L’appel à un renouveau mental face à la corruption

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Le président Patrice Talon maintient sa détermination à combattre la corruption. Au détour de sa tournée nationale, il ne cesse d’évoquer le sujet. Et le message délivré à Abomey est évocateur. Sur la chaîne de télévision E-Télé, hier jeudi 30 novembre 2020, le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, a décrypté cette adresse aux populations et  décliné les contours de ce phénomène qui hypothèque le développement durable. Lire des extraits de son analyse.

 

« La tournée nationale du chef de l’Etat se poursuit. Plus d’une quarantaine de Communes ont été visitées par le président Patrice Talon. A l’étape d’Abomey, il est revenu sur la question de la corruption. Dans un style souple qui a fait rire son auditoire, il a mis l’accent sur les manifestations de ce mal. Selon lui, le souci dominant de tous les Béninois est de profiter de l’argent de l’Etat sans fournir un grand effort. La cause, c’est qu’on cherche à vivre au-dessus de ses moyens. La preuve, celui qui a un revenu modeste veut avoir plusieurs femmes, plusieurs maisons. C’est en cela que le président de la République estime que le mal est profond, et en appelle à un changement de mentalité de tous. Preuve que son engagement à mettre fin à ce phénomène au Bénin est sans faille… »

 

« La corruption, en effet, est une gangrène. C’est un frein au développement. Ses manifestations sont multiformes et impactent dangereusement tous les secteurs. Par exemple, le policier qui rançonne sur les axes routiers cause un tort à ses vis-à-vis. En vous extorquant de l’argent, il nuit à votre sécurité. L’agent permanent de l’Etat qui ne fait pas son travail et qui attend une contrepartie d’abord constitue aussi un frein au développement. Tant la petite corruption est nuisible, tant la grande est aussi une gangrène. Avec la grande corruption, ce sont les marchés publics, les commissions, les travaux qui sont payés, qui ne sont pas exécutés et qui sont justifiés. C’est aussi l’abus de position, la prise illégale d’intérêt, la concussion, le blanchiment d’argent. La corruption aussi, c’est laisser le travail pour lequel on est payé dans le public pour aller servir dans le privé. C’est la tricherie, l’usage de biens publics à des fins privées. L’éventail est assez large. C’est d’ailleurs pourquoi le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, lorsqu’il installait l’Autorité nationale de lutte contre la corruption en mai 2013, a dit que la corruption va au-delà de tout ce que nous voyons. La corruption est collée à notre peau, et il faudrait qu’on puisse la déchirer. Ce n’est pas aussi facile de s’en défaire, parce qu’elle tient de l’intimité parfois… »

 

Une autre tournée en janvier 2021

 

« Lors de sa tournée, notamment à Ouinhi, le chef de l’Etat a annoncé qu’il reviendra en janvier 2021. Je crois savoir qu’il ira dans les Communes qui ne sont pas encore impactées. Il doit reprendre la tournée dans la deuxième semaine du mois de janvier 2021. Le lundi 11, si je ne me trompe, il devra être de nouveau sur le terrain. Toujours dans le cadre des visites administratives. Il devra boucler les 77 Communes. Donc, au lieu de 54, c’est possible qu’il ajoute les 23 qui restent. L’élection, c’est le 11 avril. Le chef de l’Etat va entrer dans un processus étroit. Ce n’est pas une précampagne. C’est plutôt une sortie d’un président de la République en fonction qui gère son temps comme bon lui semble. Le mandat, c’est le début et la fin. Dans le cas d’espèce, avec la révision de la Constitution du 11 décembre 1990, la fin du mandat c’est le dernier dimanche du mois de mai. Vu ainsi, Patrice Talon fait son programme en conséquence. Quand il est sur le terrain, il ne parle pas de lui-même, mais plutôt de ce qu’il a fait comme réalisations. Il parle de ce qu’il a promis ».

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