Lutte contre le Covid-19:Attention aux surcharges, la Police désormais instruite

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Les séances de sensibilisation démarrées par le gouvernement face à la flambée du nombre de cas confirmés du Coronavirus se poursuivent. Jeudi 2 juillet 2020 au Ministère de la santé, quatre ministres ont rencontré les acteurs du transport en commun. Au regard de la situation épidémiologique du pays, les représentants des transporteurs du Bénin et le ministre de la sécurité ont accordé leurs violons sur l’intervention ponctuelle de la Police républicaine lors des chargements sur les parcs pour imposer le respect de la distanciation de sécurité sanitaire aux conducteurs indélicats.

La Police républicaine interviendra ponctuellement dorénavant sur les parcs de chargement des bus, minibus et taxis pour faire respecter la distanciation sociale. C’est l’une des décisions issues de la séance de travail tenue jeudi 2 juillet 2020 par 4 ministres du gouvernement avec les responsables des transporteurs pour éviter la propagation du Coronavirus. Selon le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Sacca Lafia, l’heure est grave. S’il est évident que le gouvernement avait instruit la Police de ne plus s’immiscer depuis 2016 dans les affaires des transporteurs, il est tout aussi vrai que la même Police doit intervenir en cas de nécessité pour remettre de l’ordre. C’est dans ce cadre que les éléments du contrôleur général de Police, Soumaïla Yaya, seront appelés à intervenir de façon ponctuelle lors des chargements sur les parcs pour éviter les surcharges. « Dès qu’il y a une situation spéciale, la Police peut intervenir. Elle va intervenir ponctuellement lors du chargement pour contrôler les surcharges », a convenu le patron de la sécurité au Bénin avec les responsables des transporteurs. Au cours de la même séance du jeudi 2 juillet 2020, l’assurance de continuer à jouer leur partition pour circonscrire le champ de propagation de la pandémie au Bénin a été donnée par les transporteurs à la délégation ministérielle. Selon Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, l’évolution de la situation est à un niveau où chaque Béninois doit prendre des précautions.

Il a salué les différentes mesures prises par les associations des transporteurs et les engagements pris par ces derniers pour limiter la propagation de la maladie. Cependant, des points restent à corriger. A cet effet, trois exemples ont été pris pour mieux passer le passage. Il s’agit du risque lié au transport transfrontalier avec les marchandises qui peuvent facilement contaminées, des surcharges au niveau de certaines compagnies de bus, de minibus et de taxis. « En cette période-ci, on ne devrait plus assister à ces genres de choses. Il faut absolument y mettre un terme », a conseillé Benjamin Hounkpatin. Il a souhaité que les écrans des bus soient aussi utilisés pour passer les messages de sensibilisation sur le Covid-19 et non des films comme c’est souvent le cas. Pour le secrétaire général de la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki, seul le respect des règles prescrites par le gouvernement peut permettre de réduire la propagation du Coronavirus. Reconnaissant que des efforts restent à faire, les représentants des conducteurs ont promis de prendre leurs responsabilités afin que les déviances qui s’observent encore chez certains conducteurs indélicats soient corrigées. Pour la circonstance, le ministre d’Etat était entouré de ses collègues de la Santé, Benjamin Hounkpatin ; des Transports, Hervé Hèhomey et de la Sécurité publique, Sacca Lafia.

Ilias Baboni, président du Collectif des transporteurs du Bénin (Ctb) :« Mieux vaut tard que jamais »

 

« Mieux vaut tard que jamais. On se disait qu’on avait été oublié. Nous n’avons pas attendu le gouvernement avant de commencer par prendre les mesures encore qu’il n’y a pas beaucoup de brassage entre les êtres humains et les marchandises que nous transportons. Un camion, c’est un conducteur et deux  apprentis. Mais désormais avec le Coronavirus, c’est un conducteur et un apprenti. Nos conducteurs se plaignent de ce qu’ils n’ont pas de désinfectant. Nous leur avons dit, même si c’est Palmida, il faut qu’ils se lavent les mains avec. Pareil pour les masques qu’ils doivent porter. Nous formulons la doléance de masques. Nous faisons de gros efforts par rapport aux mesures barrières pour que tout le monde soit au même niveau d’information et que la pandémie soit boutée hors de nos rangs et du Bénin ».

 Abdoulaye Amidou, Sg de la faîtière des transporteurs de marchandises du Bénin : « Si on peut nous revoir la pénalité du Titr,

cela nous fera beaucoup plaisir »

 

« Il y a une forte sensibilisation à notre niveau dès le début parce que nous avons constaté que nos apprentis et conducteurs sont les plus exposés parce que nous ne savons pas avec qui ils sont en contact au cours des voyages. A leur arrivée au niveau de  Malanville, nous prenons les dispositions pour qu’ils se portent bien et évitent la contamination. Nous avons une doléance au niveau du paiement du Titr. Le gouvernement a pris des mesures pour atténuer les effets du Covid-19 mais nous (les transporteurs) avons l’impression que nous avons été oubliés. Le paiement du Titr est difficile dans les guichets à cause des attroupements. Si on peut nous revoir la pénalité, cela nous fera beaucoup plaisir ».

