Lettre ouverte au chef de l’Etat:Une maladroite inspiration d’Ajavon et de son avocat (Le président Talon ne peut se substituer à la justice)

0
919
Portrait d'Antoine Vey, avocat pénaliste, dans les couloirs du palais de Justice de Paris. Paris le 23/01/2014 Photo François Bouchon / Le Figaro

L’affaire « 18kg de cocaïne pure » qui s’est soldée par la condamnation par défaut du principal accusé, Sébastien Ajavon à 20 ans d’emprisonnement ferme a connu de rebondissement hier, mardi 24 novembre 2020. Un avocat de la défense, Maître Antoine Vey, a adressé une lettre ouverte au président Patrice Talon lui demandant d’annuler la condamnation de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Au lieu de s’arrêter à l’étape de plaidoyer, l’avocat français s’est permis des commentaires malveillants sur la démocratie béninoise.

Les auditeurs béninois de Radio France internationale (Rfi), ont été réveillés tôt mardi 24 novembre 2020, par la nouvelle d’une lettre ouverte adressée par un avocat français au chef de l’Etat béninois. En l’occurrence, c’est un des avocats de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, qui s’adonne à un exercice difficile et périlleux. En effet, Me Antoine Vey quitte carrément le terrain du droit qui devrait être le sien, pour commenter les affaires politiques béninoises. Oubliant que l’époque coloniale est dépassée et révolue, l’avocat français tente de donner des injonctions à un pays souverain. Mal lui en a pris. Car il lui aurait suffi d’un séjour d’une courte durée au Bénin pour apprécier à leur juste mesure l’évolution des choses et l’état de la démocratie qu’il a tôt fait de qualifier à sa guise. Il aurait du coup compris combien Patrice Talon est aimé et apprécié de son peuple. Pour le reste, c’est aux juristes d’en décider. Le droit est une science universelle. Sa pratique ne varie pas d’une contrée à une autre. Ainsi, dans le cas d’espèce, Antoine Vey aurait été mieux inspiré de s’adresser aux cours, tribunaux, ou à ses collègues béninois. Ce qui lui aurait permis de comprendre qu’un président ne peut pas s’immiscer dans des affaires pendant devant la Justice. En effet, le président de la République est le chef de l’Exécutif. Le Bénin étant un Etat de droit où règne le principe de la séparation des pouvoirs, il ne peut demander à un juge ou à une juridiction d’annuler une décision de justice. L’avocat Vey et son client doivent le savoir et agir en conséquence.

 

Abdourhamane Touré

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here