Métiers artisanaux: La vannerie ,  un secteur en plein essor

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Branche de l’artisanat, la vannerie est depuis peu en plein essor. Les vanniers ne cessent de faire preuve d’intelligence en mettant sur le marché des œuvres qui respirent modernité. C’est le constat que nous avons fait à l’atelier de Michel Owolègbè le lundi 16 juin 2019.

Au Bénin, la vannerie est en plein essor. Aujourd’hui, il est  mis sur le marché des meubles, des paniers, des fauteuils, voire des lits dans la ville de Cotonou. « Ce sont des meubles que nous fabriquons ici. Et tout est naturel », nous a confié Michel Owolègbè, responsable du Centre de fabrication des meubles artisanaux, sis au carrefour Sobébra. Pour la fabrication de ces différents produits, les vanniers ont recours au rotin, à la liane, au bambou raphia et au bambou roseau. Ils utilisent également le rônier, le raphia, le bois et le fer forgé. Mais, l’approvisionnement de ces matériaux requiert d’importants moyens financiers, car non seulement ils coûtent cher, mais aussi la distance entre le point de fabrication et celui d’approvisionnement est grande. « Nous n’allons pas seulement dans la brousse pour couper les rôniers, les rotins et autres, mais nous allons plutôt dans les villages lointains pour les acheter. Et ils sont très chers », a-t-il expliqué. Malgré l’état rudimentaire des outils de travail, les vanniers donnent le meilleur d’eux-mêmes à travers leurs œuvres. Michel Owolègbè n’a pas manqué d’énumérer quelques outils de son travail. Parmi ceux-ci, nous avons retenu le marteau, le burin, la hache, le coupe-coupe, le couteau et le fil. Il ne fait l’ombre d’un doute que ce métier a besoin d’une main-d’œuvre importante. « Notre travail est manuel. Cela nous prend assez de temps », a-t-il indiqué. A l’entendre, l’accès aux matières premières n’est pas aisé. « Les difficultés pour avoir accès aux matières premières sont la cause de la cherté des œuvres artisanales locales comparativement à celles importées. De même, la cherté des matières premières est liée à leur rareté, à la qualité et à la résistance de nos produits », a-t-il fait remarquer. Mieux, il soutient que ces produits répondent convenablement aux conditions climatiques du milieu. Leur durabilité, a-t-il précisé, dépend de l’entretien de l’acquéreur. « On peut les utiliser pendant 40 ans en faisant simplement des retouches et en changeant seulement la peinture », a-t-il souligné. Toutefois, il a notifié que l’exposition de ces produits, notamment les meubles, les paniers, et les fauteuils à l’humidité et au soleil conduit inéluctablement à leur dégradation. Cependant, la commercialisation de ces œuvres artisanales a connu quelques difficultés ces dernières années. « Ça ne va pas. C’est même grâce aux expatriés qui connaissent la valeur du rotin que nous travaillons encore aujourd’hui. Les Béninois n’achètent que des produits qui sont moins chers», s’est-il plaint. Il faut rappeler que Michel Owolègbè est aussi le président de l’Association des vanniers du Bénin (Avb).

 

Benjamin N. Douté (Stag)

 

 

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