Plénière de jeudi sur les lois dérogatoires:L’opposition monte les « enchères »

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Les débats pour la recherche du consensus à l’Assemblée nationale, jeudi 28 mars 2019, ont montré le vrai visage de l’opposition. Tout montre qu’elle n’a jamais pris les réformes du système partisan au sérieux.

La plénière du jeudi 28 mars 2019 au Palais des gouverneurs à Porto-Novo a permis à l’opinion publique de se faire une idée claire des intentions de l’opposition. En effet, dans l’impasse politique actuelle, la plénière d’hier devrait permettre de trouver les voies de sortie de crise. La  Commission des lois avait, lundi dernier, demandé que l’ensemble des députés puissent trouver le « consensus », à propos des lois dérogatoires pour aller aux élections. Il a fallu la plénière d’hier pour que certains s’illustrent une fois de plus. Les carences de l’opposition sont apparues au grand jour pour tous ceux qui ont suivi les débats en direct. Car, l’on a compris qu’elle n’avait effectivement pas pris au sérieux les réformes contenues dans les lois qu’elle querelle aujourd’hui, passant son temps à incriminer le chef de l’Etat. Visiblement, la minorité parlementaire se sentant dépassée par les évènements, s’est réfugié dans la violence alors que c’est elle qui manque d’accomplir les démarches attendues d’elle pour participer aux législatives à venir. D’aucuns n’hésitent d’ailleurs pas à parler de  «  surenchère malsaine », alors que c’est elle qu’on veut sauver. Comment se faire plus exigeante qu’il ne faut, sachant qu’on est en position de faiblesse et qu’on demande une faveur ? En face, la majorité, avec des arguments convaincants,adémontré comment l’opposition, tout en étant demanderesse d’arrangement politique, s’est employée à en empêcher la réalisation, parce que son objectif réel est ailleurs. Apparemment, l’opposition est plus préoccupée par son objectif qui est de montrerque le pays est en crise, et que l’élection ne peut se tenir.Cela, pour provoquer des troubles et soulèvements d’une autre époque. On  ne manquera pas, de souligner qu’à l’occasion de ces débats, le député Rosine Soglo a donné raison  au chef de l’Etat et à Adrien Houngbédji, sur la nécessité de  lutter contre la transhumance dans le monde politique. Car, l’une des ambitions portées par la réforme de la Charte des partis, c’est précisément que les partis soient suffisamment forts pour que leurs membres y soient à l’aise et ne pensent pas à changer de bord politique tout le temps.

 

Abdourhamane Touré

 

 

Chers collègues ;

 

Depuis le 6 mars 2019 et le début de la période de recherche de solution pour une participation plus inclusive des partis politiques aux élections législatives, l’opposition s’illustre par des actes curieux, des actes polémiques qui amèneraient tout observateur de la vie politique nationale à se poser la question de savoir si tout  ceci n’a pas pour objectif ultime de renverser la  table comme on le dit et de mettre ainsi à mal notre démocratie. Les illustrations sont nombreuses et nous pouvons en citer notamment : la demande de démission des membres de la Céna et leur arrestation ; le déni au Président de l’Assemblée nationale de la légitimité pour conduire le processus ; la demande de dissolution de l’Assemblée nationale ; le refus de poursuivre la discussion sans la délivrance immédiate, systématique et sans aucune procédure par le ministère de l’intérieur du certificat de conformité ; le refus de la discussion et le retrait de la réunion initiée par le Président de l’Assemblée nationale le mercredi 20 mars dernier ; l’attitude des deux représentants de  l’opposition au comité paritaire qui renient publiquement une décision

dudit comité à laquelle ils ont souscrit en apposant leur signature, puis écrivent ensuite une correspondance  tendant à faire croire que les propositions contenues dans le rapport du comité n’émanent pas d’eux, mais de la mouvance ;  l’abrogation pure et simple de la Charte des partis politiques et du Code électoral et revenir au statu quo ante.

 

Mais en fait, notre opposition est bien dans une autre logique que nous connaissons bien, et le comportement de ses représentants dans le comité paritaire le démontre à  suffisance. En effet, chacun de nous ici comprend que seules deux portes de sortie s’offrent  aujourd’hui pour ouvrir le jeu et permettre des élections plus inclusives au bénéfice de l’opposition. Le comité paritaire l’a de facto acté.  Désormais, il s’agit pour l’opposition, soit de rester dans le statu quo et d’accepter de respecter les textes en vigueur, soit d’accepter un réajustement législatif conditionné par la  révision de l’article 80 de notre Constitution.

 

Consciente de toute la guerre menée par elle-même pour fustiger toute modification de la Constitution, l’opposition se trouve aujourd’hui prise à son propre piège puisque  cette option de révision n’arrange qu’elle seule, les autres partis politiques étant déjà qualifiés pour les élections.  Quid alors de celui qui doit assumer l’initiative de cette révision. A qui profite le crime ? Dirait-on dans d’autres circonstances.  Face à la crainte du regard de la population, notre opposition joue aujourd’hui  les victimes, faisant feu de tout bois pour être bien vue par l’opinion et ne pas assumer les implications de leur volonté de réviser la  constitution juste pour se donner une chance de participer aux élections.

 

Mes chers amis, soucieux de l’importance d’avoir des élections plus inclusives, le Bloc Républicain s’est dit depuis le début prêt à étudier toute proposition devant permettre l’atteinte de cet objectif. Mais nos amis de l’opposition pensent avoir le beurre et l’argent du beurre, non seulement en bénéficiant de la révision de la constitution pour se remettre en scelle, mais en rejetant la responsabilité de son initiative sur la mouvance ainsi livrée en pâture au peuple béninois rendu jaloux de sa constitution par l’intoxication politicienne.

 

Eh bien non ! Sauvons le soldat « opposition », mais la condition sine qua non est qu’elle assume publiquement qu’elle est bien demanderesse et comptable de la révision de la constitution. Une révision qui ne profite qu’à elle et qui, de ce point de vue est opportuniste puisque c’est le mot dont elle a affublé les précédentes tentatives. Oui ! L’opposition doit accepter qu’elle est comptable d’une révision ciblée et opportuniste de la constitution afin de se donner la possibilité de participer aux élections législatives d’avril 2019. C’est à cette seule condition que le Bloc républicain pourrait envisager d’apporter sa caution à toute tentative allant dans ce sens.

 

Et enfin, nous vous demandons d’arrêter de poser des actes qui menacent la paix et de mettre un terme à ce chantage permanent. Nous ne connaissons aucune démocratie au monde où c’est la minorité qui dirige et qui impose sa volonté. Ici c’est le Bénin, un Etat de droit et une démocratie majeure en Afrique. Ce n’est pas le Gondwana. L’opposition est appelée donc à retrouver la voie de la sagesse et abandonner le romantisme politique.

 

Je vous remercie

 

Jean-Michel Abimbola

 

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