Le Dg de la Sgds, Valery Lawson, à cœur ouvert

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La composante salubrité dont bénéficient actuellement les cinq villes du Grand Nokoué fait partie du projet de modernisation de la gestion des déchets dans le Grand Nokoué. C’est l’un des projets phares du gouvernement lancé en février 2019. Il est piloté par la Société de gestion des déchets et de la salubrité du Grand Nokoué dont Valery Lawson en est le directeur. Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, il évoque les différents aspects du projet. Lire ci-dessous, l’intégralité de l’entretien.

Le Matinal : M. Valery Lawson, vous êtes le Directeur de la Sgds. L’existence de cette société est-elle liée à la gestion des déchets dans le Grand Nokoué ?

 

Valery Lawson : Ce ne sont pas seulement les déchets. Vous voyez aujourd’hui, le projet de modernisation de la gestion des déchets dans le Grand Nokoué est un projet intégré. Tout ce qui concerne la salubrité, la propreté dans ces villes, c’est la société qui s’en occupe et c’est d’ailleurs pour cela qu’on parle de la gestion des déchets solides ménagers mais également de la salubrité et quand vous prenez la salubrité, vous avez le désensablement, le désherbage mais aussi le curage des ouvrages d’assainissement pluvial notamment les caniveaux et les collecteurs privés.

 

Quel est le cahier de charges de la Sgds

 

La Société de gestion des déchets du Grand Nokoué est une société que le gouvernement et les cinq Communes du Grand Nokoué ont créée puisque les maires sont membres du Conseil d’administration. Les Communes doivent contribuer aux investissements qui sont prévus dans le cadre de ce projet. Elles portent les investissements et mobilisent les ressources pour financer les investissements et le fonctionnement. La société gère les déchets, tous les travaux de désensablements, de désherbage, de curage des caniveaux. La société sensibilise éduque et informe la population. C’est la société qui gère toutes les opérations. La société a fait l’option de s’appuyer sur les Petites et moyennes entreprises (Pme), toujours dans le souci de pouvoir créer de l’emploi. Le gouvernement a fait l’option de faire de ces travaux des travaux à haute intensité de main d’œuvre. Le balayage par exemple est manuel, le désherbage est manuel seulement qu’au niveau de la pré-collecte, nous ne voulons plus voir les gens tirer des charrettes.  Nos villes se modernisent. Et nous voulons que ce soit des tricycles motorisés. Il faut dire qu’au niveau de la gestion des déchets, nous recrutons les Pme pour le maillon pré-collecte du ramassage des déchets dans les maisons au point de regroupement. Mais à partir des points de regroupements, c’est la société même qui assure la collecte et le transport jusqu’au centre d’enfouissement technique et le gouvernement a demandé qu’au niveau des lieux d’enfouissement qu’on recrute une autre société pour assurer le traitement mais il faut aussi dire que les déchets vont être en grande partie trier et valoriser. Ce sont les déchets qu’on ne peut pas valoriser qui iront au niveau des lieux d’enfouissement. Il y a en a deux. Un à Ouessè et un autre à Takon, c’est-à-dire après Porto-Novo dans la Commune de Sakété.

 

Quelles sont les différentes composantes du projet

 

Le projet regroupe sept composantes. Il y a quatre composantes opérationnelles et trois autres transversales. En ce qui concerne les composantes opérationnelles, il y a la pré-collecte, la collecte transport ;  la salubrité ; l’enfouissement et la tri-valorisation. Pour ce qui est des composantes transversales, il y a le suivi et le contrôle informatisée, la  communication et la composante institutionnelle. Lorsque nous prenons par exemple la composante pré-collecte, collecte transport, désormais on ne parlera plus d’abonnement. Tout le monde se fera désormais pré-collecter ses déchets. Pour la première année, cela sera gratuit. On vient, on vous ramasse vos ordures et on va les déposer à un point de regroupement. Les Pme vont être rémunérés en fonction de la quantité des déchets qu’elles vont déposer au point de regroupement. Elles ont l’obligation de rendement. Donc on ne verra plus nos déchets dans nos rues, dans nos quartiers. La société va acquérir deux types de matériels lourds. Le territoire a été catégorisé en deux types d’approche. Là où les voies sont bitumées et pavées, ce sont les perles à ordures ménagères qui vont directement prendre les ordures. Avec le projet asphaltage aujourd’hui, le réseau s’est densifié et dans ces quartiers où le réseau passe, ce sont ces véhicules. Dans les quartiers où l’accès est difficile, où les voies ne sont pas pavées ni bitumées, ce sont les Pme avec les tricycles motorisés qui vont passer ramasser les ordures. En ce qui concerne la composante tri-valorisation, dès que les ordures arrivent des points de regroupement, des mini-chaînes de valorisation auront pour objectif de réduire le sable et la quantité des déchets. La composante salubrité prend en compte le désensablement, le désherbage et le  piquetage. A ce niveau, il s’agira de balayer les rues et de les désherber. La composante institutionnelle prend en compte les relations qui doit y avoir aujourd’hui entre la société, les Communes et le gouvernement parce que aujourd’hui, le cadre n’est plus le même. Il y a également le volet mobilisation des ressources. C’est vrai que l’Etat a décrété un an de gratuité du service aux ménages mais après cela, il faut que les ménages ou les populations payent le service. Donc, tout ce qui concerne la mobilisation des ressources, fait partie d’une sous-composante. Pour ce qui est de la composante enfouissement, elle concerne les déchets qui ne pourront pas être valorisé. Ils seront enfouis au niveau des centres d’enfouissement.

