Le Dnsp, Salami Lamidhi, sur les coronavirus:« Il n’y a aucun cas au Bénin»

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Le Bénin est jusque-là épargné de la contamination des coronavirus. Sur la télévision nationale le vendredi 31 janvier 2020, le Directeur national de la santé publique, Lamidhi Salami, a certifié « qu’il n’y a aucun cas ». Par la même occasion, il est revenu sur les mesures de prévention et les dispositions prises par le Ministère de la santé pour que les populations ne soient pas exposées à la maladie. Lire l’entretien.

Un nouveau type de virus sévit depuis quelques jours. Il s’agit du Coronavirus. Qu’est-ce que c’est en réalité ?

 

Lamidhi Salami : Les coronavirus sont une famille de virus que l’on rencontre aussi bien chez les hommes que chez les animaux. Ce sont des virus qui peuvent infecter les hommes et les animaux. C’est une famille de virus qui provoquent chez les hommes des manifestations à type de rhume ou des difficultés respiratoires importantes, ce que nous appelons le syndrome respiratoire aigu. Ce sont des virus qui ne sont pas habituellement rencontrés, mais dès que l’homme se trouve en contact avec ce virus, dans les 2 à 14 jours, il peut commencer par présenter des manifestations et cela peut aller jusqu’à des détresses respiratoires et la mort.

 

Et quelles sont les mesures de prévention?

En termes de prévention, il faut dire que ces mesures sont basées sur les voies de transmission actuellement connues pour les coronavirus. Il s’agit de la transmission essentiellement aérienne à travers les gouttelettes que nous émettons quand nous toussons et à travers le contact avec les personnes infectées. Donc, ces mesures consistent à se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon, ou avec des solutions hydro-alcooliques. C’est également l’interdiction de tousser, de cracher ou de se moucher sur le sol. On doit donc conseiller ceux qui souffrent de cette maladie de se protéger la bouche et le nez en voulant tousser ou en éternuant avec le creux du coude ou avec un mouchoir. Et quand on utilise le mouchoir ou le torchon, il faut pouvoir le mettre dans la poubelle aussitôt après l’utilisation et se laver les mains. La quatrième mesure que nous recommandons, c’est de porter les masques à usage unique qu’il faut aussi jeter après usage et se laver les mains. Nous recommandons également d’éviter un contact étroit avec toutes les personnes qui souffrent de la fièvre, qui toussent ou éternuent par risque d’être contaminé. Si on est en train de voyager et qu’on présente des signes de fièvre  ou d’éternuement il faut recourir à celui qui conduit le groupe et lui donner les informations sur les antécédents de santé. En dernier lieu, nous recommandons également d’éviter tout contact avec les animaux sauvages ou les animaux d’élevage et même les surfaces avec lesquels ces animaux ont de contact.

 

C’est vrai que le ministre de la Santé nous a rassuré, il y a quelques jours, mais je vous repose la question. Est-ce que notre pays est exposé à ce virus?

Avec la mondialisation, les flux et les mouvements internationaux, aucun pays n’est fermé aujourd’hui. Ceci fait que nous avons des entrées et des sorties et donc nous pouvons avoir des personnes provenant des pays qui sont touchés déjà. Ces personnes qui proviennent des pays touchés peuvent être également des personnes à risque et il y a de quoi que notre pays s’identifie comme un pays à risque. D’ailleurs aujourd’hui, l’Oms a reconnu cette maladie comme une urgence de santé publique internationale. Donc, cela appelle de la part de tous les pays, de prendre des mesures importantes pour se préserver par rapport à cette épidémie qui tend à prendre beaucoup d’ampleurs.

 

Quelles sont les dispositions concrètes que prend le Ministère de la santé pour que les populations ne soient pas exposées à ce virus ?

