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Invitation du Chef de l’Etat aux partis politiques : L’opposition mise devant ses responsabilités

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Pour  décrisper l’atmosphère très tendue au lendemain des élections législatives du 28 avril 2019, le chef de l’Etat vient de prouver sa bonne foi en invitant  les partis politiques qui ont déposé leurs dossiers  de constitution au ministère de l’Intérieur,  mais n’ayant pas obtenu le certificat de conformité à se rendre au palais de la présidence le 15 juillet 2019 pour dialoguer. Si l’opposition veut vraiment la paix, elle ne devrait pas rechigner. 

Beaucoup se demandaient comment le chef de l’Etat allait pouvoir joindre l’acte à la parole après avoir annoncé le 20 mai 2019 qu’il compte initier des consultations avec toute la classe politique dans le but de ramener la paix suite aux agitations  qui ont perturbé la quiétude des populations avant et après les élections  législatives du 28 avril 2019. Moins de deux mois après cette promesse, Patrice Talon a pris l’initiative de convier une dizaine de partis à une séance qui a aura lieu ce lundi 15 juillet au Palais de La Marina. Ce n’est pas encore le dialogue inclusif, mais c’est une démarche qui a tout son sens lorsqu’on se réfère au message envoyé par le chef de l’Etat le 20 mai. Déjà, la teneur du communiqué du directeur du cabinet civil du chef de l’Etat invitant les partis politiques à une telle séance exprime la volonté du chef de l’Etat, Patrice Talon, de régler un sujet qui a fâché certains acteurs et de ce fait, n’ont pu se mettre à jour pour aller aux élections législatives. « Le président de la République invite les responsables des formations politiques ayant précédemment  déposé des dossiers de déclaration administrative ou de mise en conformité au ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique à raison de deux par formation à une réunion de concertation … ». Telle  est la teneur du communiqué. A partir de là, on peut deviner que le président de la République est prêt à instruire ses services compétents afin que des diligences soient observées pour trouver une solution à cette question. Cela suppose que le ministre de l’Intérieur qui sera sans doute de la partie va d’abord présenter un état des lieux de la situation afin qu’on connaisse le problème de chaque parti. L’initiative permettra de mettre le couvert sur certains désaccords pour qu’au finish, les deux parties s’en tirent à bon compte pour servir la cause de la paix. En tout cas, après tant d’invectives contre le régime, après tant de désaccords, après tant d’accusations réciproques, le fait de voir les mêmes acteurs côte à côte est bon signe. On retrouvera ensemble, sous l’égide du chef de l’Etat, les principaux protagonistes de l’actualité agitée de ces derniers temps au Bénin, en particulier Candide Azanaï de Restaurer  l’Espoir, les barons des Fcbe, parti de l’ancien chef de l’Etat, Yayi Boni, les représentants de l’Union sociale démocrate de Sébastien Ajavon, les responsables du Parti communiste du Bénin, Valentin Aditi Houdé de Dynamique unitaire pour le développement, pour ne citer que ces principaux acteurs. D’autres formations, mais qui n’incarnent pas l’opposition ou encore la résistance au pouvoir en place sont également invitées.

La seule vraie question : comment se comportera  l’opposition ? 

Les acteurs de l’opposition doivent essayer, dans une démarche consensuelle, de satisfaire à la demande du chef de l’Etat. Leur présence déjà à cette assise sera un signal fort de disponibilité pour le processus de dialogue en cours. L’opinion est habituée depuis un certain temps à une démarche assez raide de l’opposition. On se souvient encore de cette politique de chaise vide imposée par l’opposition lorsque la rencontre sollicitée par le Chef de l’Etat l’a conviée au dialogue pendant la crise électorale. Surtout qu’on sait que le motif de la rencontre a trait à l’un des points de discorde à savoir le certificat de conformité, la disponibilité de l’opposition dénotera de leur bonne foi au processus de dialogue. En tout cas, la logique de raidissement des positions affichée jusque-là par l’opposition ne permettra pas vraiment d’avancer. La logique qui consiste à exiger la reprise des élections ou le retour des compatriotes à l’étranger avant de prendre part au dialogue ne permet pas véritablement une meilleure gestion de la crise. Il est à souhaiter que chacun des acteurs se montre assez disponible pour que cette amorce des discussions permette une conduite sereine et courageuse des grands sujets de contradiction.

A.T

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