Libération de la berge lagunaire:Dantokpa et Missèbo gagnent leurs lettres de noblesse (Les vendeuses crient leurs malheurs)

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Depuis que les opérations de libération de la berge lagunaire ont démarré, c’est la psychose aux marchés Missèbo et Dantokpa. Hier jeudi 16 janvier 2020 sur le terrain, la désolation était perceptible sur les visages de ces bonnes dames qui n’hésitent pas à confier leurs malheurs. Elles appellent le président Patrice Talon au secours.

Elles continuent de revivre le film de leur mésaventure. Les vendeuses des marchés Missèbo et Dantokpa qui s’étaient installées sur la berge lagunaire sont encore sous le choc du cauchemar qu’elles ont vécu ces derniers jours. Toutes affairées à ranger leurs marchandises, elles ne s’embarrassent pas à vider toute l’amertume qui leur noue la gorge. Hortense Sossou, vendeuse de pagnes, n’a pas hésité à faire le récit de ce qui s’est passé. « Ils sont venus le 30 décembre 2019, et nous ont dit que le 1er janvier 2020, ils ne veulent plus voir quelqu’un dans la zone. J’ai vu le représentant du préfet, et je l’ai supplié. Il m’a dit, en tout cas, que le 1er janvier, il faut qu’on vide les lieux. Il n’y a pas de négociation. Alors, de jour comme de nuit, j’ai vite enlevé mes baraques. Après la fête, le mardi, ils ont lancé les hostilités à la surprise générale. Ils nous ont intimé l’ordre de vider les lieux. C’est ceux qui ont été habiles qui ont pu sauver certaines de leurs marchandises… J’avoue, c’était la débandade générale ici », informe-t-elle. A l’en croire, c’est la Société de gestion des marchés (Sogéma) qui les a installées. Puisqu’il s’agit d’une société étatique, elle ne comprend pas le fait que l’Etat vienne encore les déguerpir. « Nous sommes ici, ça fait plus de trente (30) ans. C’est la Sogéma qui nous a installées. Ils ont dit qu’ils ont installé des bornes.  Nous, on a rien vu de tout ça », déplore-telle. Toutefois, elle reconnaît la pertinence de l’opération. A son avis, le président Patrice Talon a raison de prendre une telle décision. « Effectivement, la berge est sale. Ce n’est pas pour la Sogéma. C’est pour l’environnement. Donc, on peut tout démolir là », confie-t-elle avant d’annoncer une bonne nouvelle les concernant. « Nous, les vendeuses de pagnes, la Sogéma nous a relogé dans les encablures du parc des minibus. J’avoue que cette opération nous a causé assez de désagréments. Quand on casse les gens, on les met en difficulté financière. C’est la mévente générale qui s’est installée». Elle n’a pas manqué de lancer un vibrant appel au Chef de l’Etat. « Chaque fois, on nous annonce que le marché Dantokpa sera délocalisé. Cela nous donne le stress général. Nous sommes tous porteurs de Avc ici. On a trop de soucis. Nous souffrons. Et la souffrance, là où cela conduit, on sait. Patrice Talon, c’est un président que j’aime beaucoup. Qu’il essaie de revoir notre situation, car la souffrance est énorme», souhaite-t-elle. 

 Missèbo aussi dans la danse

 Du côté du marché Missèbo, Sabine Minassé, une vendeuse de friperies, raconte sa mésaventure avec un brin mélancolique. « Ce n’est pas la première fois qu’on est victime d’une opération de déguerpissement. Sous Yayi, on en a été victime. Après, on nous a laissé sur le terrain. Le 30 décembre, ils nous ont avertis qu’ils vont démolir au niveau de la berge. A la surprise générale, ils sont venus le mardi pour tout déguerpir. C’était le sauve-qui peut », lance-t-elle. Selon elle, le travail abattu par le Génie militaire est satisfaisant et compense leurs chagrins. Une satisfaction qui serait encore plus grande si on les reloge sur un autre site. « Le déguerpissement, c’est bon, car les lieux sont propres. C’est aéré. Moi j’apprécie. La seule chose que je déplore est qu’on ne nous a pas trouvé de site », confesse-t-elle. A propos de la question de site, elle confie que la Sogéma n’est pas restée les bras croisés. « J’ai appris que la Sogéma a dit à certains qu’elle leur a trouvé de place à Dantokpa. Mais ceux qui sont allés nous ont dit que c’est sur le site de vente de moutons. D’autres disent que ce sont les vendeuses de tomates qui restent là. En période de vente de tomate, comment on va faire ? Tous ceux-là sont encore revenus ici», informe-t-elle. Au sujet des marchés de friperie de Sèmè-Podji et de Ptt à eux destinés et qui sont demeurés déserts, elle a tenu à faire des mises au point. «Si on doit aller sur ces deux sites, il faut que cela soit tout le monde. On ne peut pas casser certains et laisser d’autres. Si on procède ainsi, le marché ne va pas prendre sur ces sites. Il faut qu’on y aille tous. Le marché de Ptt n’est pas encore prêt, et la manière dont les boutiques ont été construites n’arrange pas notre commerce. Les boutiques sont un peu isolées. Les clients ne pourront pas bien nous repérer », fait-elle savoir.

 

Joël Samson Bossou

 

 

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