant des étrangers au désordre organisé que le gouvernement a dû réagir. Le Bénin n’est donc pas dirigé par un dictateur, tel qu’on voudrait nous le faire croire, en manipulant une opinion internationale, devant des Béninois hébétés qui n’en croient pas leurs oreilles, de tout ce qui se dit, à dessein, sur leur pays.

Après tout, nos anciens maîtres ont toujours procédé ainsi, la même musique, le même disque, peu importe qu’il soit rayé, peu importe le nombre de morts, seul compte leur intérêt.

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