Organisation des législatives:Des querelles intestines minent la Céna

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Tous les 5 commissaires de la Commission électorales nationales autonomes étaient face aux acteurs des médias le mercredi 13 mars 2019. Les interventions des uns et des autres ont laissé transparaître les querelles de personnes qui jouent contre l’organe en charge de l’organisation des élections.

La fracture est manifeste entre le président de la Céna, Emmanuel Tiando et le Commissaire Freddy Houngbédji. Entre l’enseignant de cours sur la Grèce antique dans les universités et l’avocat de formation appelés à collaborer à la Céna, c’est la lune de fiel. « Il y en a qui pensent que je suis un président à qui on ne doit pas de considération. C’est comme ça que ça fonctionne malheureusement à la Céna. Dans un service public, quand on ne respecte pas la hiérarchie, rien ne va. » C’est en substance quelques phrases du président Tiando. « Si c’est aux trois autres commissaires que j’avais demandé d’ouvrir les cantines, ils auraient exécuté. » Cette déclaration d’Emmanuel Tiando atteste, s’il en était encore besoin, que les dissensions entre lui et le Commissaire Houngbédji vont au-delà de sa seule personne. En répliquant pour donner sa part de vérité, Freddy Houngbédji argumente et s’innocente. Au demeurant, le commissaire Houngbédji trouve que les autres le considèrent en mince estime. Il est de l’humain de ne pas digérer facilement certains actes posés contre soi. Le désaccord entre les membres de la Céna remonte à août 2015 où le commissaire Freddy Houngbédji avait été déchu de son poste de Coordonnateur du Budget et remplacé par son homologue Basile Fassinou. Alors, la rancœur a perduré laissant des plaies qui tardent à se cicatriser. Et ainsi, le conflit est permanent et dessert l’institution chargée de l’organisation des élections.

 

Repenser la Céna

 

Tout le monde était d’avis que le ministère de l’intérieur n’organise plus des élections au Bénin. D’où la création de la Commission électorale nationale autonome (Céna) proposée par Charles Djrèkpo. Depuis ce temps, que le chemin parcouru ! Que d’obstacles franchis ! De 25 membres au départ, il s’est avéré nécessaire de réduire le nombre à 5. Puis, de la Céna ad hoc installée à la veille de chaque élection, il s’est avéré nécessaire de légiférer et de la rendre permanente sur sept ans. L’esprit est de rendre à terme, professionnelle la Céna. Si tel est ambition pour le Bénin, il faut aller loin dans cette dynamique. A l’avenir, il faut légiférer et sauver la Céna des mains des politiques. Ainsi, au lieu de toujours continuer à désigner les membres de cette institution au niveau de l’Assemblée nationale sur la base d’appartenance de la majorité ou de la minorité, il faut procéder, à l’avenir, par appel à candidature.Dans cette logique, les critères d’éligibilité pour être commissaire à la Céna devront être des critères de technicité. Les profils doivent être déterminants ainsi que les niveaux d’études et les expériences acquises par les candidats aux fonctions de conseillers à la Céna. Au nombre des critères, on pourrait retenir n’appartenir à aucun parti politique, d’être universitaire ou statisticien pour les 4 premiers et être magistrat pour le cinquième membre. La Céna mérite d’être professionnelle et crédible pour faire plier les politiques dans l’exécution de sa mission.

 

Jean-Claude Kouagou

 

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