Orientation et sensibilisation des bacheliers sous le Covid-19:Le Mesrs innove avec le numérique (Démarrage le 14 septembre)

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La crise sanitaire liée au Covid-19 n’empêchera pas le gouvernement à travers le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’organiser les journées d’orientation des bacheliers. Tout est fin prêt pour que l’activité démarre le 14 septembre 2020 avec l’implication du numérique pour limiter le contact physique au maximum. L’assurance a été donnée par le directeur de la formation et de la qualité du l’enseignement supérieur sur Canal 3 Bénin hier mardi 1er septembre 2020.  Machioud Sangaré en a profité pour exposer les innovations de cette année et le mécanisme de classement des bacheliers dans les facultés et écoles.

Après l’examen du Baccalauréat, les candidats suivent souvent des séances d’orientation. Pour le compte de l’année 2020, le Covid-19 va-t-il empêcher la tenue des journées d’orientation ?

 

Machioud Sangaré : Pas du tout. Le rendez-vous est tenu. A partir du 14 septembre 2020, nous allons commencer jusqu’au 13 novembre. Nous avons préparé l’activité avec le soutien de tout le gouvernement. En ce qui concerne les activités, nous avons  principalement l’orientation qui conduit à un classement des bacheliers. Nous sommes à la 13ème édition. Il faut évoluer dans la perfection et nous avons des innovations pour cette année qui tiennent compte de la situation du Covid-19. Il faut comprendre qu’il n’y a pas ces innovations sans la couverture du Conseil national de l’éducation (Cne). Nous recourons à la structure pour recueillir ses avis, son accompagnement et ses recommandations.

 

Quelles sont concrètement les innovations de cette année ?

Comme première activité, nous avons l’orientation et la sensibilisation des bacheliers. Nous allons leur parler des opportunités de formation dans nos universités publiques comme privées. Nous leur apportons des informations sur les opportunités d’emploi. Dans ce cadre, un dépliant a été prévu. Il renseigne sur les mécanismes de classement, les filières de formation, les Bac requis pour ces formations, comment se fait le calcul pour le classement etc.

 

Cet exercice ne devrait-il pas être fait en amont car les bacheliers ont déjà fait leur choix ?

Effectivement, quand ils constituaient leurs dossiers pour le Baccalauréat, ils ont opéré des choix. Mais cette fois-ci, c’est fait un peu à l’aveugle. Comme ils ont leurs notes et que le classement se fait au mérite, on leur donnera l’opportunité de reconsidérer leurs choix. C’est en amont que nous essayons de leur montrer les choix qui existent et comment ils pourront bénéficier de ces choix. Après cette campagne d’orientation et de sensibilisation, nous allons commencer à leur permettre d’effectuer les choix. Les innovations sont appuyées par le numérique. Comme ils l’ont déjà fait pour le Baccalauréat, on leur donnera chacun un code. A partir dudit code, ils vont se connecter et accéderont au site pour reconsidérer les choix effectués auparavant. Il se pourrait que certains se perdent un peu, nous avons prévu à certains endroits, des équipes pour les accompagner.

 

Sur le terrain, l’orientation va se passer comment en ces temps de Covid-19 ?

L’orientation sera revue suffisamment. Tout ce qui est consigné dans les plaquettes sera sur les sites, réseaux et universités.

 

Il y aura de contact physique avec les bacheliers ?

Le contact sera réduit au maximum. S’il devrait avoir de contact, nous allons démultiplier davantage les points de rencontre.

 

Quel point peut-on faire aujourd’hui en matière d’orientation des bacheliers depuis 13 ans ?

Le travail abattu a été évalué. Il est d’ailleurs positif et c’est la raison pour laquelle nous poursuivons. Nous continuons d’ailleurs à l’améliorer parce que nous voulons évoluer dans la perfection. Nous avons essayé d’alléger au maximum ce qui se faisait. Nous avons cette fois-ci mis en place une méthode de calcul des moyennes qui est très simple et compréhensible de tout le monde. On communiquait souvent mais nous avons constaté que c’est un peu difficile à comprendre par les parents et tous les acteurs. Cette fois-ci, les procédures pour calculer ont été simplifiées. Nous communiquons davantage pour que chacun soit à l’aise dans ce qu’il fait afin d’éviter tout ce qui peut se passer après.

 

Est-ce que vous proposez des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes) aux bacheliers au cours de l’orientation ?

Nous leur proposons des Epes autorisés et reconnus selon le type de Bac obtenu.

 

Donc l’orientation se fait à la fois vers les universités publiques que privées ?

Bien sûr !, étant donné que les universités publiques ne peuvent pas absorber tout ce que nous avons comme étudiants. Nous avons toujours l’appui des Epes ; raison pour laquelle, nous faisons l’effort de les contrôler depuis un certain temps afin de les rendre très performants.

 

Les universités privées vous apportent quoi concrètement ?

Elles nous apportent leur accompagnement. Elles accompagnent à l’encadrement des Béninois. Elles sont suivies et ont des programmes d’enseignement avec des filières très intéressantes. Elles forment beaucoup pour l’Etat.

 

Pour ceux qui ont obtenu leur Bac à l’extérieur, comment cela se fait ?

Effectivement ceux qui ont obtenu leur diplôme à l’extérieur et qui avaient leurs données dans les bases ici sont en train de revoir leurs choix. Nous avons également quelques équipes qui seront installées et se chargeront d’enrôler tous les Béninois qui ont eu le Bac à l’étranger et qui sont rentrés avec. Il y a également des filières techniques telles que le Dt, le Deat et le Dti. Eux aussi doivent venir opérer des choix. Nous allons prendre des renseignements sur eux. Nous allons saisir leurs noms dans la base de données parce que ceux-là, la Direction de l’office du Bac (Dob) n’a pas leurs notes. Ils ne sont pas nombreux généralement.