 

Qu’en est-t-il de la composante qui a démarré le 20 décembre 2019

 

Pour cette composante-là, c’est la composante salubrité et c’est la sous-composante désensablement, c’est-à-dire balayage, désherbage et piquetage et donc pour cela, on a conduit le processus, on a découpé le territoire en 42 zones et on a recruté 25 entreprises Pme.Les Pme en charge de cette composante ont démarré le 20 décembre 2019. Pour cette composante, le territoire a été découpé  en 42 zones. « Cotonou, on en a fait 22 zones, Porto-Novo 6 zones, Abomey-Calavi 9 zones, Sèmè-Podji 2 zones et puis Ouidah 3 zones. C’est cette opération de lancement de cette sous composante qu’on a faite le 18 décembre passé et ces 25 Pme ont démarré le 20 décembre 2019. C’est d’ailleurs pour cela que nos villes sont en train de changer de visage surtout quand vous allez dans certaines Communes où cela fait plus de deux ans où ils n’ont jamais fait de désensablement, de désherbage, cela commence par changer. Mais ce n’est pas encore ça. Je pense que d’ici trois mois, vous verrez que nos villes vont complètement changer de visage.

 

Que deviendront les structures traditionnelles de collecte des déchets  

 

D’abord, je veux rappeler qu’il y a 2 ans, c’était des Ong avec le Pugemu qui les a accompagnées pour qu’elles puissent se transformer en Gu. Donc, d’abord devenir des entreprises puis se regrouper en entreprise et en Gu. Dès qu’on a démarré ce projet, on a commencé par les informer que les choses vont changer. Je peux même dire que l’option du gouvernement les a beaucoup arrangées. Le fait qu’on ait décidé de nous appuyer sur les Pme. Parce qu’elles étaient déjà des Pme. La Sgds leur a fait appel puisque dès qu’on a démarré ce processus, on les a rencontré, on les a informé qu’au-delà de la gestion des déchets, qu’elles ont l’habitude de gérer, il y a d’autres composantes qui viennent qui pourraient constituer une opportunité. Par exemple, le désensablement, le désherbage. Celui qui fait le déchet peut facilement aller. Donc, elles ne disparaissent pas. Bien au contraire, parce que quand vous regardez la pré-collecte, beaucoup parmi elles ont postulé, sauf peut-être celles qui n’ont pas les capacités ou celles qui n’ont pas les moyens de pouvoir postuler ou parce que ces entreprises parfois n’existent que de nom ; ne remplissent pas les formalités. Donc, vis-à-vis  des textes, elles n’existent pas. Mais là n’est pas le problème car dans nos Dao on prévoit que les Pme qui vont gagner peuvent sous-traiter. Les Pme qui vont postuler vont faire appel aux ressources humaines qui sont déjà disponibles sur le terrain. Mais il faut dire franchement que l’exigence aujourd’hui des travaux fait que certaines ont peur d’y aller. Vous savez, ceux qui sont dans les déchets pendant longtemps, ils avaient vraiment cette liberté. D’abord, même dans certaines Communes, la manière dont le service était organisé posait des problèmes. Vous allez voir que des Pme qui ont peut-être 1000, 3000 abonnés tandis qu’à côté, il y en a à peine 100. Et ce qui est encore très grave, c’est que les Pme gagnent de l’argent mais n’investissent pas. Parfois même, certaines attendent que les projets arrivent pour qu’elles s’équipent en matériels. Donc, bref elles ne disparaissent pas. Beaucoup ont postulé mais certaines, vu qu’elles ne sont pas constituées légalement, elles ne sont pas en mesure de faire face à la qualité. Donc, l’essentiel c’est que vous puissiez démontrer que vous êtes en mesure de pouvoir faire le service et de respecter le cahier de charges. Bref, les Pme ne disparaissent pas. Beaucoup d’ailleurs ont gagné par exemple des opérations de salubrité. Certainement avec le processus de salubrité et de pré- collecte, beaucoup vont revenir dans le nouveau dispositif. S’ils ne reviennent pas, ils vont pouvoir négocier pour le sous-traitant avec les Pme qui vont gagner. L’essentiel pour nous, c’est de changer d’approche, parce que jusqu’à présent, on a laissé faire le secteur des déchets, notamment la pré-collecte. Vous voyez, désormais vous ne verrai plus un éboueur sans casque, sans protection et ils seront tous déclarés. Parce que avant, on les prend et trois mois après on les jette, ce n’est plus cela.

