Le Prd est fini

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L’application de la règle des 10% pour l’attribution des sièges dans le cadre des élections communales et municipales achève le Parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji qui était déjà  mal en point après les élections législatives auxquelles il n’a pas participé en mai 2019.
L’un des plus grands partis au Bénin avant l’avènement de la réforme du système partisan est sur le point de disparaître de l’échiquier politique national.  Le Parti du Renouveau démocratique (Prd) de Me  Adrien Houngbédji, ancien président de l’Assemblée nationale est en train de payer le prix fort de la rigueur de la loi.  Absent des législatives de 2019, le Prd, bien que majoritaire dans quelques communes,  n’existera plus dans aucun conseil communal en raison de l’application de la règle des 10% pour le compte des communales de 2020. Déjà affaibli par de nombreux départs et sa non participation aux législatives de 2019, le parti de Me Adrien Houngbédji est plus que jamais  en difficulté, voire en danger pour rester en vie. Les « Tchoco  tchoco » se retrouvent dans une situation inconfortable et ne peuvent prétendre participer au partage des sièges dans leurs zones d’influence, réduites aux communes  d’Adjarra et de Porto-Novo, où ils sont arrivés en tête au regard  des premières tendances issues des dépouillements dans les bureaux de vote. En application des dispositions  du nouveau Code électoral, les partis en lice doivent recueillir  au plan national  au moins 10% des suffrages valablement exprimés. Ce n’est qu’à cette seule condition qu’un parti en lice peut être pris en compte dans l’attribution des sièges au prorata des suffrages obtenus. La question  des 10%  est une disposition du Nouveau Code électoral  et l’on ne saurait admettre qu’on change les règles du jeu en cours de jeu, a rappelé la Vice-présidente de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Geneviève Boco Nadjo.  Cette    fermeté affichée par cette dernière est sa réponse  face à la problématique du seuil  de performance à atteindre. Ainsi,   le Prd est en train de faire m’amer constat de sa contreperformance dans la mesure où, la totalité des suffrages exprimés à son profit ne pourra pas atteindre les 10% exigés. Alors qu’on s’attendait, comme c’est souvent le cas à une razzia du parti dans l’Ouémé,  dans le Plateau par endroits,  ou encore à Akpakpa (du 1er  au 4è arrondissement de Cotonou), le Prd n’a pas comblé les attentes. Quelques éclaircis relevés dans l’Ouémé ne suffiront pas à lui permettre  de prétendre au partage des postes dans les conseils communaux.  Dans la commune d’ Adjarra il a obtenu 11367  voix contre 7910 pour le Bloc républicain et 9325 pour le compte de l’Union progressiste.  A Porto-Novo, son fief naturel, il a également tenu son rôle de leader, mais perturbé par les scores réalisés par le  Br et l’Up. Dans la ville de Cotonou,  il a recueilli  15165 voix contre 29741 pour le Br et 43741 au profit de l’Up. En attendant la proclamation des résultats par la Céna, on peut déjà sur la base de ces chiffres concoctés par les services du Groupe de presse Le Matinal et la chaîne E’telé, établir que les espoirs du  Prd de participer à la gouvernance locale ou de reprendre le contrôle de certaines communes du Bénin sont minces ou carrément enterrés. Ce qui va affecter dangereusement cette formation politique restée pendant une vingtaine d’années une religion dans les cœurs des militants et après avoir réussi  à assoir une hégémonie dans certaines régions. Les élections communales et municipales qui étaient censées le remettre en scelle après des législatives auxquels il n’était pas qualifié,  ont plutôt révélé sa descente aux enfers. Depuis l’avènement du Renouveau démocratique, c’est pour la première fois que le parti n’existera que de nom, faute de représentant à l’Assemblée nationale et dans les conseils communaux. Une question circule sur les lèvres : de quoi le Prd est t-il victime ?
Abdourhamane Touré

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