Modification de la loi fondamentale:Arifari Bako rejette la thèse d’une révision opportuniste

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Le député  Nassirou Arifari Bako était  l’invité de l’émission ‘’Zone Franche’’ de la chaîne de télévision Canal 3 Bénin, dimanche 10 novembre 2019. Ce membre du parti Bloc républicain a notamment expliqué les options faites à travers les quarante sept (47) articles modifiés et créés à l’occasion de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 par les députés.

Instauration d’un poste de vice-président  de la République, organisation des élections générales, parrainage des candidats à l’élection présidentielle par les partis politiques, limitation des mandats des députés  sont, entre  autres les sujets abordés par Nassirou Arifari Bako. A l’entame de l’entretien, le député  a souligné que le processus ayant  conduit à la révision de la Constitution diffère des autres tentatives de révision ayant connu des échecs successifs. Faisant référence à l’initiative de révision du chef de l’Etat, Patrice Talon en 2017 et aux deux tentatives de révision manquées de l’ancien président Yayi Boni, l’invité a indiqué que la voie du dialogue politique a payé contrairement aux autres fois, où il a été tout le temps question de  la mise en place de commission technique pour faire des propositions.  A en croire  l’invité, c’est en voulant régler les difficultés engendrées par l’application de la Charte des partis politiques et  le Code électoral lors  des élections législatives de  2019, que le chef de l’Etat Patrice Talon a convoqué toute la classe politique autour d’une table de discussion. Ainsi, sur  les neuf (09) partis ayant une existence légale, huit (08) étaient présents. Le député a renseigné que le consensus  a été trouvé sur plusieurs sujets dont celui des élections générales. « On ne pouvait pas aboutir à des élections générales sans  procéder à une harmonisation des mandats. Le rapporteur général du dialogue politique, Victor Topanou, indiquait aux participants qu’il y a des principes sur lesquels ils se sont entendus qui peuvent conduire à la révision de la Constitution, donc l’acte, en réalité, n’était pas une surprise, puisque l’objectif initial était de renforcer le système partisan afin d’éviter des crises pour les prochaines élections », a-t-il expliqué. L’invité a poursuivi en faisant remarquer que la présente  révision n’a pas touché aux fondamentaux  de la Constitution. « Bien au contraire, nous avons renforcé ces fondamentaux. La limitation du nombre de mandat  a été renforcée avec la précision que nul ne peut, dans sa vie, faire  plus de deux mandats. Cette révision n’a pas touché au préambule qui pouvait engendrer une nouvelle République. Mieux, il a été indiqué que la révision n’induit pas une nouvelle République. Il n’y a eu aucune tentative de  révision opportuniste. Ce que nous avions fait permet au Bénin d’entrer dans une nouvelle ère de modernisation de la démocratie ».    

 

Quelques avancées suite à la révision de la Constitution

 

La révision de la Constitution a pour implication l’alignement des différentes élections à compter de l’année 2026. L’objectif visé, à en croire Nasirou Arifari Bako, est la stabilisation de l’agenda électoral dans le pays. Au sujet du poste du vice- président de la République, il est question de mieux organiser la vacance du pouvoir. Et en la matière, l’invité explique que le  Bénin s’est inspiré du modèle  américain, des pays de la sous région tels que le Nigéria, le Ghana ou encore la Côte d’Ivoire. Pour Arifari Bako, le vice-président n’a aucune fonction exécutive. Il est là pour jouer le rôle du président de la République au cas où il y aura vacance du pouvoir. Il devra, néanmoins, assurer le rôle du grand Chancelier de l’ordre national. Dans la présente loi, le président et le vice-président ne doivent pas être de la même région. En  ce qui concerne le parrainage des candidats à l’élection présidentielle par les partis politiques, l’invité a renseigné que les conditions de l’organisation de ce parrainage seront déclinées à l’occasion de la modification du Code électoral. Tout en renforçant  la limitation du mandat présidentiel, les députés ont limité également leur mandat. Dans la nouvelle loi, il est dit  que le député ne peut faire trois mandats de cinq ans dans sa vie.

 

Marcus Koudjènoumè

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