Paul Hounkpè, nouveau Secrétaire exécutif national du parti Fcbe:« Il n’y a pas de division »

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La nouveau Secrétaire exécutif national des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) se veut rassembleur. Dans cet entretien qu’il a eu avec Océan Fm, Paul Hounkpè l’a martelé. « Nous avons besoin d’eux pour faire l’opposition », a confié le désormais ex-5ème Secrétaire exécutif national (Sena). Pour l’ancien ministre de la Culture de Yayi Boni, « il n’y a pas de division et il n’y en n’aura pas ». Le feuilleton qui se déroule n’est que le reflet des querelles internes. Lire l’intégralité de son interview. 

Océan Fm : Un de vos camarades nous a confié que vous attendez votre récépissé définitif pour les prochaines heures

 

Paul Hounkpè : Naturellement lorsque le récépissé provisoire sera obtenu, la prochaine étape est d’aller au Journal officiel pour publication. Lorsque le Journal officiel sort, une autre démarche se fait en direction du Ministère de l’intérieur. Nous avons introduit une demande de récépissé avec copie du Journal officiel. Donc, nous attendons le récépissé définitif qui ne saurait tarder parce qu’en réalité, une fois que la publication est faite dans le Journal officiel, l’autorité n’aura plus à bloquer quoi que ce soit. Je crois que le délai pour déposer a été clairement indiqué dans la Charte des partis, c’est sous huitaine. Dès que le journal est sorti, nous avons déposé et puis cela ne saurait tarder.

 

Quelles sont les actions que vous menez pour recoller les morceaux en votre sein, puisque le parti Fcbe connaît des dissensions actuellement ?

 

Oui, c’est normal. Je considère cela comme une réaction qui relève de l’ordre normal des choses. Cela peut arriver que mes ainés d’un certain âge se trompent. N’ayant pas été au-devant des choses, ils pensent que c’est comme si ce n’est pas à inscrire à leur actif. Donc, c’est bien normal. Ce sont des réactions d’humeur qui seront maîtrisées très vite.

 

Par quel moyen ?

 

Non, mais n’importe comment. Nous avons les commandes. A partir de l’obtention du récépissé, nous allons convoquer une réunion en bonne et due forme. Quand ils voulaient faire leur sortie, nous leur avons dit qu’ils ne devraient pas faire une sortie du genre parce qu’il faut tenir une réunion du bureau politique avant toute initiative. Mais ils se sont entêtés. Nous, nous pensons que nous avons du temps pour leur expliquer et leur prouver que nous sommes de bonne foi et que la division du parti n’est pas notre choix.

 

Vos pairs ne reconnaissent pas votre autorité. Ne craignez-vous pas qu’ils ne répondent pas à votre invitation ?

 

Qu’est-ce que vous dites comme cela ? Les membres réels du parti veulent ce papier depuis très longtemps. Ils ne vont jamais le jeter. A partir de cet instant, le travail de remobilisation va commencer. Nous sommes sereins. La plupart de nos militants qui ont un territoire qu’ils contrôlent et qui sont des politiciens de carrière sont avec nous. Ceux qui parlent, ce sont des impopulaires qui ne peuvent même pas se faire élire conseillers chez eux. Donc, ceux-là, nous pensons que nous n’avons pas trop à nous accrocher à eux, mais aux vrais militants.

 

Votre leader se désolidarise de notre démarche ?

 

Pour nous, jusqu’à maintenant, Yayi Boni est malade et est allé se faire soigner. Oui ou non ? D’abord, c’est lui notre président d’honneur. Nous travaillons ici pour lui. C’est vrai qu’il n’est pas sur le territoire, mais c’est en connivence avec lui que tout se fait. Donc, il fera certainement l’effort de nous réunir. Tout reprendra. On ne va jamais se diviser. 

  

Est-ce qu’il était informé de votre démarche pour l’obtention du récépissé ?

 

Pourquoi pas ! Il sait bien sûr que des débats du genre se déroulent entre les responsables ici au pays.

 

Pour que les Fcbe résistent à la scission qui se profile, que ferez-vous ?

 

Aller jusqu’au bout.

 

C’est-à-dire rejeter avec vos camarades le récépissé obtenu?

 

Est-ce qu’il est possible de jeter un acte de naissance ? Non ! Nous sommes aujourd’hui, la seule formation de l’opposition à être officielle. Ceux qui vont se reconnaitre opposants au régime en place vont nous rejoindre et le travail va continuer. De toutes les façons, ce n’est parce qu’ils disent cela que nous allons les rejeter. Nous avons besoin d’eux pour faire l’opposition. Ce sont des erreurs qui sont pardonnables. L’essentiel, c’est de travailler à renverser les choses de façon démocratique dans notre pays. Ce qui veut dire que nous nous préparons à affronter les élections, nous travaillons à libérer nos militants qui sont en prison et que les exilés rentrent. Nous avons besoin de bâtir ce pays ensemble, c’est de cela qu’il est question.

 

Vous parlez d’acte mineur alors que le parti est menacé par une division

 

Je dis il n’y a pas de division et n’y en n’aura pas. Vous allez le constater les jours à venir. Ce sont des querelles internes. Au Bénin, il n’y a pas de parti sans altercations.

 

Ces partis-là ont justement connu une scission comme la Rb, le Psd ?

 

Non ! Notre cas n’est pas semblable à celui du Psd ou de la Rb. Tout le mal, c’est que nos divisions sont portées sur la place publique. Normalement, tout cela devrait se gérer à l’interne. La preuve, nous n’avons changé personne. Le bureau est encore intact. Ceux qui parlent sont encore des membres du bureau.

 

Mais vous, vous avez pris la place d’un de vos camarades ?

 

J’ai pris la place de quelqu’un comment ?

 

Valentin Djènontin que vous remplacez au secrétariat exécutif

 

Valentin Djènontin. Le pouvoir a été clair. Ceux qui ont fui la justice ne peuvent pas être responsables de partis à la création. L’administration s’est opposée à la délivrance de la pièce tant que les noms des personnes recherchées par la justice vont figurer dans le bureau exécutif national. C’est de là que nous nous sommes dit qu’il faut les sortir momentanément, pour que les semaines et moi à venir, ils reprennent leur place. La ruse a besoin de la ruse. On avance !

Je pense que ce n’est pas sérieux que des gens disent des choses telles qu’on a pris de l’argent. On n’a pas besoin d’aller négocier ou de prendre de l’argent avant de réclamer la reconnaissance juridique de son parti. C’est nous qui devrions même travailler à obtenir notre papier. Si ce sont les autres qui doivent nous corrompre d’abord avant qu’on n’obtienne notre existence, c’est illogique. Si la mouvance doit nous faire la cour, c’est pour entrer dans leur formation politique et non le contraire.

 

Est-ce que vous pouvez jurer la main sur le cœur que vous ne préparez pas ainsi votre entrée dans la mouvance ?

 

Laissez les gens dans leurs illusions. Notre préoccupation est que nous ayons un cadre qui permette de faire une lutte à visage découvert. Attendez de voir comment nous allons commencer par mener la lutte et tout le monde comprendra.

Propos recueillis par Rachida Houssou         

 

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