 

Quel est le coût du projet et sa durée de vie ?

 

Le coût du projet évolue. La fois dernière on nous a dit que cela tourne autour de 59 milliards de FCa. Mais, je peux dire que ce coût peut évoluer suivant peut-être les options. Par exemple, je vous dis la tri valorisation n’est pas encore opérationnelle, cela peut évoluer. La durée de vie est sur sept ans ; c’est-à-dire que nous voulons arriver à un taux de collecte de plus de 90% et une tri valorisation de plus 70% d’ici sept ans. Après sept ans on va se donner d’autres objectifs parce que ; vous voyez aujourd’hui, je suis certain que d’ici un an, deux ans, vous avez vu ce qui ce passe au niveau du baillage. Si cela évolue, on va se donner d’autres objectifs. Si vous constatez avec moi, on est en train de voir déjà ce qu’il faut faire. Puisse que, j’ai circulé partout et j’ai vu aujourd’hui, les sachets « pure water » constituent une des gangrènes de l’insalubrité dans nos villes. Quand on balaie, les déchets les plus visibles qu’on voit immédiatement, c’est les sachets plastiques parce que les gens jettent. On va donc s’attaquer à cela. Donc, après cinq ou sept ans, on va pouvoir se définir d’autres objectifs.

 

Aujourd’hui, la Sdgs est née. Est-ce que cela voudra dire que les Communes concernées peuvent croiser les bras ?

 

Non. Les Communes sont membres du Conseil d’administration donc elles ont des responsabilités. Je dirai au niveau opérationnel, les Dst dans tout le dispositif sont impliqués. Même au niveau local, les Cq, Ca sont impliqués parce que dans le dispositif du contrôle, de la gestion des opérations, nous sommes sur leur territoire, ils sont donc impliqués. L’idée, c’est de faire en sorte que progressivement ils s’approprient la Sdgs et que cela devienne leur instrument habituel.

 

Les populations sont les premières bénéficiaires de ce projet. Quel est le comportement qu’elles doivent avoir ?

 

Les populations sont les premières bénéficiaires du projet de modernisation et de gestion  des déchets du Grand Nokoué. Elles doivent avoir un certain nombre de comportements. Lorsque nous prenons par exemple la composante salubrité, elles doivent savoir qu’entretenir leur maison et leur devanture, est l’un des gestes que tout individu doit désormais adopter. Quand vous allez dans les zones très habitées, où il y a une forte activité économique, vous verrez que tout est sale et vous vous rendez compte que ce sont les sachets surtout. Quand on parle de Ghana, où vous voyez qu’il n’y a pas un seul sachet, c’est cela. Bientôt, on va en arriver là et même dépasser parce que nous allons faire de la sensibilisation jusqu’à un moment donné. Nous allons demander à ce que les Communes prennent des arrêtés pour punir tout citoyen qui désormais, jettent les sachets, les ordures, dans les rues. On va interdire cela.

 

Un dernier mot pour conclure

 

Merci de m’avoir donné la parole pour faire le point de ce projet de modernisation de la gestion des déchets solides ménagers dans le Grand Nokoué qui est un des projets phares du gouvernement. Ce projet est d’une importance capitale pour nos villes, pour tous les investissements que le gouvernement actuel est en train de faire dans ces villes. Pour atteindre les objectifs escomptés, nous devons tous changer de comportements. Je crois que c’est l’un des aspects importants. Le gouvernement met tous les moyens pour que nos villes soient propres, pour que les maladies qui sont liées à l’environnement puissent reculer, mais cela dépendra de nous. Il y a des gestes simples que nous devons avoir, mieux gérer nos déchets, ne plus jeter les déchets dans la nature comme nous le faisions. Ces simples gestes sont nécessaires pour que nous vivions dans un cadre sain.

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