Le député Allosohoun au sujet de l’incompétence de la Cour sur le  parrainage et la prorogation du mandat présidentiel: « Personne ne peut se substituer au pouvoir constituant »

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Le député de l’Union progressiste (Up), Richard Allosohoun, à défaut d’un débat contradictoire avec le professeur Joël Aïvo sur le parrainage et la prorogation du mandat du président de la République, a commenté hier dimanche soir sur les plateaux de Canal3, les décisions Dcc 21-010 et Dcc 21-011 du 7 janvier 2021 à travers lesquelles la Cour Constitutionnelle s’est déclarée incompétente à se prononcer sur les requêtes relatives à la constitutionnalité du parrainage et la prorogation du mandat présidentiel.

Le débat contradictoire demandé par le professeur Joël Aïvo au sujet du parrainage dans le cadre de la Présidentielle du 11 avril 2021, est « une question suffisamment banale qui n’a pas besoin d’un juriste de haut niveau », pour en débattre, selon le député Richard Allosohoun. Il l’a martelé hier dimanche 10 janvier 2021, sur les plateaux de Canal3. Pour le député de l’Union progressiste (Up), Joël Aivo  a « très mal posé » son problème. Car ce débat pour lui, devrait se faire, non pas entre intellectuels, mais entre politiciens. La question a été posée sur le terrain politique et devrait donc y trouver sa solution. Pour  Richard Allosohoun, l’universitaire vient de sortir de son hibernation, et de la  « bulle » de constitutionnaliste, pour atterrir en politique, où les règles ne sont pas les mêmes. Aussi, l’a-t-il invité à faire preuve d’« humilité » et à garder à l’esprit, de peur de se faire broyer comme une proie facile, que le milieu politique est  une jungle infestée de « prédateurs ». D’ailleurs, a-t-il poursuivi, au sujet des arrêts rendus jeudi dernier par la Cour constitutionnelle sur la question du parrainage, que  l’« incompétence» déclarée  par les sages, « n’est pas formelle, mais sur le fond ». L’Assemblée nationale est souveraine, a ajouté Richard Allosohoun, pour qui, « personne ne peut se substituer au pouvoir constituant ».  Du coup, il rejette en bloc les déballages et la polémique entretenus autour de la légitimité de la 8ème législature et du contexte de son avènement. « Notre légitimité n’est pas à démontrer », a-t-il ajouté.

 

« Le peuple exerce sa souveraineté à travers ses députés ». 

 

Pour lui, ce débat est  clos  par l’article 4 de la Constitution révisée  qui stipule que « le peuple exerce sa souveraineté à travers ses députés ». Ainsi, la question de la prolongation du mandat du président de la République décidée par les députés dans le cadre de l’alignement des scrutins, ne devrait pas poser de problème selon lui.  De plus, estime-t-il, le chef de l’Etat étant garant du respect de la Constitution, il est contraint de respecter le travail des députés. « Autrement, ce serait un parjure », a-t-il ajouté. Du coup, les 45 jours de prolongation du mandat de l’actuel chef de l’Etat sont nécessaires pour l’alignement des scrutins. Ce décalage n’est pas nouveau dans la vie politique du Bénin poursuit le député, qui  rappelle l’exemple de l’année 1991 où le président Soglo prête serment un 4 avril, alors que le président Kérékou, le remplaçant 5 ans plus tard, prête serment un 6 avril. Par ailleurs, Richard Allosohoun condamne la jurisprudence qui érige le « consensus » au rang de principe à valeur constitutionnelle.  Le « consensus » n’est un terme juridique, ce n’est pas du droit, a-t-il déclaré, avant d’évoquer l’absurdité du concept. « A combien de personnes peut-on estimer le consensus ?», s’est-il interrogé. Pour lui, l’impératif constitutionnel invoqué par la Cour dirigée par le professeur Joseph Djogbénou,  s’impose à la notion du « consensus ». Il a salué la décision du jeudi 7 janvier 2021 et la position de la Cour qui ne remet pas en cause  « le parrainage ». Selon l’invité, les députés sont prêts à accompagner le processus électoral en parrainant tout candidat à l’élection présidentielle, pourvu qu’il ait un projet intéressant.

 

Jean-Paul Mahugnon

Joël Aïvo joue aux abonnés absents

 

Demandeur d’un débat contradictoire avec un juriste chevronné de la mouvance sur la prorogation du mandat présidentiel de 45 jours, le professeur Joël Aïvo n’est visiblement plus intéressé par l’exercice. Après le consultant politique de la chaîne E-Télé, Agapit Napoléon Maforikan, qui a demandé à confronter les arguments il y a quelques jours avec l’universitaire, c’est au tour du député Union progressiste (Up) Richard Allossohoun d’inviter le constitutionnaliste hier dimanche 10 janvier 2021 sur le plateau de la télévision Canal 3 Bénin. Malheureusement son souhait n’a pas été une réalité puisque le professeur a brillé par son absence. En lieu et place d’un débat, l’élu du peuple a été seul sur le plateau. Il a expliqué les tenants et les aboutissants de la fixation de la date de prestation de serment du président de la République au 4ème dimanche du mois de mai de l’année électorale. Au cours de l’émission, le député de la 11ème circonscription électorale a abordé plusieurs autres sujets dont le parrainage qui fait couler actuellement beaucoup d’encre et de salive.

 

Serge Adanlao

 

 

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