Mode au Bénin:Le tatouage, une pratique à multiples répercutions

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Le tatouage est devenu de nos jours presqu’une coutume pour les jeunes des centres urbains du Bénin, notamment Cotonou et ses environs. En décorant leur peau avec du colorant noir, les jeunes ne mesurent les risques sanitaires auxquels ils encourent.

La jeunesse béninoise s’adonne depuis un bon moment à une nouvelle mode de vie qui n’est pas sans conséquences sur l’organisme.  Il s’agit du tatouage. En effet, le tatouage est un dessin décoratif et/ou symbolique permanent ou non effectué sur la peau. Auparavant, il était le plus souvent effectué avec de l’encre de Chine (une encre noire utilisée pour l’écriture, le dessin et la peinture) ou des encres à base de charbon ou de suif. Aujourd’hui, il ne s’agit plus des encres contenant des pigments industriels. Il existe différentes couleurs d’encres et même une encre transparente qui ne réagit qu’à la lumière noire (une lumière composée de violet avec un léger pic autour de 405nm (nanomètre) de longueur d’ondes, mais peu éclairant et de poche ultraviolet). Ce type de tatouage est appelé : tatouage « Uv » ou « blacklight », c’est-à-dire tatouage de lumière noire visible sous les lampes à rayons ultraviolets. Le tatouage est considéré comme une forme de modification corporelle. Mais en quoi consiste le tatouage ? La technique du tatouage consiste à injecter l’encre sous la peau à l’aide d’aiguilles ou d’objets pointus. L’encre est déposée sous la peau entre le derme (tissu de types biologiques formant la peau avec l’épiderme) et l’épiderme désignant un motif. L’épiderme est la couche superficielle de la peau. La profondeur de la piqûre varie de 1 à 4 mm en fonction des types de peau et des parties du corps telles que les coudes, les genoux et les zones les plus épaisses se situant dans le dos. Tatouer, ainsi, nécessite vraiment une connaissance en la matière. Cet art fait appel à la représentation d’une belle écriture ou d’un beau dessin. Alors, il faut être un bon dessinateur avant d’entamer la profession de tatoueur. C’est le cas de Elysée Abimbola. Rencontré à Cotonou, il a expliqué comment il est devenu tatoueur. « Le tatouage, je ne l’ai pas appris, je bricolais tout ce que je voyais comme dessin. A force de bricoler, je suis devenu bon en dessin. Mais, l’idée de tatouage m’est parvenue grâce à mon grand frère. Ce dernier s’est fait tatouer et le tatoueur n’avait pas bien réussi le dessin. Il m’a donc dit de lui refaire exactement le même dessin. Après avoir fait le dessin, on était retourné voir le tatoueur qui a repris le dessin. C’est à cet instant précis que je me suis inspiré et j’ai voulu être tatoueur. J’ai donc commencé mes recherches et me voilà devenu tatoueur », a-t-il confié. Beaucoup de personnes accordent une valeur importante au fait de se tatouer que l’on se demande s’il est vraiment important de se faire tatouer.

 

Les raisons de se faire tatouer

 

L’acte n’est pas aussi anodin. Cependant, les raisons de se faire tatouer varient d’une personne à une autre. Certains prennent le tatouage comme un moyen de communication ou un moyen leur permettant de s’identifier, ou d’immortaliser un souvenir. D’autres, le considèrent comme du graffiti sur le corps, comme un langage de séduction, mais aussi comme symbole de vision de la vie.  Selon Rose, une jeune fille tatouée rencontrée dans un quartier de Cotonou, se tatouer c’est immortaliser quelque chose. Ayant un dessin sous forme de cœur sur son cou, elle a fait savoir que ce dessin représente l’amour. Tout comme Rose, Phillip, un jeune homme, jumeau, nous a donné la signification du dessin qu’il avait sur son épaule. A ses dires, c’est en guise d’hommage à son frère défunt que ce tatouage a été réalisé. « J’ai voulu garder ce tatouage car pour moi, c’est une manière de me sentir plus proche de mon défunt frère », a-t-il laissé entendre. Mais, il faut noter que l’introduction des substances totalement étrangères dans la peau y crée des petites plaies. Comment les tatoueurs prennent-ils soin de leurs matériels pour éviter les risques de contamination et d’infection à leurs clients ?

 

L’hygiène des tatoueurs

 

Pour éviter des risques de contamination, le tatoueur doit respecter un certain nombre de mesures d’hygiène lorsqu’il travaille. Il s’agit du port des gants de chirurgie à usage unique et du changement de gants dès qu’il touche un élément non stérilisé comme le téléphone, de désinfection avant et après le tatouage, de l’utilisation des aiguilles, cartouches d’encre, éponges et serviettes à usage unique, une buse, un manchon et une tige porte-aiguille stérilisés dans un autoclave. Egalement, le tatoueur ne doit pas fumer, manger ni introduire un animal dans son studio. Elysée Abimbola, tatoueur de profession désinfecte sa machine, en utilisant toujours une nouvelle aiguille à chaque client, en portant ses gants jetables. A la fin du tatouage, il passe une pommade pour la cicatrisation des plaies causées lors du tatouage sur le client. Cependant, le tatoué doit aussi observer des mesures d’hygiène notamment ceux qui ont la peau vulnérable. Il faudrait aller se faire consulter chez les radiologues avant d’aller se faire tatouer, faire des vaccinations contre l’hépatite B et le tétanos. Après le respect des mesures d’hygiène, les tatoueurs et tatoués sont-ils totalement à l’abri d’éventuelles conséquences ?

 

D’énormes conséquences

 

Les conséquences liées au tatouage auxquelles les tatoués encourent sont énormes. A en croire Lydie Savoueda, dermatologue de profession, les conséquences du tatouage sont, entre autres, des dermatoses inflammatoires, des surréalistes, des cicatrises keynésiennes. « A part cela, nous pouvons noter des troubles endocriniens dus aux pigments qui sont parfois des perturbateurs endocriniens. Nous pouvons y avoir également une toxicité hépatite ou soit rénale, une accumulation ganglionnaire des pigments due à la migration de ces derniers », a-t-elle exposé. Toutefois, a-t-elle rappelé, certaines maladies chroniques peuvent se localiser préférentiellement sur les zones de traumatisme comme des tatouages. Il s’agit entre autres, du psoriasis, du lichen plan, du lupus cutané, de la sarcoïdose ou du vitiligo. A ces maux, s’ajoute le cancer de peau.

 

Source : Océan Fm

 

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