Niger:Plus de 130 morts dans une attaque à Tillia au nord-ouest du pays

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Selon des sources sécuritaires, plusieurs groupes d’hommes armés ont attaqué trois villages dans la région de Tahoua. Le bilan reste encore provisoire.

Les informations remontent au compte-gouttes, car la région de Tillia, qui se trouve près de la frontière malienne, est une zone désertique, très isolée. Les réseaux de télécommunication y sont plus que parcellaires. Néanmoins, plusieurs sources sur place ont expliqué que l’attaque avait eu lieu dans l’après-midi. Plusieurs dizaines d’hommes sont arrivés à motos. Ils s’en sont pris à des campements nomades, dans les localités d’Intazayene, de Woursanat et de Bakorat. Dans les deux premiers campements, ils ont ouvert le feu sur les personnes qui se trouvaient au niveau des forages et des points d’eau alors qu’ils abreuvaient leurs animaux. Une grande partie des victimes sont des déplacés internes. La région de Tahoua connaît une insécurité grandissante. Le groupe État islamique au Grand Sahara y a récemment étendu son emprise.

 

Une zone immense et désertique

 

D’après nos informations, une patrouille des Fds, les Forces de défense et de sécurité, aurait quitté Intikane pour se rendre en ce moment vers les localités attaquées. Quelques jours auparavant, déjà, une présence militaire se trouvait à proximité des villages. Les assaillants auraient attendu leur départ avant de mettre leur plan à exécution. Ce type de situation arrive souvent. C’était déjà le cas lors des massacres de Tchomabangou et Zaroumdareye, dans le Tillabéry, cette fois, en janvier. Une patrouille avait passé deux jours dans ces villages et l’attaque avait eu lieu le lendemain de son départ. Il faut bien aussi comprendre la nature du terrain. La région de Tahoua, comme celle de Tillabéry, est immense, désertique et dispose de très peu de routes. Il faut des heures, parfois des jours, pour que les FDS atteignent le lieu d’une attaque.

 

Sortir du cycle infernal de la violence

 

Ainsi, la situation sécuritaire se dégrade dans le nord du Niger et ce, malgré les renforts militaires présents dans la zone. Pour Abdoulaye Sounaye, anthropologue et spécialiste des mouvements salafistes au Sahel, ces violences sont moins liées au jihadisme qu’à la manipulation des identités communautaires. Pour sortir de ce cycle infernal de la violence, le chercheur estime qu’il faut mettre en place un cadre de concertation entre les assaillants et les victimes.

 

Rfi

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