 

Quel est le chronogramme des séances d’orientation ?

En réalité, elles vont durer deux mois (14 septembre au 13 novembre). Nous avons conçu suffisamment de dépliants pour que chaque bachelier puisse en disposer sur le terrain.

 

Comment se procurer ces dépliants ?

On peut les télécharger sur le site. Ils seront aussi mis à disposition au niveau des directions départementales de l’enseignement supérieur, dans nos universités. Des équipes passeront également sur toute l’étendue du territoire national pour mettre ces dépliants à disposition et sensibiliser. Nous ferons des projections pour permettre à tous ceux qui sont concernés de s’approprier le document, de comprendre ce qui se fait et nous serons à leur disposition pour tout ce qu’ils voudront comme informations complémentaires.

 

Que feriez-vous de la grande masse de ceux qui ne seront pas boursiers ?

Le classement se fait sur trois niveaux et pour toutes les entités de formation de l’université à savoir les écoles et les facultés. Il y a d’abord les boursiers. Après le classement des boursiers, nous passons au classement des demi-bourses (formations partiellement payantes), les aides universitaires et les formations totalement payantes. Les bourses sont attribuées à partir d’un certain nombre de quota qui ont un lien avec les dispositions budgétaires et les capacités d’accueil des universités. Ces capacités nous ont été données par ces universités avec qui nous travaillons étroitement. Ce sont elles qui ont donné les matières fondamentales qui constituent les prérequis à avoir avant une formation. Toutes ces informations seront mises à la disposition des étudiants. Quand par exemple il y a 100 places quelque part, et que nous attribuons 40 bourses, après le classement, les 40 premiers passent boursiers. Si après on attribue 50 aides universitaires, ce sont les 50 qui suivent qui sont pris. Enfin, le reste des places sera attribué à ceux qui veulent payer entièrement. Mais ceci ne se fera pas au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ce sera sur le site.

 

Quel crédit accordé au classement sus-évoqué ?

Cela n’a rien de compliqué. Pour la reconsidération des choix des candidats, quand ils vont sur le site et mettent le code, ils ont accès aux filières, le nombre de places et les matières fondamentales. Ils effectuent un choix. Tout le temps que la plateforme sera ouverte, ils peuvent aller tous les jours consulter le site. Cela veut dire quoi ? Si je sais qu’il y a 100 places aujourd’hui et qu’aujourd’hui je suis le 50ème, demain je viens et je constate qu’il y a bouclage mais que je suis le 100ème, je vois à côté en même temps les mentions de tout le monde. Quand je remarque que j’ai été battu, j’ai la possibilité de reconsidérer le choix. En fait, nous avons constaté que les étudiants s’inscrivent en Médecine où nous voulons peut-être 100 places. Après, les gens ont la mention Très bien mais les autres places ont été distribuées aux tout premiers qui ont déjà pris ces places. En guise d’exemple, l’année dernière à l’Eneam, pour 40 places, on avait 800 postulants. Le reste, qu’est-ce qu’on fait d’eux ? Raison pour laquelle nous leur donnons plusieurs possibilités qui vont jusqu’à la demi-bourse.

De l’autre côté, nous avons le classement qui se fait au mérite. Dans la base de données de Adobe, leurs notes sont déjà là. Elles seront exportées par le logiciel où il y a une formule où une moyenne se calcule à partir des trois matières fondamentales indiquées dans des documents. Ces matières fondamentales seront affectées des coefficients de ces matières au Bac divisés par le nombre de coefficients.

Lorsque vous voulez aller en Médecine par exemple, il faudrait avoir des compétences en Mathématiques, en Svt et en Physique-Chimie. Pour calculer la moyenne de quelqu’un qui a le Bac D, on prend Svt coefficient 5, Mathématique 4, Physique-Chimie, coefficient 4, le tout divisé par 13. Si c’est avec un Bac C que vous voulez aller en Médecine, on vous prendra Svt coefficient 2, Mathématique coefficient 6, Physique-Chimie coefficient 5, le tout divisé par 13. En quelques secondes, le logiciel descend le calcul et nous procédons au classement.

Après tout cela, la plénière siège. Une commission composée de tous les chefs d’entités des établissements, la société civile, les syndicats statue sur la base des documents qui leurs sont imprimés. Sur les documents, on voit le numéro de table, la date de naissance, les trois choix opérés, l’ordre de classement. Si l’unanimité est faite dessus, on enlève les autres informations et on tire la liste des noms qui est signée par tous ceux qui ont participé à cette activité. A partir de ce moment, commence la proclamation et la publication par les différents canaux tout en évitant les attroupements.

 

Il y a-t-il possibilité de réclamation pour un candidat non satisfait de votre travail ?

Oui cela existe. On l’appelle l’étape des contentieux. On demande à ceux qui ont des contestations et désidératas de formuler des recours. Une commission se charge de recevoir les contentieux. Généralement, c’est de petits dossiers qui sont déposés. Nous les récupérons et nous les traitons. Après le traitement, nous rappelons la Commission qui vient statuer dessus pour trancher définitivement.

 

Dans l’espace Cedeao, comment se porte l’enseignement supérieur béninois ?

Il se porte très bien d’autant plus que nous sommes félicités pour notre Baccalauréat. Nos formations sont aussi très cotées.

 

Source : Canal3 Bénin

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