Il y a différents niveaux de mesures qui sont prises par le Ministère de la santé. Il y a les mesures par rapport à l’entrée dans le pays et les mesures par rapport à la population en général. En ce qui concerne les mesures par rapport à l’entrée dans le pays, l’entrée majeure qui a été considérée, c’est l’aéroport parce que l’évaluation qui a été faite a identifié l’aéroport comme étant le point d’entrée sensible. A cet effet, nous mis en place des matériels de désinfection. Nous avons donc aujourd’hui des matériels de désinfection au niveau de l’aéroport et toute personne qui entre doit pouvoir se désinfecter les mains avec de solution hydro-alcoolique. Nous avons mis en place des scanners thermiques. Il y a deux scanners thermiques qui sont positionnés dans le Hall, ce qui fait que si vous entrez et que vous présentez des signes, on peut détecter tout de suite.   Et pour que nous évitons les contacts que nous avons identifiés comme des comportements à risque, nous avons tracé des circuits de passage qui permettent aux personnes qui entrent dans le hall de circuler de façon fluide tout en ayant toujours accès à ce dispositif de détection, mais également de prémunition. Nous avons prévu également et nous le faisons déjà, la distribution de bavettes au personnel qui travaille au niveau de l’aéroport. Actuellement, nous sommes en train de déployer deux caméras thermiques pour que déjà les personnes présentant des fièvres puissent être identifiées à distance et être orientées  pour l’isolement rapide. Voilà ce qui est en train d’être fait. Il y a également des fiches qui sont remplies à bord des avions pour pouvoir identifier les personnes provenant des pays à risque et nous faisons tout cela sans gêner la circulation des personnes.

 

Donc, vous certifiez qu’il n’y a aucun cas de malade de coronavirus aujourd’hui au Bénin ?

Il n’y a aucun cas. Notre pays est exempt dans ce domaine. Nous n’avons même pas des personnes qui aient été en contact avec des personnes déclarées comme suspectes ou confirmées dans les autres pays.

 

L’autre épidémie qui sévit toujours dans la sous-région, c’est le virus Lassa. Quel est l’état des lieux actuellement et quelles sont les précautions que les populations devraient prendre ?

En ce qui concerne le virus Lassa, c’est un virus auquel notre pays a été souvent confronté. Ces dernières années, nous avons enregistré des succès, car nous avons su mettre en place un dispositif de réponse rapide. Avec le risque important autour de nous, ou dans un pays voisin, on a enregistré plusieurs décès. Nous avons élevé le niveau d’alerte. Aujourd’hui, le personnel de santé est alerté, les relais communautaires qui nous aident à la détection sont également alertés. Les mesures que nous recommandons sont toujours les mesures de précaution. Il s’agit de limiter les contacts et de nous signaler toutes les personnes qui présentent la fièvre, qui auraient saigné ou qui proviennent des pays à risque. Nous avons par exemple le Nigéria qui a signalé beaucoup de cas. Si des personnes qui proviennent de ces régions  dont nous avons connaissance et qui présentent de la fièvre ou des saignements inconnus, systématiquement, ils peuvent nous les notifier. Nous comptons vraiment sur la collaboration de la population pour que les cas éventuels qui surviendraient puissent être automatiquement identifiés et pris en charge.

 

Avez-vous un appel à l’endroit des populations ?

L’appel que nous avons à lancer aux populations, c’est de suivre les mesures de prévention que nous communiquons à leur endroit. La désinfection des mains, éviter les contacts avec les personnes qui toussent, qui éternuent, qui présentent la fièvre et dont ils ont connaissance et qui proviennent des zones à risque. Cela concerne aussi bien le coronavirus que le Lassa. Nous voudrions également leur dire que le gouvernement a pris toutes les dispositions pour que le pays soit totalement protégé contre ces affections. Pour la gestion des cas actuellement, le système qui est mis en place a prévu un endroit d’isolement et le traitement rapide des cas. Nous avons également mis en place un dispositif qui permet de répondre à l’appel de toute personne qui se sent en menace. Ainsi donc, nous avons le contact du Samu le 95361104 ou le 95361102. On peut appeler à tout moment pour prendre des informations ou nous signaler des personnes qui présentent des fièvres ou des signes et proviennent des pays à risque. Il y a une équipe qui est déployée et qui est en place 24h/24 et capable de répondre à ce risque.

 

Source Ortb

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