Missions assignées aux militants et candidats de l’Up:L’intégralité du message de Bruno Amoussou

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Le président du présidium de l’Union progressiste (Up) était face aux militants et candidats du parti le 4 avril 2019 à Cotonou. A cette occasion, Bruno Amoussou a assigné des missions clairement définis en vue de ratisser large aux prochaines législatives. Ci-dessous, l’intégralité de son message.

Message du président du présidium de l’Union progressiste

Mesdames et Messieurs les membres du Bureau politique de l’Union progressiste,

 

Mesdames et Messieurs les candidates et candidats du Parti aux élections législatives du 28 Avril 2019,

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

 

Cela fait quatre mois, depuis la création de l’Union progressiste, que nous travaillons sans relâche à la régularisation des actes constitutifs et au renforcement des bases de notre parti. A la suite de la réception du récépissé définitif du Ministère de l’Intérieur et à la suite de la validation du dossier de candidature du parti par la Céna pour les élections législatives prochaines, nos activités de terrain ont connu une accalmie relative pour tenir compte de l’environnement que vous savez.

Mais après la déclaration des députés de la majorité parlementaire rendue publique le vendredi 29 mars 2019 et celle de la Conférence des Présidents d’Institutions qui relance le processus électoral, toutes nos équipes doivent se remettre au travail et en action dès aujourd’hui.

Nous avions suspendu nos activités, nos préparatifs, pour consacrer tous nos efforts à la recherche du consensus au sein de la classe politique. Nous espérions que tout se passerait dans un climat convivial mais les circonstances nous amènent à travailler dans un environnement de crispation politique. Par conséquent, nous devons adapter ce que nous avions prévu.

Il appartient à nos équipes d’accomplir deux tâches essentielles :

La première tâche, c’est d’expliquer comment on en est arrivés là. Qu’est-ce qui s’est passé lors du vote des lois que nous-mêmes nous avons rédigées, avons travaillé et organisé des séminaires, des ateliers et des colloques ? Qu’est-ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale lors du vote de ces lois ? Qu’est-ce qui s’est passé au Ministère de l’Intérieur après le dépôt des dossiers pour enregistrement ? Qu’est-ce qui s’est passé à la Céna qui a qualifié deux (2) formations politiques ?

La première tâche que vous aurez à faire, c’est donc d’expliquer.

Mais depuis dimanche dernier, depuis notre dernière rencontre, vous avez les éléments d’explication. Des exposés vous ont été présentés, des questions ont été posées, des discussions ont eu lieu et je crois que chacun est armé pour aller expliquer aux populations ce qui s’est réellement passé. Ce ne sera pas facile bien sûr. Mais, je crois que ce qui va nous caractériser, c’est la méthode que nous allons utiliser lors de ces explications. Il y aura des provocations bien entendu. On va nous exciter pour qu’on perde le contrôle de nous-mêmes. On va préférer l’affrontement des muscles à l’affrontement des idées. Il nous faudra résister parce que nous avons besoin de sérénité pour développer nos idées.

Ce ne sera pas facile non plus parce que grâce aux nouveaux moyens de communication, certains de nos compatriotes ont développé une puissante industrie de mensonge qui fait qu’on répand partout des choses qui n’ont rien à voir avec la réalité et qu’il faudra redresser. Tous ceux qui se livrent à ces exercices de manipulation doutent en fait de l’intelligence de nos populations et croient les abuser par toutes sortes de posts. Le vacarme ne peut pas remplacer l’argumentaire.

Aussi devons-nous travailler, travailler et expliquer. Si nous procédons ainsi, nous aurons à coup sûr raison de ce qui se passe.

La seconde tâche, la plus importante, après avoir expliqué : c’est de dire aux populations qui nous sommes, nous Union progressiste. Qu’est-ce que nous voulons à l’Union Progressiste ? Qu’est-ce que nous voulons faire à l’Union progressiste et comment voulons-nous le faire ?

