Modification consensuelle des dispositions du code électoral :Les assurances de Talon aux partis politiques

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« C’est une demande persistante qui vient de toute part de plus en plus. Je veux bien le faire, que ce soit nous retrouver pour faire le débat décomplexé pour savoir s’il faut enlever de notre arsenal tout ce qui constitue une contrainte pour le regroupement. Il y a des choses dans la loi qui ont été faites à dessein pour contraindre les petites formations à s’agglutiner dans de grands partis politiques. On va faire le débat pour voir si ce modèle qu’on a institué, cette ambition si à terme elle va servir le pays ou desservir le pays en termes de développement. C’est sûr que cela porte préjudice à des acteurs politiques, ceux qui ne parviennent pas à rentrer dans les grandes formations, à garder leur indépendance se trouve parfois malheureusement écartés de la participation aux institutions politiques et ceux qui existent et qui ont une certaine taille, qui ont la confiance de leurs électeurs dans une certaine localité et qui n’ont pas atteint un certain seuil se trouvent privés de pouvoir exercer ce que des populations ont bien voulu leur confier notamment en matière d’élection locale communale. Assez rapidement, je vais tenir cette rencontre pour qu’on prenne le temps de parler yeux dans les yeux sur les détails, que chacun donne ses arguments et s’il est utile pour nous tous, globalement nous allons faire les ajustements qu’il faut. Vous pouvez compter sur moi Monsieur Koty parce que la demande est persistante pour qu’on se revoit ».
Le débat vaut la peine d’être mené
« Le débat sur le Code électoral ne cessera jamais. Je crois que nous aurons d’autres occasions pour revenir sur ce qui est dans la Constitution et dans nos lois puisque la société est dynamique et les lois vont avec l’évolution de la société. Cela peut venir très plus vite, dans les prochains mois comme beaucoup plus tard. Mais c’est une préoccupation qui vaut d’être examinée. Donc, vous estimez que, c’est peut être vrai que cette prérogative qu’auront les maires augmentent longue vie ou longuement à être maires. C’est vrai que toutes les fois qu’on rajoutera aux prérogatives d’un poste, cela augmente l’attractivité du poste de la fonction. C’est vrai. Mais est-ce que c’est pour autant qu’il faut qu’aucun poste ne soit attrayant ou n’ait des prérogatives avancées. Le débat vaut la peine d’être mené ».
Pourquoi neuf partis ont pris part à la rencontre ?
« Pourquoi, je n’ai invité que neuf partis politiques. C’est parce que c’est eux qui ont manifesté la volonté de participer aux élections communales. Raison pour laquelle dans la salle, il n’y a que ces partis. Au Bénin, nous n’avons pas décidé de limiter le nombre de formations politiques. Il peut y avoir 200, 500, 1000, mais ce sont les conditions de participation réelle aux divers pouvoirs qui ont imposé les seuils de représentativité. Et on aurait beau avoir 1000 partis dans le pays, le Parlement ne peut pas être composé de 1000 formations politiques. Toutes les fois qu’il sera question d’évoquer un sujet important d’actualité politique, de lois et que ce n’est pas une assise nationale, est-ce que l’Exécutif ou le Parlement dans la dynamique d’échanger avec les acteurs doit rencontrer les 1000 partis politiques ou rencontrer les partis qui animent véritablement la vie ? J’estime qu’il ne faut pas instaurer des choses qui ne vont pas tenir durablement. En général, quand on consulte les partis politiques, ce sont ceux qui animent réellement les institutions, qui sont représentés au Parlement, dans la gouvernance locale…Donc, il faut avoir le discernement pour savoir qui sont ceux qui, véritablement animent la vie politique ou bien qui n’existent que de nom. Vous convenez avec moi que je ne peux pas aller fouiller dans le registre du Ministère de l’intérieur, le registre des partis politiques et inviter tout le monde alors que nous ne sommes pas en train de participer à une Conférence nationale. D’ailleurs, c’est bien dans ce sens que la Charte des partis politiques en vigueur a prévu qu’un parti politique qui, deux fois successivement n’a pas participé aux élections est déchu de son statut de parti politique. Vous pouvez aller aux élections ne pas réussir, ne pas franchir les étapes, ne pas être sélectionné sur la liste finale, ne pas lever de députés ou de maires. Mais si vous êtes parti politique et vous ne participer point, vous ne vous intéressez point aux échéances électorales et consort, la Charte des partis politiques votée à l’unanimité même des parlementaires, si par deux fois vous n’y allez pas, vous perdez le statut de parti politique. Je ne suis pas allé consulter le registre pour savoir qui est parti politique et qui n’est pas parti politique. Ce n’est pas vraiment mon rôle, mais je ne veux discuter de choses concrètes avec ceux qui sont concernés par le concret. C’est pour cela que j’ai limité la rencontre de cet après-midi aux neuf partis politiques qui ont décidé d’animer la vie politique activement ».
