Microcrédits mobiles (Mcm):Les raisons de la suspension

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Les femmes ne bénéficient plus depuis quelques mois des microcrédits de la part du Fonds national de la microfinance (Fnm). Plusieurs raisons justifient la suspension du programme par le gouvernement sur l’ensemble du territoire national. En tournée à l’intérieur du pays, le week-end écoulé, la ministre des Affaires sociales et de la microfinance, Véronique Tognifodé, a échangé avec les femmes de Parakou, Kilibo, Savè, Dassa-Zoumè et Bohicon sur les motifs de cet arrêt momentané. Elle en a profité pour leur annoncer les innovations du produit dont la relance est imminente.

Les bénéficiaires de microcrédits aux plus pauvres des Communes de Parakou, Kilibo, Savè, Dassa-Zoumè et Bohicon sont désormais informés sur les raisons de la suspension du programme. En tournée d’explication, la ministre de la microfinance et des affaires sociales, Véronique Tognifodé, a dévoilé les motifs de l’arrêt momentané dudit programme par le gouvernement. « Les conditions d’octroi du microcrédit mobile (Mcm) ont été revues afin de réduire les coûts liés aux opérations mais aussi pour faciliter les décaissements. C’est une option faite pour rester dans la logique du Chef de l’Etat qui a voulu soulager les peines des populations en portant à 10 milliards de FCfa par an, les Fonds destinés aux microcrédits aux plus pauvres», a exposé l’autorité ministérielle devant des milliers de femmes rassemblées dans la salle des fêtes de la mairie de Parakou le vendredi 14 février 2020.  Pour la circonstance, elle avait à côtés, le maire Charles Toko. Prenant la parole pour saluer la démarche de la ministre, l’édile de la cité des Koburu a pris l’engagement de veiller à ce que les femmes de Parakou, une fois le crédit reçu, remboursent bien et à temps. Le même exercice a été répété au Collège d’enseignement général de Kilibo, dans la Commune de Ouessè, le samedi 15 février 2020 avec les femmes de cette localité, en présence des autorités locales.  Cette fois-ci, Véronique Tognifodé a été rejointe par sa collègue de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Eléonore Yayi Ladékan. Le duo Tognifodé-Yayi va se rendre ensuite dans la ville de Savè. En présence du maire Timothée Biaou, la ministre en charge de la Microfinance et des affaires sociales va rassurer les femmes de ce qu’elles n’ont pas été oubliées par le gouvernement. « Le président Patrice Talon vous porte dans son cœur et a demandé de trouver des mesures pour améliorer les conditions d’octroi de crédits à tous les bénéficiaires, de façon sécurisée », a déclaré Madame Tognifodé aux femmes. Dans ses explications,  elle a indiqué que « suite à la généralisation du Mcm en 2019, plusieurs difficultés sont apparues ». Il s’agit entre autres, des arrêts fréquents de la plateforme et de l’absence de connexion internet. Ce qui ne facilite pas l’enrôlement des femmes et limite la possibilité d’augmenter le nombre de bénéficiaires pour satisfaire les nombreuses demandes. A ces difficultés, elle a ajouté l’absence de fonds de trésorerie des agents marchands pour assurer les décaissements et le besoin de mieux suivre les remboursements. A la maison des jeunes de Dassa-Zoumè, le même samedi, Véronique Tognifodé, en présence du maire Nicaise Fagnon, a exhorté les femmes à la patience encore pour quelques semaines afin de bénéficier des crédits avec les nouveaux avantages. Le gouvernement via le Fnm, sans remettre en cause l’option de digitalisation indispensable pour éviter les dérapages du passé, travaille à assouplir les conditions d’octroi du microcrédit mobile, d’après la ministre. En guise de preuve, elle a rappelé quelques avantages qui s’offriront aux bénéficiaires à la reprise. «  Le crédit vous reviendra moins cher à un taux de 4% sur 6 mois avec un mois de différé contre 8,5%, l’année dernière. La carte Carmes est supprimée. Les retraits de crédit se feront désormais dans les cabines des réseaux mobiles Mtn et Moov sur toute l’étendue du territoire national (sans intermédiaire et sans frais de retrait), et le remboursement se fera à partir de vos téléphones portables par transfert à travers un simple code », a fait savoir la ministre. Elle a ajouté par ailleurs, que la demande d’un microcrédit, selon la taille de l’activité (plus forcément 50 mille mais 30 mille), est possible. La possibilité de demander jusqu’à 100 mille après avoir bien remboursé le premier crédit de 50 mille existe désormais. « Plus besoin de connexion internet avant l’enrôlement des bénéficiaires et les délais de décaissement désormais réduits », a-t-elle informé.

 

Bohicon, la dernière étape

 

Bohicon est la dernière étape de cette première tournée de sensibilisation. La tombée de la nuit n’a pas émoussé l’ardeur de la ministre Véronique Tognifodé. Avec les femmes de la ville carrefour, elle a partagé les inconvénients qui ont conduit à la définition de nouveaux avantages du Mcm. « Le temps de silence que vous avez remarqué n’est pas synonyme d’oubli ou de négligence. Vous comptez beaucoup pour le président Patrice Talon et il a demandé de trouver les moyens pour mieux vous satisfaire. Je suis venue vous annoncer que vous le serez bientôt », a-t-elle expliqué. Aux agents marchands, le directeur général du Fnm a annoncé un projet de reconversion à leur endroit.  « Ce projet vise à leur donner les appuis nécessaires (renforcement de capacités et financement) en vue de leur permettre d’ouvrir des kiosques (Mtn/Moov) de transferts d’argent et autres. Ils seront recensés et formés à cet effet », a dit Rafiou Bello.

 

Abdourhamane Touré

 

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