Avant toutes choses, soyons fiers d’être les pionniers de la réalisation d’un vieux rêve de notre peuple qui a toujours voulu le rassemblement des forces politiques depuis des dizaines d’années.

Nous avons pris des initiatives. Nos premiers pas n’ont pas été faciles parce que les petits entrepreneurs de quartier et tous les suzerains locaux ont résisté. Chacun veut être le petit chef, le petit président derrière qui tout le monde court. Ces réalités, nous les avons aussi connues en notre sein. Mais nous avions compris très vite que ce que nous appelions partis politiques, étaient à la limite des bureaux de placement (on se réunit pour que tu me trouves un poste), des clubs de solidarité (j’ai perdu ma maman, vous venez me soutenir) et des groupes de pression (pour le partage du butin au cas où l’un d’entre nous parviendrait à s’accaparer d’une partie du revenu national).

Ce n’est pas cela notre ambition. Nous avons dit non à tout çà. Vous savez que depuis très longtemps, des animateurs de l’Union Progressiste avaient dit non. Déjà en septembre 2009 à tout le moins, ils se sont engagés dans un travail d’unification des forces dans une organisation dénommée l’Union fait la Nation. Ils ont travaillé 10 ans durant. L’Union progressiste est le couronnement de tous ces efforts et de ceux consentis par des forces qui ont trouvé cette démarche juste et s’y sont ralliées.

Cette démarche s’appuie sur des analyses. Le diagnostic est partagé depuis très longtemps. Nous savons tous et sommes tous d’accord que notre pays peut être mieux géré par le président de la République, par les Maires, par les Chefs d’arrondissement, par les Chefs de quartiers ou les chefs de village. Nous soutenons la décentralisation non pas comme un instrument de décentralisation de la corruption mais nous soutenons la décentralisation comme un instrument de décentralisation du pouvoir et de la démocratie. C’est parce cette démocratie ne pénètre pas dans les villages et jusqu’à la base que nous assistons à des dérapages.

Allez donc expliquer aux populations ce qu’est l’Union progressiste et ce qu’elle veut.

Présente et forte, l’Union progressiste aurait pesé sur la manière dont on a conduit la libération des espaces publics par exemple.

Présente et forte, l’Union progressiste aurait pesé sur les programmes sociaux, œuvré pour l’accélération de leur mise en œuvre.

Présente et forte, l’Union progressiste aurait sûrement infléchi la réalisation d’un certain nombre de projets pour y inclure le recours aux travailleurs non-qualifiés puisqu’il y en a beaucoup sur le terrain. Parce que le social est au cœur de nos préoccupations, nous aurions marqué de notre sceau la réalisation des projets et des programmes.

Ces préoccupations ne constituent pas une nouveauté. C’est bien ce que nous avons écrit dans nos documents ; c’est ce que nous avons dit au congrès et c’est ce que nous nous sommes engagés à réaliser. Nous en avons pris l’engagement auprès de celui à qui nous devons rester indéfiniment fidèles, Le peuple béninois.

Il y a des raisons de penser que nous allons pouvoir respecter cet engagement parce que, comme vous le savez, beaucoup de responsables de l’Union Progressiste ont toujours marqué une constance dans leurs choix politiques. Certains d’entre eux qui avaient soutenu dès 1991 la venue d’un pouvoir donné, n’ont pas hésité à combattre ce même pouvoir lorsque celui-là n’a plus voulu de l’installation de la Cour constitutionnelle et de la création d’une Commission électorale nationale autonome.

Vous savez aussi que certains de ses responsables, dès 2006-2007, bien qu’ayant contribué à l’avènement du régime en place, s’en sont démarqués dès que celui-ci s’est engagé dans la voie qui a conduit notre pays à être « un Etat fragilisé, fragmenté, banalisé, descendu de son piédestal et dans lequel tout ou presque tout devrait être réformé », comme l’a affirmé le président de l’Assemblée nationale lors de la présentation des vœux au Président de la République au début de 2018.Quand ces déviances sont arrivées, nos dirigeants se sont démarqués.