Quid des alliances contre nature ou bonne nature pour désigner ou élire les maires ?
« Mesdames et messieurs, je veux faire le constat que la loi qui a été votée, rien n’est jamais parfait, mais répond un peu aux préoccupations que les uns et les autres ont pu noter et qui ont été dans cette salle en ce qui concerne les nécessités que les élus restent bien dans la dynamique de leur parti politique et que les partis qui ont la majorité absolue dans les localités puissent librement exercer leur pouvoir conféré par le peuple et les lois le permettent facilement au lieu d’avoir une interprétation qui introduit des biais et des travers. J’ai noté également que les partis politiques qui vont pouvoir constituer une majorité absolue que ce soit contre nature ou de bonne nature peuvent également au titre de cette majorité dégager, conduire librement les destins de la localité pendant le mandat et que cette loi permet de clarifier ces choses là, même si d’autres questions ont été soulevées qui figurent pas ici, nous aurons l’occasion de revenir là-dessus. Avant votre arrivée, j’ai saisi la Cour constitutionnelle, j’attendrai de recevoir son avis sur la conformité de cette loi par rapport aux dispositions de la Constitution et s’il n’y a pas de problème, je vais promulguer la loi dès que possible et elle pourra donc ainsi entrer en vigueur ».
« Je ne considèrerais aucun maire comme opposant dans sa fonction »
« Monsieur Yarou, je crois qu’il n’y a pas lieu de débattre de la question. Vous avez raison quelque part. J’aimerais bien faire un petit commentaire sur votre argumentaire. C’est vrai que j’ai dit qu’on a observé des tendances d’alliances contre nature. C’est heureux que vous reconnaissiez vous-même que là où le vote de nos concitoyens est clair et franc et que la majorité a été donnée à un parti politique, à un courant politique, il faut que la gouvernance reflète bien cette tendance dégagée par les suffrages. Quand il n’y a pas de majorité absolue évidemment, la loi n’exclut aucune alliance. La loi ne dit pas que les alliances ne peuvent qu’être que de bonne nature. Vous avez donc raison en mettant l’accent dessus. Mais honnêtement, quand vous avez l’Union progressiste et le Bloc républicain qui participent de la même dynamique politique et sont dans une coalition gouvernementale actuellement, est-ce que l’idéal ne serait pas que ce soit vraiment de manière exceptionnelle, de manière ultime qu’on observe que dans une localité l’un de ces partis se désolidarise d’un autre parti de la même coalition pour faire alliance avec la Fcbe ? C’est tout ce que je voulais dire. Souffrez de constater que je vous le confirme. J’ai dit aux partis politiques qui sont dans la même coalition gouvernementale que je ne suis pas favorable à des alliances entre les partis qui sont dans des alliances gouvernementales avec la Fcbe. Je ne vais pas le cacher. On dit que nous sommes tous les mêmes que nous travaillons pour la même cause. C’est vrai, mais j’aime bien que les choses soient claires. Cela a été mes consignes aux ministres pour que le message soit porté au niveau de leurs staffs respectifs. Je ne suis pas du tout favorable que l’Up s’associe à la Fcbe dans une localité ou bien que le Br s’associe à la Fcbe pour contrôler la mairie. Maintenant, s’ils ne s’entendent pas dans une localité, la Fcbe n’a pas la majorité absolue, l’Up non plus, le Br non plus et dans la localité les élus et les réalités de la localité ne permettent pas les accords de gouvernance, la loi a prévu dans ces conditions que tout le monde aille aux élections. Et les conseillers dans leurs convictions intimes font le choix de celui d’entre eux qui peut diriger la mairie. C’est dommage qu’on en arrive là. Ce n’est pas bien parce qu’il risque de ne pas avoir une cohésion de gouvernance. Mais il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite. Au début, cela peut mal partir puis s’arranger dans le temps. Mais ce n’est pas souhaitable. Concédez-moi que je ne puisse approuver que les élus des partis en coalition gouvernementale s’alignent à la Fcbe pour former l’équipe de gestion. Mais, je veux dire quand même que les élus, les Conseils communaux, les maires des 77 Communes du Bénin, qu’ils soient du Bloc républicain dans leur majorité, qu’ils soient Union progressiste, ou qu’ils soient Fcbe ou qu’ils relèvent d’une coalition locale entre tel ou tel parti, une chose est claire : les Conseils communaux, les maires et leurs adjoints dans l’exercice de leurs fonctions ne sont en opposition avec le gouvernement en tout cas pas avec moi. Je ne considèrerai aucun maire comme opposant dans sa fonction. Qu’il provienne d’un parti politique de l’opposition, qu’il respecte les lignes de son parti politique, qu’il vienne avec des idées nouvelles, des idées différentes c’est souhaitable. Je veux bien me nourrir des critiques et des idées nouvelles venant d’ailleurs, mais pour moi, cela doit nous permettre les uns les autres dans les actions complémentaires de satisfaire les besoins de nos concitoyens ».
Source : E-Télé

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