Hervé Hèhomey : « Vous devez être en première ligne du combat »

 

« Je voudrais remercier les transporteurs pour ce que je viens d’entendre. Nous avions fait des enquêtes de terrain pour savoir si nos transporteurs ont pris la mesure de la situation. Les mesures observées et décrites montrent qu’au niveau des responsables il y a une prise de conscience de la gravité de la situation.   Notre secteur est un secteur stratégique. Nous transportons des passagers y compris des malades. Au début, le virus était localisé géographiquement. Mais les questions de mobilité ont fait qu’il a quitté la Chine pour se retrouver dans les autres pays. Le gouvernement avait défini un cordon de sécurité pour limiter la propagation du virus. Lorsque ce cordon a été levé, nous acteurs de ce secteur, nous devons prendre nos responsabilités. Au départ, le virus était localisé dans ce cordon, mais aujourd’hui il est partout. Je suis obligé de dire que c’est nous qui transportons ce virus. Il a dû prendre un vecteur de mobilité pour quitter Cotonou et aller à Malanville. Nous devons donc être en première ligne de ce combat. Nous devons non seulement prendre conscience, mais nous devons également aider à sensibiliser. Autant nous transportons de passagers, autant nous pouvons porter le message de la gravité de la situation. Et c’est en cela que vous allez aider le gouvernement à partager avec vos collègues transporteurs cette prise de conscience notée à votre niveau. Les promoteurs doivent partager le respect des mesures barrières avec les conducteurs ».

  Sacca Lafia : « La Police interviendra ponctuellement lors des chargements »

« Voulez-vous vraiment que la Police intervienne à nouveau ? Depuis 2016, nous avons demandé à la Police de ne pas s’immiscer dans vos affaires pour que le transport soit fluide. Le contrôle de la Police oui, mais il n’est pas toujours objectif et n’a pas toujours les résultats. Quelqu’un qui a acheté des bus doit être en mesure de s’organiser s’il connaît les règles qui ne sont pas changeantes. Par rapport au Covid-19, nous voulons mettre tout le monde devant ses responsabilités. Il ne faut pas que la lutte contre la pandémie soit une affaire du gouvernement, de ses membres, de la Police ou de l’Armée. Elle doit être l’affaire de tous les citoyens. J’insiste sur la coproduction de la sécurité. Là où il y a votre garage, informez-nous et nous allons vous mettre en contact avec le commissaire de Police. Dès qu’il y a une situation spéciale, on peut intervenir ponctuellement. On veut intervenir ponctuellement lors du chargement ».

 

ascal Irénée Koupaki : « Nous allons vous aider à traiter les difficultés »

« A certains des interventions, je me suis demandé si nous faisons la théorie du respect des gestes barrières ou si nous voulons faire la pratique. Faire la théorie peut donner l’impression que tout est bien mais vous avez fait la pratique aussi en relevant des difficultés. Nous allons vous aider à traiter les difficultés. Mes collègues ont souligné la gravité de la situation avec les chiffres. Vous avez aussi relevé les efforts à faire de votre côté. C’est ce qui est important. La responsabilité est individuelle et collective. Ce que l’Etat doit faire pour contenir la pandémie, il s’y est déjà engagé. Chaque jour, il y a un point sur l’état de mise en œuvre des mesures. Mais c’est la responsabilité des différentes corporations nous préoccupe. Vous avez fait des propositions que nous avons bien notées. Je relève que vous voulez contribuer davantage à la sensibilisation des usagers de vos parcs avec quelques difficultés que les ministres des Infrastructures et des transports et de l’Intérieur vont nous aider à traiter. Ce que vous appelez les hors parcs qui perturbent le secteur formel, la réponse sera à très court terme. Il nous faut davantage de vigilance. La prudence, nous allons l’observer mais la vigilance vis-à-vis de ces hors parcs sera de mise. Les associations vont peut-être mettre en place des brigades sur les parcs, les brigades de surveillance pour renforcer ce que le ministre de l’Intérieur va faire. En tant que responsables, vous avez les échos de ce qui se passe sur les parcs. Pour les doléances de masques et autres, mes collègues verront dans quelles mesures on peut apporter des contributions. Mais on a bien noté la proposition de tournée dans les départements. Il faut qu’elle soit bien préparée pour qu’on n’ait pas le sentiment qu’il s’agit d’une tournée administrative, qu’on sente sur le terrain que c’est de la vraie sensibilisation et non une tournée politicienne dont nous n’en n’avons pas besoin ».

 

 

 

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