Chers militantes et militants, nous irons aux élections. Si ces élections avaient eu lieu il y a quatre mois, au moins une vingtaine de partis, aujourd’hui membres de l’Union progressiste auraient présenté des candidats comme ils ont l’habitude de le faire. Hypocritement, nous aurions salué « la vitalité de notre démocratie ». Aujourd’hui, parce qu’ils sont regroupés sous une même bannière, on affirme que nous allons vers le monolithisme politique. Croyez-vous vraiment, qu’en quatre mois, la pluralité des positions et la pluralité des idées aient disparu et que le monolithisme s’est installé au sein de l’Union progressiste ? Certainement non !

C’est la raison pour laquelle il nous faut aller fièrement aux élections dans notre diversité, dans notre pluralisme, même si juridiquement, nous avons consenti d’immenses sacrifices pour franchir cette première étape. Je veux saluer l’abnégation de tous ceux qui ont travaillé à cela parce que c’est difficile.

J’espérais personnellement, en écoutant les déclarations de certains responsables des partis d’opposition, qu’ils y parviendraient aussi et qu’ils allaient se présenter en un parti fort ou qu’ils se seraient regroupés pour aller à ces élections comme ils en avaient eu l’intention. Il est regrettable qu’après tant de réunions entre eux, tant de concertations, ils n’aient pas pu y parvenir. Mais nous savons les difficultés de ce genre d’entreprise, chaque fois que les égos s’enflent jusqu’à l’éclatement.

Nous espérons vivement que la collaboration qui s’instaure entre ces forces à l’occasion des contestations leur permette petit à petit, d’arriver à franchir l’étape que nous avons déjà franchie et à devenir une des forces politiques dont notre pays a besoin.

C’est la seule façon de contribuer à la clarification du paysage politique et à la promotion de nouveaux comportements au plan national. Il est évident que certains des cadres politiques qui ont animé la vie politique dans l’hémicycle, n’y seront pas la prochaine fois. Mais tout ne se passe pas que dans l’hémicycle. Ils continueront de jouer des rôles déterminants, s’ils s’engagent dans la constitution de forces politiques capables d’influencer la vie politique dans notre pays. Mais si d’aventure et par mégarde, ils s’enfermaient dans les structures du passé, le passé les emportera malheureusement et nous pourrions qu’exprimer nos regrets.

Aujourd’hui, l’Union progressiste demande à ses militants, à ses candidats, à tous ceux qui croient en ses idéaux de se déployer sur le terrain et d’engager les explications sur ce qui s’est passé mais surtout exposer nos propositions aux populations. C’est cela qui va nous grandir. C’est cela qui va ouvrir la voie à d’autres regroupements parce que le peuple aura compris notre démarche, l’aurait saluée et l’aurait encouragée le 28 avril 2019.

Nous avons pris un engagement : celui de rester fidèles à tout ce que nous voulons faire pour notre peuple. La campagne électorale nous donnera l’occasion de développer davantage d’idées et de mieux nous faire connaître.

Nous œuvrons aussi pour la paix. Nous sommes pour la paix. Mais nous sommes conscients que la paix se construit. Il ne s’agit pas seulement de dire la paix, la paix jusqu’à ce que chacun de nous repose en paix.

Il s’agit de dire que nous voulons construire la paix. Il s’agit de prendre des initiatives pour que la paix soit quelque chose de durable dans notre pays. Elle ne le sera que dans la justice sociale ; elle ne le sera que si des forces politiques cristallisent les aspirations des populations, les formulent, déterminent des programmes et conduisent ces programmes à bon port.

Chers amis, déployez-vous dans tout le pays.

Ayez confiance en vous-mêmes.

 

Gardez nos méthodes.

 

Ne cédez à aucune provocation et vous verrez le résultat.

 

Merci à vous tous et bonne soirée.

 

Cotonou, le 04 avril 2019

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