Mesures d’assouplissement pour les Communales et Municipales:Vers des élections inclusives et apaisées

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Le Bénin est un pays exceptionnel. Alors que les acteurs politiques s’attendaient à des élections communales et municipales avec le respect scrupuleux des textes comme ce fut le cas lors des législatives d’avril 2019, le gouvernement a surpris plus d’un le mercredi 22 janvier 2020. Des actes forts témoignant de la disposition du gouvernement à poursuivre la mise en œuvre des recommandations du dialogue politique ont été annoncés pour faciliter la participation des potentiels candidats à ces premières joutes électorales du Nouveau départ.

Le triste scénario des élections législatives de 2019 ne se reproduira pas pour les Communales et Municipales. Pour ne plus revivre ce mauvais souvenir qui a écorné l’image du Bénin à l’international, le gouvernement s’est inscrit dans la poursuite de la mise en œuvre des recommandations du dialogue politique des 10, 11 et 12 octobre 2019. Dans ce cadre, trois décisions majeures ont été prises en Conseil des ministres du 22 janvier. La première, qui s’apparente à une mesure de réconciliation, est l’octroi de facilités lors de la délivrance du quitus fiscal. En effet, contrairement aux dernières Législatives où, pour obtenir la pièce, les candidats devaient régulariser leurs redevances vis-à-vis du fisc, tel ne sera pas le cas cette fois-ci. Les potentiels candidats qui ne disposent pas de ressources financières conséquentes pour solder leurs impôts peuvent obtenir le précieux sésame à la Direction générale des impôts (Dgi). Il revient à cette dernière d’inscrire sur le quitus fiscal, la somme due par ceux qui ne seraient pas mis à jour et de veiller au paiement tôt ou tard. Le fallacieux argument de blocage de quitus fiscal servi par une frange de candidats sera dénué de tout fondement pour les prochaines élections. Si cette concession est faite par l’Exécutif, cela n’est nullement parce que le gouvernement a fait preuve de lâcheté encore moins de renonciation à la rigueur observée lors des Législatives de 2019. Au contraire ! La facilité entre dans la dynamique des mesures d’apaisement prises pour décrisper totalement l’environnement sociopolitique et vise à permettre à tout le monde d’obtenir sa pièce et de ne pas arguer que la Dgi a empêché telle chapelle politique d’avoir son quitus fiscal. La deuxième mesure de souplesse prise est l’instruction donnée par le chef de l’Etat aux différents ministres dont les services interviendront dans la délivrance des pièces nécessaires à la constitution des dossiers de candidature pour les présentes élections. Ces derniers ont l’obligation de faciliter la tâche aux demandeurs pour le bon déroulement du processus préélectoral, électoral et postélectoral.

 

Le 17 mai, une mesure d’anticipation

 

L’autre acte posé par le gouvernement Talon et qui ne laisse personne indifférent est la convocation de façon anticipée du corps électoral. En effet, les Béninois sont conviés aux urnes le dimanche 17 mai 2020. En la matière, l’article 279 de la loi portant Code électoral dispose : « Le vote pour le renouvellement des Conseils communaux ou municipaux doit intervenir trente (30) jours au plus tard avant la fin du mandat ». Déjà le 22 janvier, les Béninois ont été fixés sur la date de la tenue de ce premier scrutin de l’ère du Nouveau départ, soit cinq mois avant la fin de la mandature des conseils communaux et municipaux en place. Cette option légaliste du chef de l’Etat et de son gouvernement vise, d’une part, à respecter les textes et, d’autre part, à permettre aux potentielles formations politiques et candidats qui seront dans les starting-blocks de se préparer à fond pour ces élections qui constituent un test grandeur nature pour le pouvoir Talon après les Législatives réussies d’avril 2019.

 

Serge Adanlao

 

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