Le « Néron » des Collines

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2004

A la tête de l’Etat, il avait juré « mettre le pays à feu et à sang !»; un soir de fête nationale, il avait promis de faire « descendre les siens » sur Cotonou, aux fins d’affronter ceux qui osaient défendre leur droit…Notre« pasteur raté » aura finalement mis ses menaces -que dis-je- ses prières à exécution, le jour des élections. A l’aide de bandes organisées de gamins, conditionnées à souhait, il a fait mettre à feu, à sang et à sac, son fameux bastion électoral. De Parakou à Tchaourou, de Glazoué à Banté, il a fait semer la terreur. Et il n’a pas fait de quartier : biens privés et publics brûlés ; matériel et agents électoraux tabassés à sang ; agressions sordides contre les forces de sécurité…Le but était on ne peut plus clair : provoquer des morts, de nombreux morts, à mettre à l’actif du Chef de l’Etat. « Paris brûle-t-il ? », s’impatientait Hitler, à quelques heures de sa chute. Le Bénin brûle-t-il ? Devrait s’interroger le «Néron des collines », tout au long de ce jour funeste d’avril, où il n’eût pas la « chance », de faire relayer par les réseaux sociaux, ses « exploits » fumants et ensanglantés…Pour son malheur, les consignes du Chef de l’Etat, à l’endroit des forces de sécurité, était fermes :aucun tir. Pas même de sommation. Dépité à l’heure du bilan avec son alter égo, le voici qui en appelle à un soulèvement populaire, pour écourter le mandat présidentiel. Là également, échec et mat. « Talon marchera sur nos corps !», proclame-t-il en désespoir de cause…Dommage, Talon n’est pas un tueur, du genre de ceux qui ont commandité l’assassinat d’un certain Dangnivo ! C’est à se demander comment notre pays a pu tomber et tenir dix années durant, dans pareilles mains. « Cet homme est fou », dixit Rosine Soglo, à qui il avait confiés son incandescent désir de brûler le pays. Et il l’est de plus en plus, aujourd’hui qu’il a perdu les avantages et les prébendes du pouvoir. Ce pays a une âme, et ne brûlera point. Pyromanes et déments ont beau s’associer, dans un pseudo bal dit de résistance. Evidemment, dirait Ahmadou Kourouma, « quand un dément agite le grelot, toujours danse un autre dément ». Les élections ont eu lieu, et sont désormais derrière nous. Viendra après, l’indispensable temps de la justice. Vivement alors, la nouvelle législature. Le « Bénin avance ».

 

M. T.

 

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