Les eaux du Nord en route pour le sud

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La partie du sud-Bénin aborde à petit pas la période des inondations. Les effets se font déjà sentis puisque la période de crue est déjà une réalité au niveau du fleuve Niger. Le climatologue Placide Clédjo, sur la base des réalités climatiques du Bénin, décrit comment le sud constitue un réceptacle des eaux provenant du septentrion. Les coïncidences de saisons entre le nord et le sud en sont pour beaucoup.

Les eaux émanant principalement du fleuve Ouémé provoquent un surplus insupportable pour la partie méridionale. « Au nord, on a que deux saisons. Les pluies commencent vraiment à partir de mai-juin-juillet jusqu’au mois d’août et après on a la saison sèche à telle enseigne que la grande saison que nous avons au nord, lorsque les pluies commencent là-bas (juin, juillet, août), les eaux mettent deux mois pour descendre vers le sud et ces eaux viennent coïncider avec la petite saison des pluies au sud, notamment entre septembre, octobre et novembre. Les eaux du nord viennent s’ajouter à celles du sud à travers les rivières et les fleuves. C’est tout cela qui inonde la partie méridionale constituée par le bassin de l’Ouémé », poursuit le climatologue qui déplore l’inexistence de barrages pouvant canaliser l’eau à travers des digues pour des cultures de contre saison.

 

Placide Clédjo à propos des solutions contre les inondations au Bénin

 

« La problématique de l’inondation doit trouver sa solution à la base. Il faut faire des retenues d’eau sur les cours d’eau responsables des inondations. Lorsqu’on fait des retenues, on va différer la descente des eaux vers le sud. Et là, on aura un début de solution. Mais ce n’est pas seulement les eaux du nord qui entraînent l’inondation à Cotonou par exemple. Il suffit qu’il y ait une pluie et le sol n’arrive plus à absorber l’eau parce qu’il y a le phénomène de l’urbanisation. On a construit beaucoup de maison, beaucoup de routes. Ce qui fait que le sol s’est imperméabilisé avec ces installations. L’eau, en arrivant ne trouve plus là où il faut aller et les dégâts sont là. Avec les constructions, on devrait avoir normalement des canalisations  pour drainer l’eau, mais où ? Là où l’eau doit rester normalement à Cotonou, on les habite, donc les assiettes naturelles de l’eau sont habitées à Cotonou si bien que ça crée des problèmes. A Cotonou, il faut déloger ceux qui habitent les assiettes des cours d’eau pour que l’eau circule normalement, afin que les inondations soient maîtrisées. Il faut le relèvement du niveau de Cotonou et ça se fait déjà tacitement avec les voies qui sont reconstruites. A chaque fois qu’on reconstruit une voie, elle est soulevée et il y a une partie de ce problème qui est réglée. Et c’est cela qui en réalité qui envoie davantage de l’eau dans la maison. Les 77 Communes du Bénin devraient travailler de commun accord pour régler l’inondation à Cotonou et dans d’autres Communes menacées. En 2010, sur les 77 Communes, il y avait 54 Communes qui étaient concernées. Ces Communes doivent rester ensemble pour régler le problème d’inondation. C’est l’intercommunalité qui va contribuer à régler ce problème. Les mairies devraient travailler de façon intégrée ».

 Marcus Koudjènoumè

 

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